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VISAGE

arc de cercle dont les deux extrémités viennent se terminer au-devant des oreilles : ce dernier mode d'insertion, ordinaire dans les races noires, serait propre notamment à la race hottentote (Isid. Geoffroy Saint-Hilaire).

Un dernier caractère relatif au cheveu est l'absence du canal médullaire, signalée par Prûner-Bey chez le Nègre, le Papou et le Malai.

Traits du visage. — La forme générale du visage, vu de profil, permet de distinguer deux types bien différents. Dans le premier ou prognathe, les deux mâchoires et leurs deux rangées d'incisives sont obliques en sens inverse, et se réunissent en formant un angle obtus, dont le sommet, dirigé en avant, correspond à la rencontre des incisives opposées. Le menton alors recule plus ou moins en arrière des dents, et la face ressemble à un museau. Des lèvres démesurément grosses et retroussées, présentant un large rebord muqueux étalé, accompagnent ce type qui est celui des Nègres. Le second type, à ligne de profil verticale dans l'ensemble, orthognathe, à lèvres généralement minces et effacées, caractérise les Européens. Vu de face, le visage offre également plusieurs modes de configuration : il est, chez le blanc, limité par un contour d'un ovale régulier, développé et saillant sur la ligne médiane, rétréci et effacé des côtés; de forme losangique (Prichard) chez les Altaïques, aplati dans le milieu, tandis que les côtés s'avancent et s'élargissent. Cette dernière conformation, caractéristique des Eskimaux, des Mongols, des Kalmouks, des Chinois, etc., et qui existe à un moindre degré dans quelques races américaines, a reçu d'Isid. Geoffroy Saint-Hilaire le nom d'e^irygnathisme. Elle consiste en un excès de développement transversal de la région moyenne de la face, auquel prennent part les régions frontale inférieure, inter-orbitaire et orbitaires, les arcades zygoraa tiques, les os malaires et les maxillaires supérieurs.

La face, en même temps, s'aplatit, par suite d'un double mouvement d'affaissement de toute la partie située au-dessus d'une ligne horizontale passant par le bord inférieur des orbites et de projection de la partie située au-dessous, notamment des pommettes, en sorte que toute [la surface antérieure de la face arrive à se trouver dans le même plan.

Le visage, d'autre part, peut être allongé ou raccourci verticalement. Comme exemples du premier type, citons les Mélanésiens, les populations kimriques; comme exemples du second, les Tasmaniens, les Négritos, les Celtes.

Les variations morphologiques du nez suivant les races portent sur plusieurs caractères, la plupart solidaires. La forme du dos ou de la ligne de profil du nez est aquiline chez les Sémites, droite chez les Kimris, concave chez les Celtes, busquée chez les Peaux-Rouges. Chacun de ces types présente, d'ailleurs, des variétés et des formes intermédiaires qui le relient aux types voisins. Le nez aquilin, par exemple, peut être tantôt mince, à arête très saillante, la pointe s'abaissant au-dessous du plan des narines, les ailes nettement détachées du lobule (type sémite ordinaire); tantôt arrondi, parfois large et aplati du dos qui décrit une courbe plus courte, gros et empâté de la pointe (type sémite grossier, certains Nègres, Papous et Australiens). Quand, sur le nez à dos concave, la portion supérieure ou osseuse est très peu oblique et presque verticale, et qu'en même temps le lobule, se développant surtout dans le sens transversal, ne forme pas de saillie notable en avant de cette dernière, on a le nez dit écrasé des Nègres et des Altaïques.

La forme générale du nez sur le vivant résulte du rapport de la largeur à la longueur de l'organe. La largeur est ta plus grande distance transversale comprise entre les deux ailes au niveau de leur insertion. La longueur se mesure verticalement de la racine du nez à l'extrémité postérieure

FORME DU NEZ. 38i

de la sous-cloison. V indice nasal céphalométrique exprime le rapport de ces deux dimensions. Une race est dite lepto^ rhiniennCj lorsqu'elle a le nez étroit par rapport à la longueur, c'est-à-dire lorsque l'indice nasal est faible ; elle est platyrhinienne^ lorsque le nez est, au contraire, élargi eu égard à sa longueur, c'est-à-dire lorsque l'indice nasal est grand; mésorhinienne ^ lorsque le nez présente une largeur relative moyenne et un indice intermédiaire. Les variations des moyennes de cet indice sont comprises entre un indice de 108,9 chez les Tasmaniens et un indice de 63 chez les Français Kimris (Topinard), soit un intervalle de 47 unités. Dans le groupe platyrhinien se rangent tous les Noirs, tant africains qu'océaniens (indice de 108.9 à 87,9). Toutes les races altaïques et américaines sont mésorhiniennes (indice de 81,4 à 69). Le groupe leptorhinien (indice de 69 à 63) ne compte que des races blanches. L'indice nasal sur le vivant est donc un caractère de première valeur, spécifique, pourrait-on dire, qui permet à lui seul de répartir les races presque à coup sûr entre les trois grands embranchements ou types primordiaux que nous avons reconnus dans l'humanité. Il est plus fidèle môme que l'indice nasal craniométrique, en ce qu'il range franchement les Eskimaux dans les races jaunes (indice : 70,3). Les caractères du nez sont, en effet, parmi les plus stables dans les races homogènes, et, s'ils se modifient sous l'influence des croisements, les types mixtes qui en résultent semblent tendre de préférence vers celui de l'une des races mères. C'est ce qui expliquerait l'indice nigritique (89,3), relevé par Topinard sur une série de Polynésiens. L'indice nasal céphalométrique n'est, d'ailleurs, pas comparable à l'indice nasal craniométrique; les mesures du premier sont toujours supérieures à celles du second, mais d'une quantité qui n'est pas constante. Aux trois types de la forme générale du nez, correspondent

^ PRÉCIS D^AlfTHROPOLOCIE.

des différences importâmes dans l.i conformation des ouvertures des narines. Lorsque le nez est étroit et allongé, Touverture de chaque narine est allongée, beaucoup plus développée d'avant en arrière que dans le sens transversal; lorsque le nez est large et court, cette ouverture est ditp élargie^ plus développée transversalement que d'avant en arrière; enfin, dans les nez moyens, elle est dite artùniie, parce que ses dimensions sont à peu près égales.

Si la largeur de la base du nez et des ouvertures des narines varie en raison inverse de la longueur de Torgane, la hauteur, c'est-à-dire le degré de sîiillie du nez, est en raison directe de sa longueur. Le nez des leptorhiniens est saillant; celui des races altaîques, des Nègres, des noirs océaniens, est aplati à des degrés divers, épaté, par suite de la dépression des os du nez et du défaut de consistance des cartilages, mous et comme affaissés.

Les narines, enfin, peuvent être cachées, ou visibles sur les côtés du nez par suite du relèvement des ailes. Cette dernière conformation s'observe chez les Bochimans et dans quelques types noirs inférieurs.

Les oreilles sont écartées (Kabyles, Mongols) ou appliquées. Leur indice (rapport centésimal de leur largeur à leur longueur) augmente en passant des races blanches aux races noires et de celles-ci aux singes.

Caractères anthropométriques, — En premier lieu se présente la tailhy ou hauteur du vertex au-dessus du sol.

Les variations de la taille movenne dans les races sont comprises entre une limite inférieure de 4",44 environ (Bochimans, Négritos) et une limite supérieure de 1",85 (Patagons de Moreno et Lister), ce qui place le centre des variations, la moyenne générale, à l",65. La sériation des groupes humains, par rapport à la taille, permet d'établir parmi eux quatre divisions, dont deux au-dessus et deux au-

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dessous de la moyenne générale, le module ou étendue de chaque division étant de cinq unités. A cette classification, due à Topinard*, répond la nomenclature suivante : !• hautes taillesy 4",70 et au-dessus; 2** tailles au-dessus de la moyenne^ de l'^yGO à l^^^ôS inclusivement; 3*" tailles au-dessous de la moyenne, de l^jGi à 1'",60 inclusivement; ^^ petites tailles^ au-dessous de l'",60. H ne s*agit ici que du sexe masculin. Pour la femme, il faut abaisser chaque degré plus ou moins. Le tableau qui suit présente lé groupement des races auquel conduit cette division :

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