‹ Précis d'anthropologieChapitre 148 sur 319 · BulL de la Soc. d*Anthrop., 1860, p · texte numérisé non relu

BulL de la Soc. d*Anthrop., 1860, p

ORGANES Génitaux:. * 305

les races plus élevées, pour ne reparaître que chez certains individus. — Le ^Ktorw est aussi très développé dans les races nègres et sémitiques (Corre) ; chez les Woloves, qui ont l'appareil entier de la vulve comme déprimé, le clitoris l'emporte toutefois de 0",008 en longueur sur celui de l'Européenne. — La vulve dans son ensemble est, chez les Woloves, aplatie d'avant en arrière et plus haute que chez l'Européenne, au point que la longueur du périnée en serait doublée. La profondeur du canal vestibulaire (sinus uro-génital) serait néanmoins plus grande chez la Négresse en général, par suite de la situation plus reculée de la membrane hymen, placée à 0",04 environ de l'entrée de la vulve* : cette disposition peut être considérée comme la persistance de l'état fœtal de ces parties dans les races blanches. Chez les Chinoises, tous les organes sexuels externes acquièrent des proportions exagérées. Il en est tout différemment des femmes annamites, chez lesquelles ces organes sont mal développés. La femme cambodgienne se rapprocherait sous ce rapport de la Chinoise (Mondière). Il serait intéressant de déterminer dans les diverses races la situation de la vulve, plus ou moins en avant ou en arrière de l'axe du corps, le jet de l'urine se portant en avant de la ligne des pieds dans le premier cas, en arrière dans le second. Ce fait, pour les femmes, d'être prémingentes* ou rétromingentes dénote une variation correspondante dans l'axe du bassin et, conséquemment, dans la courbure lombo-sacrée, caractère en rapport avec le plus ou moins de facilité de l'attitude bipède. Le vagin est plus long chez la Négresse, ce qui est en rapport avec les dimensions du pénis chez l'homme de même race. Sa profondeur serait de0",16, au lieu de 0",10qu*il a

i. Medic. Report de New- York, 15 sept. 1868.

2. Cf. Lawrence. Lectures an the Natural History of Man, 1822, p. 186. BOVBLACQUE et G. HERVÉ. — Anthropologie. 20

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chez TEuropéenne. Chez la Wolove, de Rochebrune signale l'épaisseur des saillies transversales de la surface interne du vagin; ces saillies multiplient ainsi les points de contact pendant la copulation et rendent le vagin plus rigide et relativement plus étroit que chez l'Européenne, tout en permettant, au moment de l'accouchement» une plus grande ampliation. Le vagin serait étroit chez les Mongoles S ainsi que dans les races américaines.

La forme et le volume des mamelles présentent dans toutes les races des différences individuelles assez étendues ; mais ces organes sont beaucoup moins variables chez certains peuples peu mélangés et sauvages qu'ils ne le sont dans les races fortement croisées et chez les peuples civilisés. Les mamelles sont tantôt hémisphériquesy tantôt plus ou moins pendanteê^ tantôt piriformes. La forme pendante est un des f attributs les plus caractéristiques des Négresses et des Bochi-

manesy chez lesquelles, grâce à l'abondance et à la laxité du tissu cellulaire sous-cutané, il n'est pas rare que la mère puisse rejeter ses seins volumineux et allongés par-dessus ses épaules et allaiter ainsi l'enfant qu'elle porte sur son dos. Les Chinoises, les Annamites et d'autres orientales ont les seias hémisphériques et réguliers. Les seins piriformes sont plus rares dans ces races que chez les Européennes, et c'est le plus souvent, d'après Mondière, chez les femmes qui ont la peau la plus blanche qu'on les rencontre. La variété piriforme s'observe chez les Fuégiennes. Le mamelon est plus allongé chez les Négresses. Chez les femmes de l'Asie orientale, il est court jusqu'à l'accouchement; mais il reste long et coloré après un premier allaitement, et il est rare que le sein reprenne alors sa conformation première, comme chez les Européennes.

1. O«orgî, Buchrtib* alUr Nation, des Ruêslandif part. II, p. 2i0.

stAâtopygie. aa?

8 5. — Appareil oatané et organes des séné

Renvoyant aux caractères morphologiques pour Tétude du système pileux et de la couleur de la peau, nous ne ferons ici que signaler quelques particularités anatomiques relatives à la constitution de l'enveloppe cutanée.

La peau du Nègre présente un aspect velouté qui est en partie la conséquence du développement considérable de l'appareil glandulaire. Le derme y est plus épais que dans les autres races, principalement au crâne, à la paume de la main et à la plante du pied« Le tissu cellulaire est très abondant, surtout aux mamelles, au pénis, aux lèvres. La graisse est toujours d'un jaune de cire, et une coloration analogue s'observe dans toutes les membranes cellulaires et fibreuses jusqu'au périoste.

C'est à l'accumulation de la graisse à la région fessière qu'est dû le singulier caractère de la stéatopygiej qui existe naturellement chez les femmes de l'Afrique australe (Bochimanes, Ilottentotes) et aussi, à un moindre degrés chez un certain nombre de femmes de l'Afrique orientale, notamment dans le Somal (G. Revoil). 11 y a distension des aréoles du tissu cellulaire sous-cutané des fesses par une collection d'amas graisseux communiquant à l'ensemble l'aspect d'an vaste lipome. Ces masses fibro-graisseuses se prolongent sur la face antérieure des cuisses en une lame épaisse qui ne s'arrôte qu'au voisinage du genou. Il en résulte un développement énorme de la saillie des fesses, arrivant souvent à un tel degré que les enfants y grimpent et s'y tiennent debout. La saillie fessière de la Vénus hottentote, mesurée à l'aide d'une circonférence allant d'un grand trochanter à l'autre en passant par les points les plus proé-

mineats en arrière, a O'^ylQi de tour : la moyenne n'est que de 0",644 chez les Européennes, de 0",678 chez les Woloves (de Rochebnine). Chez ces dernières, l'hypertrophie graisseuse de la région fessière existe à un degré plus ou moins prononcé, suivant l'âge des sujets, mais ce n'est point la stéatopygie véritable^ : les amas adipeux ne sont pas souscutanés, mais interposés entre les faisceaux du muscle grand fessier. Les gibbosités fessières apparaissent dès l'enfance chez les Bochimanes : elles étaient déjà très accentuées sur une fille d'environ douze ans, au rapport de Flower et Mûrie; elles augmentent à partir de la grossesse. Chez les Hottentotes, qui ne les présentent point aussi constamment, leur développement est moins rapide et moins complet; peut-être même n'apparaissent-elles qu'après la première grossesse. Coexistant avec l'hypertrophie des petites lèvres, la stéatopygie constitue un caractère anthropologique d'une haute valeur, qui a dû appartenir jadis à toute une raoe répandue du golfe d'Aden au cap de Bonne-Espérance et dont les Bochimans seraient les derniers représentants non métissés. Elle disparaîtrait par le croisement des Bochimans avec d'autres races (Pérou et Lesueur, Knox). La signification est loin d'en être clairement établie. Contrairement à l'opinion de Cuvier, elle n'a rien de commun avec les protubérances fessières vasculaires et érectiles de certains singes. Considérée par les peuplades qui la présentent comme un caractère de beauté, il y a lieu de se demander si celles-ci n'auraient pas recours à quelque mode d'entraînement pour la développer. Peut-être n'est-elle qu'une simple variété acquise sous l'influence du milieu et du genre de vie, comme la stéatopygie des races ovines africaines. Le pli transversal unique ou simien de la paume de la

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