PUCE D£ L'HOMME DANS LE MONDE ANIMAL
aux investigations scientifiques, ni méconnaître des rapprochements fondés sur d'indéniables analogies. Nous pourrions rappeler quo le promoteur de Tidée du c règne humain», Isidore Geoffroy Saint-Hilaire^ est de tous les zoologistes celui qui a le plus vivement combattu la distinction des bimanes et des quadrumanes ; qu'il a montré, l'un des premiers, que le genre Homme ne forme pas un ordre séparé, mais seulement une famille de Tordre des Primates. A. de Quatrefages s'est également expliqué sur ce point avec une grande netteté : c Ce n'est, dit-il, ni dans la disposition matérielle, ni dans le jeu de son organisme physique, qu'il faut aller chercher des phénomènes qui distinguent l'homme des animaux. A ce point de vue, l'homme est un animal, rien de plus et rien de moins. Au point de vue anatomique, l'homme diffère moins des singes supérieurs que ceux-ci ne diffèrent des singes inférieurs. Le microscope révèle entre les éléments de l'organisme humain et ceux de l'organisme animal des ressemblances tout aussi frappantes; l'analyse chimique conduit au même résultat. Comme il était facile de le prévoir, le jeu des éléments, des organes, des appareils est exactement le même chez l'homme et la bëte^ » Et Gratiolet s'écriait un jour, en Sorbonne : c Le corps du singe était celui qui pouvait le mieux s'adapter aux fins particulières de l'humanité. Ces ressemblances sont incontestables, aussi démontrées que peuvent le désirer les contempteurs les plus acharnés de la dignité humaine*. > Gratiolet concédait là plus que n'a jamais demandé aucun des adversaires du règne humain. Il est vrai que, reprenant d'une main ce qu'il donnait de l'autre, il se contredisait lui-même en ajoutant : c Par son intelligence, l'homme est l'image de Dieu. >