Manouvrier. Bull, de la Soc. %oolog,f 1882, p
ont été substituées des mesures rationnelles et bien déterminées. Jadis, les craniologistes se contentaient de mesurer quelques crânes d'une même race, parfois un crâne unique, et ils n'hésitaient pas à en déduire le type de la race tout entière. Ils ne tenaient compte ni du mélange des races, qui, dans une population donnée, fait apparaître plusieurs types crâniens; ni des variations individuelles, supérieures souvent aux différences moyennes de race à race; ni des différences sexuelles. Or, pour certains caractères, ces éléments ont une importance considérable : pour l'indice céphalique, par exemple, l'étendue des variations indivrduelles, dans une même race réputée pure, peut atteindre 10 p. 100, et s'élever jusqu'à 15 et 18 p. 100 si la race est mélangée (Broea). La loi du nombre s'imposait donc à la craniométrie. Broca a démontré que vingt crânes d'adultes (de même sexe) constituaient la série à la fois sufGsante et nécessaire ^ Nous n'insisterons pas sur les deux méthodes (méthode des moyennes, méthode de l'ordination et de la sériation) à l'aide desquelles on peut, un caractère étant donné, soit en formuler numériquement l'expression générale, soit en analyser les variations. Pour donner tous leurs résultats, elles doivent se compléter mutuellement. Ici, la méthode des moyennes est toutefois celle qui convient le mieux : exprimant d'un chiffre les caractères des races, les moyennes seules en permettent la comparaison rapide dans toute la série des groupes humains. La craniologie n'a pas tardé à se trouver en possession d'une foule de méthodes et de procédés de mensuration d'une valeur relative très inégale, et l'anthropologie a vu ainsi se constituer dans son sein une spécialité, considérée fort à tort par quelques-uns comme une science distincte. Cette
i. BulL de la Soc. d'Anthrop., 1879, p. 756.
accumulation de travaux spéciaux a eu, sans doute, sa raison d'être ; mais on en a singulièrement abusé, et les recherches craniométriques n'ont servi trop souvent qu'à encombrer la science de détails inutiles. De larges éliminations étaient devenues nécessaires, qui ont mis d'autant mieux en relief les mesures véritablement instructives. Obligés de nous restreindre, nous ne nous arrêterons qu'à celles qui sont essentielles, renvoyant pour toutes les autres aux Instructions craniologiqiœs et craniométriques publiées par Broca ^ Un des plus grands obstacles est ici la diversité des procédés de mensuration suivant les observateurs : nous avons soin, en conséquence, de ne reproduire que des chifTres obtenus conformément aux InMriLCtions précitées.
Les mesures craniométriques sont des lignes droites ou courbes, des projections, des mesures angulaires et des mesures stéréométriques ou de capacité. Les longueurs des lignes font connaître les dimensions absolues du crâne; mais elles n'en indiquent pas les formes, beaucoup plus importantes à connaître que le volume. Les formes résultent du développement relatif des diverses parties. Elles sont exprimées numériquement au moyen de rapports centésimaux (indices) établis entre les éléments mesurés. Les moyennes des deux mesures dont l'indice est le rapport, seiTcnt à calculer l'indice moyen ou indice des moyennes de la série. Il ne faut pas confondre ce rapport avec la moyenne des indices individuels, prise à tort par quelques auteurs, et qui n'en est nullement l'équivalent. La connaissance des indices moyens permet de comparer les foimes crâniennes moyennes des différentes races, et de sérier celles-ci en fonction de tel ou tel indice.
1» Capacité crânienne. — On la détermine au moyen du