‹ Précis d'anthropologieChapitre 158 sur 319 · SYST^.ME PILEUX · texte numérisé non relu

SYST^.ME PILEUX

lignes, roides et durs, comparables aux crins de la queue du cheval, ce sont ceux des races altaïques et américaines, des Eskimaux et des Lapons. La chevelure de ces races est plate en même temps que longue.

Les cheveux sont ondes, lorsqu'ils décrivent de longues courbes sinueuses (Européens) ; bouclés, lorsque au delà d'une certaine longueur ils se recourbent en formant des anneaux très souples, en général incomplets et assez larges (Européens, nombre de Polynésiens, Aïnos, Dravidiens). Dans ces deux types, les cheveux sont généralement fins et soyeux.

On appelle frisés, des cheveux qui forment dans toute leur longueur des anneaux plus petits (d'un centimètre de diamètre ou plus) et, en général, moins souples que ceux des cheveux bouclés (Australiens, Nubiens, mulâtres, Gafusosou métis d'Indiens et de Nègres).

Le nom de cheveux laineux donné par assimilation à la chevelure crépue des races nigrîtiques, bien que couramment employé, manque peut-être d'une précision suffisante. 11 existe, en effet, chez les animaux à toison laineuse, des laines de forme très variée. C'est à la laine dite vrillée des éleveurs de moutons, dans laquelle le poil s'enroule en spirales, que ressemble la chevelure typique du Nègre. Ces cheveux diffèrent de ceux des races lîssotriques par deux caractères : d'une part, ils décrivent des anneaux spiroïdes très petits (de 0",001 à 0",008 de diamètre), ce qui ne suffirait pas toujours pour les distinguer de certains cheveux fortement frisés; mais, de plus, ils s'enroulent et s'entortillent avec leurs voisins, de manière à former de pelites touffes crépues dont l'aspect rappelle celui de la laine. Comme les cheveux laineux sont en général assez courts, leurs touffes sont globuleuses et serrées les unes contre les autres en une toison continue (Nègres proprement dits,ém-

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cornes de Hseckel). La forme extrême des chevelures laineuses porte le nom de chevelure à grains de poivre (chevelure en buisson de Burchell) : elle s'observe chez les Hotlentots et les Bochimans. Les touffes, très petites, sont plus denses, plus étroitement enroulées que dans les chevelures laineuses ordinaires. Lorsque les cheveux ont une plus grande longueur, les touffes pendent en faisant des espèces de torsades dures qui ressemblent à de grosses franges (Tasmaniens). On appelle enfm chevelure en tête de vadrouille celle dont les cheveux longs et roides, quoique laineux et décrivant dans tout leur trajet des courbes rapides et très petites, se mêlent et s'intriquent avec leurs voisins sans former des touffes comme le font les cheveux laineux ordinaires, et constituent par leur ensemble une énorme masse globuleuse qui peut avoir plus de 0",30 de diamètre (Papous, Néo-Calédoniens, certains Cafres).

Les différentes sortes de chevelures que nous venons de passer en revue, très faciles à reconnaître dans leurs types arrêtés, sont toutefois presque impossibles à délimiter, le passage des unes aux autres se faisant insensiblement par une série de variétés intermédiaires. On peut aller ainsi du cheveu le plus droit au cheveu ondulé, puis au cheveu bouclé, frisé, et de celui-ci graduellement, l'enroulement s'accentuant de plus en plus, au cheveu tout à fait laineux. Il ne s*agit là, en somme, comme pour tous les autres caractères ethniques, que de moyennes, autour desquelles les oscillations peuvent être très étendues. Onde pour l'ordinaire, ie cheveu de l'Européen, par exemple, est dans certains cas réellement droit, d'autres fois bouclé ou frisé, parfois même presque laineux et décrivant dix et vingt tours de spire, chaque spire mesurant à peine sept ou huit millimètres.

L'étude de la forme du cheveu, sur des coupes transversales microscopiques, est venue ajouter aux faits précédents

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un résultat considérable, en mettant en lumière un nouveau caractère de race, et en rattachant, d'autre part, à leur véritable cause, les diversités d'aspect de la chevelure humaine. Complétant les recherches de Heusinger, de Weber, de Henle, de Brown, de Kôlliker, Priiner-Bey a montré que la coupe du cheveu présente, dans les grandes familles ethniques, une forme caractéristique^ : elliptique dans les races noires à cheveux laineux d'Afrique et d'Océanîe, elle est plus ou moins arrondie dans les races altaïques ainsi que chez les Polynésiens et les Américains, intermédiaire enfin, ovoïde, dans les races européennes et chez les Australiens. Plus le cheveu est aplati (coupe elliptique) et plus il s'enroule, plus il est arrondi et plus il devient lisse et raide. La frisure serrée des cheveux laineux est en rapport avec leur aplatissement transversal*; elle est le résultat d'une torsion qui s'effectue autour de l'axe du cheveu (Kôlliker). Celui-ci décrit une spirale, dont les tours obliques ont une longueur déterminée par la distance entre les deux points où le grand diamètre de la coupe transversale est parallèle à lui-même. Si cette distance est très petite, le cheveu décrit des courbes très courtes ; il est très enroulé sur lui-même et parait tout à fait laineux. Si la distance augmente, le cheveu devient moins laineux, puis crépu, enfin frisé seulement.

Les moyennes calculées par Topinard, d'après les mensurations de Priiner-Bey, confirment les divisions établies par ce dernier. L'ociirt des moyennes ethniques de Yindice du cheveu (rapport centésimal de la largeur à la longueur de la section transversale) est de 50 unités. Un premier groupe

1. Mém, de la Soc. d*Anthrop,, V* sér., t. II, p. 1 ; t. III, p. 77.

â. Ce serait, d'après certains observateurs, uniquement à la forme du ToHicule pileux, spiroïde (G. de Nathusius, Bull, de la Soc, d*Anthrop., 1868, p. 717) ou incurvée (Ch. Stewart, A. Stuart), que le cheveu devrait sa frisure.

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(indice de 90 à 77) ne comprend que des races al laïques et américaines. Dans un groupe moyen, figurent les Européens et les Australiens (74 à 62). Le dernier groupe (de 60 à 40) renferme les races noires à cheveux laineux.

L'implantation des cheveux sur le cuir chevelu a donné lieu à une erreur propagée par un grand nombre d'anthropologistes, et que Hseckel a consacrée par sa division des races nigriliques en éri cornes et lophocomes. Chez les prétendus lophocomes, cette implantation paraiiy en effet, se faire, non d'une manière uniforme dans toute Télendue du cuir chevelu, mais par touffes isolées, laissant entre elles des espaces libres, et que Ton a comparées aux pinceaux partiels d'une brosse. Chaque touffe, indépendante de ses voisines, forme un de ces petits pelotons dits grains de poivre. Cette implantation en pinceaux de brosse est portée à l'extrême chez les Hottentots et les Bochimans ; elle existe aussi chez les Papous, et on Ta observée à un moindre degré chez certains Nègres. 11 n'y a là qu'une apparence, qui est simplement l'effet du degré de pelotonnement des cheveux laineux. Tous les cheveux réunis en une même touffe convergent vers l'axe de la touffe, et cette convergence tend d'une part à rapprocher leur insertion, d'une autre part à établir des intervalles entre les touffes voisines. Cette disposition, qui mérite d'être signalée comme caractère descriptif, n'a aucunement la valeur d'un caractère anatomique ; car, lorsqu'on coupe les cheveux très près de la peau, on voit que l'implantation est uniforme et continue ^ et qu'il n'y a point d'espaces glabres entre les prétendus pinceaux.

Signalons encore l'insertion des cheveux autour du front. Se faisant ordinairement suivant un contour anguleux (insertion angulaire), elle est circulaire lorsqu'elle décrit un

t. Bull, dek Soc. etAfUhrop., 1878, p. 61, 94; 1880, p. ^9, 596,

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