The Anihropol. RevieWt février
MONOGÉNISME ET POLYGÉNISME. 213
rÉgypte ne diffèrent pas de ceux des peuples qui habitent encore aujourd'hui les mêmes régions. Sans doute, les quelques milliers d'années de l'histoire ne sont rien en comparaison des centaines de siècles que déroulent à nos yeux les découvertes préhistoriques; mais c'est une constatation bien peu favorable au monogénisme que de voir, dès ces époques reculées, des races multiples et déjà très distinctes, dont quelques-unes se sont manifestement perpétuées jusqu'à nous au milieu des populations postérieures, où se retrouvent encore leurs caractères *. Les principaux types crâniens actuels se rattacheraient même, d'après KoUmann ', à ceux des temps quaternaires, depuis lesquels il n'y aurait plus eu que des mélanges de types.
Les polygénistes ont invoqué, en second lieu, la distribution géographique des races humaines : ils ont fait ressortir la concordance entre les lois de cette distribution et celles qui président à la répartition des espèces animales à la surface du globe ^. Mais ici, ils ont trouvé devant eux la doctrine du cosmopolitisme de l'homme. Les espèces animales, disait-on, sont limitées dans l'espace; elles sont groupées par régions dont les contours ne se coupent que rarement et même ne se touchent pas toujours. Au contraire, l'habitat de l'espèce humaine n'est pas circonscrit : l'homme s'est répandu sur presque toute la terre; il est cosmopolite. C'est ce qu'il s'agit d'examiner. La question est de savoir si l'homme peut vivre et maintenir sa race (car là seulement est le véritable critérium du cosmopolitisme) sous tous les climats.
Les faits ont répondu, et ils ont montré que l'acclimatement d'une race, transplantée de son milieu originel dans un
1. Lagneau, Dicl. encyclop, des Sciences méd., 4* série, t. it, p. 585.
2 Arch, fur Anthrop., 1881, p. 79, ICI, 1883, p. 1.