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ANTHROPOLOGIE ETHNIQUE

Nous avons vu, dans le précédent chapitre, ce qu'il faut entendre par cette expression de races^ étendue avec des significations si diverses et souvent si peu précises à tous les groupes humains indistinctement. Appliquée aux grandes divisions ou divisions primaires de l'humanité, elle désigne des collectivités ayant la valeur des espèces en histoire naturelle. Dans la première famille des Primates, composée d'un genre unique, il existe donc plusieurs espèces ou races primordiales, auxquelles, pour éviter toute confusion, il vaudrait mieux réserver la dénomination de types.

Pas plus pour les espèces anthropologiques que pour les espèces végétales ou animales, il n'est de critérium absolu. Nous avons reconnu, du moins, qu'il était possible de les distinguer à un ensemble de caractères d'une permanence relative, que ni l'action des milieux, ni l'influence des croisements n'avaient sensiblement altérés, aussi loin que nous remontions dans le passé. La thèse de la multiplicité des origines humaines reçoit de ces conclusions une force nouvelle. La continuité de l'habitat et la différence des caractères physiques permettent, en effet, de supposer légitimement que les types ethniques, c abstraits de nos jours, répondent réellement à des centres morphologiques primitivement distincts f (Daily).

«tt PRÉCIS D'ANTillIOPOLOGlC.

Qa doit admettre, dans le genre humain actuel, trois grands types au moins^ dont rhomogénéité est respectivement aussi grande que leurs caractères diOérentiels sont constants. Ce sont : le type nègre ou éthiopique, le type altaîque, improprementappelémongoliqueSetletypecaucasiqiie.Mais, au-dessous de ces types, s'échelonnent une foule de variétés secondaires auxquelles on donne couramment le nom de races, groupes sans cesse renouvelés par des mélanges et dont il serait difficile de dire ce qu'ils représentent au juste. Ces variétés du genre Homme sont très nombreuses. Nous nous occuperons plus loin de les classer et de les décrire en particulier. Nous avons à étudier auparavant les caractères â Taide desquels nous pourrons ensuite établir les affinités des races et les ranger systématiquement : tel est Tobjet de TAnthropologie ethnique. Cette branche de la science de l'homme s'est constituée il y a un siècle à peine. Pendant que Linné assignait à notre espèce une place dans la classification zoologique, Buffon avait bien tenté de décrire, autant que le permettait l'état des connaissances à son époque, les caractères physiques des races humaines et les différences de forme, de taille, de couleur, qui les distinguent les unes des autres; mais, faute de matériaux suffisants, il s'était arrêté à la surface. C'a été l'œuvre de notre temps de pé* nétrer plus avant dans l'étude de l'oi^anisaUon comparée des races. Blumenbach fonda l'anatomie ethnique. Le premier, il puisa dans les recherches craniologiques les éléments d'une classification et d'une nomenclature des variétés du genre humain. Le champ qu'il a ouvert, exploité de nos jours par de nombreux chercheurs, est des plus vastes. Nous passerons successivement en revue : 1* les caractères physiques des races; 2* leurs caractères physiologiques. Les

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