Mém, de la Soc. ^Anthropologie, 2* série, t. H, p
cubage du crâne. Pour pratiquer ce cubage, on a eu recours à un grand nombre de procédés sur lesquels nous ne saurions insister ici; mais il en est un dont les minutieuses expériences de comparaison et de contrôle entreprises par Broca^ ont démontré la supériorité sur tous les autres : c'est le procédé du plomb de Morton, régularisé par Broca. C'est celui qui donne les résultats, sinon les plus rigoureux quant à leur approximation par rapport à la capacité réelle du crâne, ce qui est secondaire, du moins les plus constants d'un observateur à l'autre, et, par conséquent, les plus comparables. Avec ce procédé, l'erreur pei^onnelle ne dépasse pas, en général, 5 centimètres cubes.
La détermination de la capacité crânienne ne fait pas connaître exactement le volume du cerveau, qui est toujours inférieur à cette capacité; mais l'utilité des données qu'elle fournit ressort suffisamment de l'existence d'un rapport de proportion entre le poids de l'encéphale et le cube du crâne. On objecte que les différences individuelles de ce rapport sont trop grandes pour que la conversion de la capacité crânienne en poids encéphalique donne autre chose qu'une estimation approchée : il est vrai ; mais on peut admettre un rapport moyen, dont les recherches de Manouvrier ont fixé la valeur (poids de l'encéphale : capacité crânienne :: 1 : 0,87). Cela posé, la comparaison de la capacité cranierihe dans les races permettra de conclure avec une suffisante rigueur au développement relatif du cerveau. Brutes, ces constatations conduisent à un bon caractère anthropologique, puisque les variations de la capacité crânienne peuvent aller, entre certaines races, à plus de 300 centimètres cubes, et qu'il est dès lors possible de sérier les races suivant l'ordre ascendant ou descendant de cette capacité. Il devient plus délicat d'en tirer