‹ Précis d'anthropologieChapitre 156 sur 319 · Cf. Art Peau du Dict encyclop. d€$ Sciences médieatet · texte numérisé non relu

Cf. Art Peau du Dict encyclop. d€$ Sciences médieatet

aia PRÉCIS D'AMTHROPOLOOIE.

Dans les races colorées, c'est toujours à la partie postérieure du tronc qu^existe la coloration la plus foncée. Il convient de rapprocher ce fait de ce qui s'observe chez les animaux, où le plan de flexion est toujours moins coloré que le plan d'extension^

La matière pigmentaire, dans les races noires, ne se dépose pas seulement au sein des cellules de Tépiderme cutané. On la retrouve, sous forme de plaques irrégulières et dissémi* nées ou de taches plus ou moins étendues, de maculatures d'un violet foncé, sur les muqueuses oonjonctivale, labiale gingivale, linguale, palatine, intestinale, anale, vaginale. De semblables taches s'observent sur les muqueuses des anthropoides.

La couleur de la peau des différentes races sera indiquée à l'occasion de la description que nous ferons de chacune d'elles. Au point de vue général où nous nous plaçons ici, on peut ramener toutes les nuances et teintes qu'est suscep* tible de présenter cette coloration à trois types fondamen* taux, qui correspondent aux trois grands types ethniques primordiaux, savoir : le blanc, le jaune et le noin Les mâ^ langes de races et, dans une mesure plus restreinte sans doute, les influences de milieux ont déterminé, d'ùlleurs, entre ces trois types chromatiques des passages gradués^ qui constituent de l'un à Vautre toute l'échelle des nuances et des tons intermédiaires.

Les races blanches prédominent en Europe; les raoM jaunes, en Asie ; les races noires sont principalement répar* ties entre l'Afrique et la Mélanésie : mais nous verrons que la couleur cutanée seule donnerait une base de classification tout à fait erronée, puisque dans un même type ethnique elle varie, suivant les races, dans des limites étendues, et que des races appartenant à des types difiërents peuvent ainsi oifrir des nuances de coloration rapprochées ou semblables.

LA PKAU. 319

Presque tous les auteurs ont admis un type rouge en Amérique. Il n'existe pas, à vrai dire, de peau qui mérite réellement ce qualifica|if : la dénomination de rouges a été donnée à certaines tribus américaines, à raison de leur habitude de se teindre le visage de cette couleur. Cependant, on rencontre, parmi les races américaines, à côté de jaunes, de bruns olivâtres, voire même de noirâtres maintenant disparus (anciens Californiens, Charruas), des groupes d'un jaune rougefttre ou cuivré. Cette combinaison d*une teinte rouge plus ou moins intense avec une coloration jaune ou noirâtre, donnant des teintes comparées â celles du cuivre, de la cannelle, de la rhubarbe, de l'acajou, s'observe également dans certaines races du sud, de l'est et du centre de TAfrique.

Les efiTets du hâle, c'est-à-dire de l'action de l'air^ de la chaleur et de la lumière sur les parties découvertes de la peau, varient beaucoup suivant les races. C'est dans les races à pigmentation moyenne, les races brunes d'Europe et les races jaunes, que ces effets sont le plus sensibles. Chez les premières, le hâle brunit la peau uniformément^ au point de la rendre quelquefois semblable à celle des mu-* lâtres. La coloration ainsi acquise n'est que temporaire : elle diminue en hiver et disparaît par le retour dans les pays tempérés on froids. Chez les secondes, les différences à cet égard sont des plus nombreuses, bien que le résultat ordi-* naire de l'action des agents atmosphériques soit de foncer la coloration cutanée. A la peau des Indo-Chinois et des Malais, par exemple, ils communiquent une coloration d'un noir olive. Aillem*s, la nuance qu'ils déterminent est un brun briqueté ou un rouge sombre (Fuégiens, Galibis).

La peau des Chinois deviendrait plus foncée en hiver et pâlirait en été (Lamprey). Chez certains peuples, dont la peau est naturellement foncée, les parties exposées au con-

3S0 PRÉCIS D'ÀNTHR0P0L0G1£.

tact de l'air sont souvent plus claires que les parties protégées par les vêtements. Il en serait ainsi chez les Fuégiens (de Rochas) et aux lies Sandwich (Lesson). Dans les races blondes européennes, le hâle rougit la peau : sous l'action d'un soleil ardent, elle passe du blanc rosé au rougebrique ou bien se couvre de taches de rousseur. Dans le premier cas, la peau ne se pigmente pas, elle se brûle par une sorte d'érythème chronique, pouvant s'accompagner d' exfoliation épidermique et même d'une formation de phlyctènes.

Couleur des cheveux et des yeux^. — Elle marche généralement de pair avec celle de la peau : des yeux et des cheveux clairs avec une peau blanche, des yeux et des cheveux foncés avec une peau pigmentée. L'association inverse est l'indice certain d'un métissage.

Dans toutes les races à peau jaune, les cheveux sont invariablement noirs, les yeux également, ou tout au moins d'un brun foncé. II en est de même dans les races dites rouges, qui ne sont chromatiquement qu'une variété du type jaune, ainsi que dans les races noires. Bien que des ilôts d'individus à yeux et cheveux clairs soient çà et là disséminés parmi ces races, ils ne constituent au milieu d'elles que des exceptions numériquement insignifiantes.

Les races blanches montrent plus de variété. On peut y reconnaître quatre types : 1 "* un type blondy caractérisé par l'association d'yeux bleus ou clairs, de cheveux blonds et d'une peau rosée ou fleurie. Prédominant dans les pays Scandinaves et anglo-saxons, dans l'Allemagne du nord-est, en Belgique, dans les départements kimriques de la France, on le retrouve en moindre proportion dans l'Europe méridionale, au nord de l'Afrique (Kabyles de l'Aurès, Touaregs),

i. Sur la couleur de la peau, des cheveux et des yeux, consulter Broca, InstrucL anthrop, génér,, p. 90, 100.

LES CHEVEUX. LES YEnX> 3Si

au Caucase; % un type h^n^ caractérisé par des cheveux noirs, des yeux noirs ou brun foncé, et par une peau à pigmentation moyenne tirant sur le brun, qui, sous l'action des radiations solaires, devient bronzée ou basanée. A ce type appartiennent les populations du bassin méditerranéen, les peuples sémitiques, éraniens et aryens de rinde, parmi lesquels il faut compter les Tsiganes; 3» un type intermédiaire aux deux précédents, que Topinard qualifie de châtain. « La peau, écrit cet auteur, ne présente rien de caractéristique : elle est souvent grisâtre, cendrée ou terne ; les yeux sont de nuance et de ton moyens, plutôt verdâlres, gris ou marrons; les cheveux sont châtains, clairs ou cendrés. » Associé à la brachycéphalie, ce type caractérise les populations celtiques de l'Angleterre et de l'Irlande, du nord-ouest et du centre de la France, du midi de l'Allemagne; 4" enfln, un type roux. Quelques anthropologistes ont avancé que Térythrisme pouvait se manifester dans toutes les races; Eusèbe de Salles en avait même conclu que toutes les races descendaient d'un ancêtre commun aux cheveux rouges, et que l'érythrisme n'était que la réapparition d'un caractère primordial. Cette conclusion ne repose sur aucune base; la première assertion n'est pas démontrée davantage, attendu que jusqu'ici on n'a cité aucun exemple d'érythrisme chez les Nègres. Pour Broca, les cheveux rouges seraient simplement un des résultats naturels du croisement des races, résultat très commun dans les pays où se sont mêlées plusieurs races blanches, les unes aux cheveux bruns ou noirs, les autres aux cheveux blonds : on trouverait alors dans ces races croisées, parmi des chevelures de toutes couleurs, des cheveux rouges. Nous serions portés à croire, avec Topinard, que la couleur rousse ardente ou jaune-rougeâlre de la chevelure n'est pas, toujours du moins, accidentelle; qu'associée à des yeux gris ou verts et

HovELACijUK ot G. liERVK. — AnUu'opologio. 21

à une peau couverte de taches de rousseur, elle a appartenu jadis à une race ayant occupé, antérieurement à l'invasion des Asiatiques, le sol de la Uussie : représentée uniquement aujourd'hui par l'un des types finnois, cette race se serait peut-être autrefois avancée assez loin en Europe.

Les statistiques de J. Beddoe, celles faites par les Américains pendant la guerre de la Sécession, montrent, d'ailleurs, qu'aucun groupe de population européenne n'est homogène au point de vue de la coloration, c'est-à-dire ne réalise exclusivement l'un des types ci-dessus. Dans les groupes les plus blonds, il y a toujours une proportion assez forte de bruns et réciproquement, ce qui signifie que ces groupes ne sont que des mélanges de races.

Les caractères fournis par la couleur, bien qu'essentiels pour la description des races, sont, en somme, insuffisants par eux-mêmes pour classer celles-ci. Il en est différemment quand on les associe à d'autres caractères, notamment aux suivants.

Système pileux. — 11 présente tout d'abord à considérer son développement, c'est-à-dire le nombre et la longueur des poils. Sur le premier point, peu de recherches précises ont été faites, et l'on s'est borné le plus souvent à des impressions, sur lesquelles le second facteur devait forcément influer. Le système pileux, dit-on, est peu abondant sur le tronc chez les Nègres d'Afrique et dans les races altaïques et américaines. Ne serait-ce point que les poils sont simplement moins longs et moins visibles ? C'est ce que semblent établir les numérations de RusselP, pour les Nègres comparés aux Européens. Il ne faut pas perdre de vue ici une circonstance rendant quelquefois difficile l'appréciation du

I. Gould, Inveslig. in the miliiary ani anthrop, Sta^listic of American 5oidiers, 1869, p. 568.

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