Cf. Anoutchine, Rev, d'Anthrop., 1883, p
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per, donne la vue de profil. Elle présente tout d'abord à considérer son contour supérieur, du point alvéolaire à Topisthion. On y remarque :
a. V épine nasale y dont le développement fournit un caractère ethnique sériaire. D'autant plus longue, en général, qu'on considère une race plus élevée, cette petite proéminence s'amoindrit jusqu'à devenir presque nulle dans les races inférieures, chez lesquelles Hamy en a même noté parfois l'absence complète ;
b. La racine du nezy enfoncée chez les Européens, et surtout chez les Noirs océaniens, faiblement déprimée chez les Nègres d'Afrique et chez les Altaîques ;
c. La glahelUy ou bosse sus-nasale, généralement faible chez les Noirs africains et chez les Altaîques, développée chez les Européens, plus marquée encore chez les Américains et les Noirs océaniens ;
d. L'tnton, ou protubérance occipitale externe, dont la saillie est beaucoup plus forte, en moyenne, chez les Européens que chez les Nègres. Certains crânes préhistoriques l'ont fort peu développée, et, de même, les Basques font ici exception au milieu des races blanches (Broca). Chez eux> cette protubérance est souvent absente.
D'autres éléments de comparaison sont fournis par la ligne de profil : par exemple, la courbure de la voûte. Un premier type est celui des dolichocéphales de Cro- Hagnon, qui s'est perpétué chez les Basques. Il est caractérisé par un front droit, des bosses frontales élevées et saillantefl, par les belles proportions de la voûte qui se développe régulièrement jusqu'un peu au-dessus du lambda où elle s'infléchit, pour former un méplat répondant à la portion cérébrale de l'écaillé occipitale; la portion cérébelleuse se porte brusquement en dessous. La race celtique présente un type différent. Le type néanderthaloïde est également bien
caractérisé : front bas et fuyant, voûte surbaissée, etc. La limite inférieure de la norma latérale, qui en complète le contour, présente d'arrière en avant :
a. V apophyse mastoide. Le volume de cette apophyse est au minimum chez les Hottentots ; dans d'autres races éthiopiques, il est parfois plus fort que chez les Européens. 11 n'y a point là un caractère pouvant distinguer les races ;
b. V arcade zygomatique. Chez certains sujets, Tos malaire est parcouru vers son milieu par une suture anormale {suture médiO'jugale). Cette suture ne doit pas être confondue avec une autre suture surnuméraire qui sépare Fapophyse orbitaire du reste de l'os * ; celle-ci s'explique par le défaut de soudure d'un point d'ossification normal, la première est une anomalie régressive qui a pour cause le développement du corps de l'os par un double centre d'ossification. Cette anomalie est fort rare dans toutes les races*.
L'encadrement des faces latérales du crâne est complété par la réunion de l'arcade zygomatique à l'arcade orbitaim, au niveau de Vapophyse orbitaire externe. Cette saillie est très accusée dans certaines races inférieures et sur quelques crânes préhistoriques dolichocéphales.
A la surface de la norma, on aperçoit :
a. Les lignes temporales^ dont l'élévation au-dessus de l'arcade zygomatique mesure l'étendue de la fosse temporale et le développement des muscles crotaphites. Dans certaines races inférieures, notamment chez les Mélanésiens, ces lignes, par leur rapprochement de la suture sagittale, rappellent le type simien ;
b. Le ptérionf dont les diverses formes (plérion en H, plérion en K, ptérion retourné) se rencontrent dans les races
1. Riccardi, Arch. per VAntrop. e VEinoL, 1878, p. 17. t. W. Gruber, Arch, f. pathoL Anat, und Phy$., 1879, p. 113. — Virchow, Monatiber, der hôn» Akad, der Wiisemch,, Berlin, 1881, p. 290.
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liumaiaes. On considère généralement le ptérion retourné et le ptérion en K comme reproduisant des dispositions simiennes et comme ayant, par suite, la valeur de caractères •de réversion. L'existence des deux types en H et retourné chez les singes et chez d'autres mammifères ne justifie pas cette opinion. Ce que l'on peut dire, c'est que les formes en K et retournée se rencontrent beaucoup plus fréquemment chez les Papous, les Australiens, les Nègres africains que chez les blancs^
S"* Norma supérieure (norma veriicalis ou vue de Blumenbach). — Elle permet d'apprécier lé degré d'écartement des arcades zygomatiques, plus ou moins visibles sur les côtés du crâne {phénozygie de Busk) ou cachées (cryptozygie). Le crâne des Néo*Calédoniens, des Noirs africains, des Eskimaux est phénozyge; à l'extrême opposé est celui des Auvergnats.
Signalons aussi les bosses pariétales^ très accusées sur le <^râne polynésien. Deux autres caractères encore ont de l'importance pour le diagnostic ethnique. C'est d'abord une saillie médiane, en forme de crête, qui parcourt le sommet du crâne, du bregma à l'obélion, et qui souvent commence au métopion ou à la racine du nez (cette crête n'est point l'analogue de la crête sagittale des anthropoïdes ; les lignes temporales ne prennent aucune part à sa constitution et en demeurent toujours à une certaine distance). De la crête partent deux plans inclinés qui descendent jusqu'aux lignes temporales et là se continuent, soit brusquement, soit par une courbe arrondie, avec les faces latérales du crâne, ces faces figurant deux pans verticaux parallèles. La voûte du crâne est en toit si les plans inclinés sont rectilignes (comme souvent chez les Néo-Calédoniens, chez les Australiens, et nor-
i. Aooatcbine, Revue (T Anthropologie, ISSâ, p. 357.
sas PRÉCIS D'ANTHROPOLOGIE.
malement chez les Eskimaux) ; — en dos d'âne ou en ogive f s'ils sont convexes, conformation que Prichard a donnée à tort comme spéciale au crâne mongol ; -7- en carène^ lorsque les plans inclinés sont concaves, les bosses pariétales très développées et les côtés du crâne plutôt renflés. Cette dernière disposition, légère sur les crânes polynésiens, est très accusée sur le crâne tasmanien. Le second caractère, qui existe parfois seul, est Taplatissement des parois latérales du crâne (races noires dolichocéphales). Dans les races brachycéphales, cette région est, au contraire, fortement renflée (Lapons, Celtes).
3* Norma antérieure. — Elle comprend le front et la face. Il faut mentionner ici :
a. Les arcades sonrcilièresy dont le développement suit généralement celui de la glabelle. Certains crânes préhistoriques (Néanderlhal, Eguisheim, Borreby, etc.) les présentent au maximum. Les saillies sourcilières sont considérables chez les Noirs mélanésiens, à leur minimum dans certaines races de TAsie centrale et orientale et chez les Négritos ;
b. Les os propres du nezy remarquables par la projection de leur extrémité inférieure dans les races européennes, et par Tangle résultant de leur adossement médian : angle saillant et très aigu, d'où la forme du nez en toit et à arête vive, dans les races blanches leptorhiniennes (Kymris, Sémites); angle très obtus, pouvant aller à 180% d'où Taplatissement du nez, comme dans les races nègres africaines et chez les Malais. Les Polynésiens, les Américains, les Mélanésiens, les Mongols, occupent par ce caractère une situation intermédiaire : les deux premiers groupes plus près des Européens, les deux derniers plus près des Nègres ^ ;
1. Mérejkowsky, Bull, delà Soc. d^AnthropologUt 1882, p. 293.
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c. Les orbites. L'inclinaison du grand axe de leur ouverture est toujours plus ou moins oblique en bas et en dehors. La forme de l'orbite est arrondie quand l'indice orbitaire estélevé,' polyédrique quand cet indice est faible. Chez le Nègre, le plafond de l'orbite s'incline plus obliquement que chez l'Européen, d'où un aspect en entonnoir de la cavité;
d. Vouverture nasalcy avec ses diverses variétés morphologiques : en cœur de carte à jouer, l'épine nasale saillante séparant deux échancrures minces, tranchantes et élevées au-dessus du plancher des fosses nasales (Basques, Kymris); à bord inférieur émoussé, arrondi d'arrière en avant, formant une échancrure unique par suite de l'effacement de l'épine nasale (Nègres d'Afrique, types européens inférieurs); à bord inférieur dédoublé en deux lèvres, dont l'antérieure va en s' abaissant et dont l'intervalle présente une double dépression digitale (Chinois, quelques races jaunes); à gouttières simiennes (Yoy. p. 75), toute démarcation ayant disparu entre le plancher des fosses nasales et la face antérieure du maxillaire (Australiens, Néo-Calédoniens). Il est rare toutefois que l'une quelconque de ces dispositions se montre constante dans une série;
e. Les 05 malaireSj relativement petits et grêles dans les races européennes ; massifs, inégaux, très développés (surtout en hauteur) et saillants en dehors dans les races dites jaunes. Ce dernier caractère est lié au degré de saillie et d'écartement des pommettes. On rencontre parfois, dans les races altaïques, un déjettement en haut, en avant et en dehors de toute la moitié antéro-inférieure du malaire : c'est une particularité du crâne eskimau;
f. Les mcucillaires supérieurs, développés en largeur sur le crâne tasraanien, en hauteur chez les Eskimaux, remarquables chez les Basques par leur petitesse. A leur surface, la fosse canine, plus ou moins déprimée, excavée au maximum-
chez le Basque et TArabe, peu profonde sur le crâne négrilo, tendant à s'aplanir dans les races jaunes, absente et remplacée par une surface convexe (caractère simien) sur certains crânes anciens.
4* Norma postérieure (vue de Laurillard). — Elle permet de prendre connaissance :
a. De l'élévation de la voûte du crâne, d'après laquelle ou a divisé les crânes en hypsicéphales^ à sinciput conique, d'où une augmentation du diamètre vertical (Eskimaux, certains crânes polynésiens, australiens et nègres), et plaiycéphaleSy dont le sinciput est aplati, la voûte surbaissée et le diamètre vertical court (exemple : le crâne frison);
b. De la courbe décrite par la partie postérieure du crâne, d'une bosse pariétale à Taulre. Les Malais et les Américains ont communément cette région aplatie; elle estrenQée sur les crânes de THomme-Mort;
c. De la saillie des bosses cérébrales de l'occipital. Dans les crânes d'un type supérieur, cette région se continue par une courbe uniforme et régulière avec la partie pariétale de la voûte. D'autres fois, elle s'en détache pour décrire une courbe d'un plus pelil rayon, d'où une saillie globuleuse de récaille occipitale. Cette saillie, qui appartient à beaucoup de crânes préhistoriques à dolichocéphalie occipitale (Gibraltar, Cro-Magnon, l'Homme-Mort, Genay), se rencontre comme caractère de race chez les Eskimaux et les Patagons;
d. De la courbure de la région sous-iniaque ou cérébelleuse du même os. Déprimée sur les crânes d'Orrouy (époque du bronze), peu développée sur les crânes basques, cette région peut être assez renflée pour empêcher les condyles de toucher, lorsque le crâne repose sur un plan horizontal, et même pour faire basculer le crâne en arrière, comme souvent chez les Néo-Galédoniens.
5** Norma inférieure. — Introduite en craniologie par
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Owen, elle donne Faspect de la base du crâne. On y voit le trou occipital, très yariable dans sa forme, et les condyles^ qui, chez le Nègre, font au-dessus de la base du crâne aplatie une saillie plus forte que chez le blanc.
Sous le nom de troisième condylcy Meckel a signalé Texistence sur quelques crânes, entre les deux condyles normaux, au niveau du basion, d'une saillie recouverte de cartilage, qui offre l'aspect d'une surface articulaire et descend parfois jusqu'au sommet de l'apophyse odontoïde de l'axis. Cette anomalie a généralement été considérée comme réversive et comme reproduisant le condyle unique et médian des Sauropsidés. Quoi qu'il en soit, c'est un caractère rare dans nos races d'Europe, sauf peut-être chez les Basques (Broca). Il serait fréquent sur les crânes de l'Inde transgangétique et sur les crânes malais (Carter Blake).
La direction de Tarcade alvéolaire est toujours verticale en arrière de la dent canine, mais la portion incisive est tantôt plus ou moins verticale (orthognatisme), tantôt oblique en avant (prognathisme). La courbe de cette arcade peut présenter accidentellement dans toutes les races l'une ou l'autre des quatre formes précédemment décrites (p. 79), mais il en est deux qui se montrent plus ordinairement : Telliptique, assez fréquente dans les races inférieures; la parabolique, habituelle dans les races supérieures.
Endocrâne *. — Il présente à considérer :
1* Les impressions digitales et les éminences mamillaires^ empreintes des circonvolutions et des anfractuosités de la surface cérébrale.
Contrairement à l'opinion de Gratiolet, la profondeur de ces empreintes serait plutôt moindre, en général, dans les races inférieures que chez les blancs (Manouvrier).