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CHAPITRE PREMIER

PLACE DE l'homme DANS LE MONDE ANIMAL

Huxley a pu justement écrire que le problème qui, pour l'humanité, domine tous les autres, est la détermination de la place de l'homme dans le système de la nature et de ses rapports avec le reste des êtres ^ De la solution de ce problème va dépendre l'esprit même qui, partout ailleui^, à propos de l'homme, dictera nos réponses. Suivant que, avec la science, on fera de l'homme le premier des animaux, ou

1. Di la place de Vhomme dans la nature, Irad. franc., p. 196.

suivant qae, avec les théories métaphysiques^ on voudra le regarder comme un être exceptionnel dans Funivers, la psychologie, la morale, la sociologie, Thistoire elle-même, seront du même coup diversement et profondément modifiées quant aux principes et aux tendances.

La question qu'il s'agit pour nous de discuter actuellement se pose d'une façon très simple. II s'agit de rechercher la place que l'anatomie comparée et la zoologie permettent d'assigner au genre Homme dans la classification des mammifères. Ainsi posée, cette question aurait dû rester purement scientifique, et cependant il a fallu des siècles pour en arriver là, tant il est vrai que l'homme est un juge partial lorsqu'il se met lui-même en cause. Se complaisant en un anthropocentrisme décevant, il a toujours aimé i se croire une sorte de dieu déchu, pour lequel un démiurge bienveillant a établi l'ordre des choses. Les faits suffisent à ré« pondre. Restant sur le terrain de la réalité, nous en tenant à l'observation de l'organisme et des actes qui en dérivent, nous rechercherons sans parti pris quelle est la position de l'homme dans la série animale, telle qu'elle ressort d'une comparaison attentive avec les êtres voisins. Nous le ravalons, dira-t-on, à la brute; nous méconnaissons son essence supérieure; nous oublions ses fins élevées... Quelle essence et quelles fins? BufTon a écrit que s'il n'existait pas d'animaux, la nature de l'homme serait incompréhensible. Ici tous les naturalistes sont d'accord. Ceux-là même qui défendent encore, avec une conviction à laquelle il faut rendre hommage, la doctrine du c règne humain », reconnaissent que, par un côté au moins, l'homme se rattache à l'animalité, est justiciable des méthodes zoologiques. Si quelquesuns, invoquant des caractères d'ordre psychologique, ont cru trouver entre les animaux et lui des différences essentielles, ils n'ont pas prétendu par là le soustraire

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