II. CARACTÈRES MORPHOLOGIQUES DES RACES
Couleur de la peau. — Deux éléments concourent, dans les conditions physiologiques, à produire la coloration de la peau : la matière colorante rouge du sang en circulation dans les réseaux capillaires et vu par transparence à travers l'épiderme ; les granulations du pigment mélanique, déposées principalement dans les cellules épithéliales de la rangée profonde delà couche de Malpighi. De la combinaison de ces deux éléments et des variations du second résultent les couleurs, nuances et tons infinis que présente la peau.
Les granulations du pigment cutané, dont la teinte varie du fauve ou blond pâle au roux et au rouge cuivré jaunâtre ou brunâtre plus ou moins foncé, ou encore au brun pouvant être tout à fait noir à la lumière réfléchie, existent dans toutes les races. Sur les Européens, même les plus blancs, il y en a dans toute l'étendue de la peau, mais elles sont très fines (O^^jOGl à O^^jOlO) et rares dans chaque cellule, pas assez nombreuses pour masquer la teinte propre du derme, dont la couleur blanche apparaît rosée sur le vivant, modifiée qu'elle est par le sang. Plus abondantes, elles communiquent à la peau une coloration plus ou moins foncée, offrant des variétés innombrables, depuis le jaune extrêmement pâle, pouvant à peine être distingué du blanc, de certains Asiatiques et Polynésiens, jusqu'au noir d'ébène du Wolof. Chez les Nègres, ces granulations sont éparses dans chaque cellule de la couche de Malpighi, mais leur abondance varie dans les diverses couches de l'épiderme : ce sont les cellules basilaires qui en contiennent le plus. Le pigment existe déjà, sous forme de granulations très fines, à peine visibles aux grossissements les plus forts, dans la
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couche amorphe bordant la membrane limitante du derme. Les granulations atteignent un volume de 0^,001 à 0"",002 autour du noyau des cellules basilaires auquel elles forment un cercle complet, le cachant complètement dans quelques régions ; de là elles s'étendent dans tout le corps cellulaire, mais en diminuant de volume et de nombre. Dans les cellules polyédriques qui constituent les assises superposées de la couche muqueuse, elles sont moins abondantes. Elles diminuent insensiblement jusqu'à la couche cornée, quoique le noyau reste toujours entouré d'un cercle de pigment. Dans les cellules de la couche cornée, on ne voit plus de granulations pigmentaires, mais ces cellules sont uniformément teintées de brun, surtout en certaines régions très colorées, telles que le scrotum et l'aréole du mamelon.
Le pigment cutané est donc produit par les éléments de la couche profonde dite de rénovation et par la couche basilaire de l'épiderme ^ ; il ne parait plus s'en produire dans les couches superficielles, puisque ces couches sont de moins en moins colorées à mesure qu'on se rapproche du stratum granulosum et de la couche cornée. On tiendra compte, pour certaines régions, de l'épaisseur de ce premier épiderme corné, dont la transparence altère la couleur du tissu sousjacent. Tous les Nègres, par exemple, ont la plante des pieds et la paume des mains moins foncées que le reste du corps. Mais, en somme, les variations de la coloration cutanée dépendent surtout du nombre de cellules pigmentaires contenues dans un espace donné r c'est ainsi que la couleur est presque aussi claire, malgré la minceur de l'épiderme, sur la face latérale des doigts du Nègre qu'à la paume de la main, parce qu'en ces régions les cellules pigmentaires sont plus rares que partout ailleurs (Broca).