‹ Précis d'anthropologieChapitre 108 sur 319 · De Rochas, Etsai sur la population de Cuba · texte numérisé non relu

De Rochas, Etsai sur la population de Cuba

MONOGËNISME ET POLTGÉNISME. 2t»

gaiement les caractères des deux races parentes (Burmeis* 1er, Simonot).

Il s'en faut donc que les croisements entre les races humaines soient, sans exception, eugénésiques ; et, parla même, disparaît Targument des monogénistes. Si l'on recherche quels sont les edets de ces croisements au point de vue de la validité des races qui en proviennent, on reconnaît que toutes les fois qu'ils ont lieu entre races éloignées, de types différents, ils ne donnent que de mauvais résultats physiologiquement et socialement \ C'est ainsi que les Topas de Pondichéry fournissent une mortalité beaucoup plus considérable, non seulement que les Hindous, mais même que les Européens. A Java, les métis de Hollandais et de femmes indigènes sont d'une intelligence tout à fait inférieure. ABourbon,les mulâtres ne résistent pas mieux que les Nègres. Quant aux résultats sociaux, on sait ce qu'est devenue la civilisation, partout où les races conquérantes se sont mélangées aux races indigènes (Républiques hispano-américaines), ou bien quand les races métisses se sont trouvées abandonnées à elles-mêmes (Haïti). Ce n'est pas à dire toutefois, comme l'ont soutenu quelques anthropologistes (de Gobineau, Knox, Nott et Gliddon), que les races pures, si tant est qu'il en existe, puissent seules se perpétuer et prospérer d'une manière durable. Il est certain que le croisement des races ne porte pas toujours atteinte à la fécondité, à la vigueur et à l'intelligence des populations nées de ce croisement. Si les croisements entre races très éloignées n'enfantent que des métis doués d'une fécondité nulle ou restreinte, les croisements entre races physiologiquement voisines engendrent fréquemment des populations d'une

1. Cf. Périer, Mém, de la Soc, d* Anthropologie, 1" série, t. Il, p. 26t ; l. III, p. 211.

incontestable vitalité. Ici, comme dans les unions entre in* dividus de la même famille (consanguinité), les avantages et les inconvénients du croisement sont ce que les font les qualités ou les défauts des générateurs ^ Dans ces conditions, des races nouvelles, plus ou moins stables, peuvent prendre naissance, et il n^est pas douteux que ces races croisées ne soient souvent supérieures à certaines races réputées plus pures. Mais, ce qu'il est impossible d'accepter, c'est qu'en tout état de cause les croisements ethniques soient avantageux. Encore moins admettra-t-on qu'ils puissent donner des produits doués de qualités supérieures à celles de leurs générateurs (A. de Quatrefages).

En somme, à tous points de vue, les différences entre les races humaines sont de même ordre que les différences entre les espèces animales.

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