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HOVEL\CQUE et G. HEAVÉ. — Anthropologie. 22
savoir la hauteur totale de la région cérébrale antérieure, est notablement plus grande chez TEuropéen que chez le Nègre.
Relativement à la hauteur totale de la tête (rapportée à la taille = 100), il y a, de très grandes différences dans les races : la proportion varie pour les hommes (la femme a, probablement, dans toutes les races, la tète plus haute que l'homme), de 13,0 chez les Français à 15,5 chez les Nicobariens. D'une manière générale, ce sont les races euro* péennes qui ont proportionnellement la tête la moins haute, les races altaîques qui Tont la plus haute. Les Nègres d'Afrique se rapprochent davantage par là des premières, les Nègres d'Océanie des secondes.
Pour ce qui est des proportions transversales du visage, les trois diamètres bi-orbitaire externe, bi-zygomatique et bi-goniaque (d'un angle de la mâchoire à l'autre), rapportés à la hauteur de la tète = 100, sont augmentés chez le Nègre (14 Nègres d'Afrique : 55,6, 65,8, 56,1) et surtout chez l'Altaïque (4 Chinois et Indo-Chinois : 60,9, 73,2, 62,8) comparés à l'Européen (4-2 Parisiens : 50,4-, 60,8, 47,8). Si Ton fait la différence du bi-orbitaire et du bi-goniaque au bi-zygomatique, on verra le contour du visage se rétrécir surtout par le bas chez l'Européen, surtout par le haut chez le Nègre, tandis que TAltaïque, par suite de l'énorme élargissement transversal de la région moyenne de la face, a le visage plus rétréci en haut que dans les deux autres types et moins large en bas relativement que le Nègre, quoique plus large que le blanc.
Signalons enfin la largeur de Yintervalle oculaire dans les races jaunes (Parisiens, 31,5; Nègres d'Afrique, 33,0; Kalmouks, 34,0; Annamites, 39,0; Mois, 40,0). Cette largeur du diamètre bi-caronculaire est un caractère fœtal, qui rapproche les races en question de l'enfant des autres races.
Viennent ensuite les mesures du tronc. A défaut de documents suffisamment nombreux et comparables, relatifs au vivant, nous empruntons à Topinard un tableau des rapports du tronc à la taille sur le squelette. La longueur du tronc est mesurée en projection verticale du sommet de l'apophyse épineuse de la septième verticale au sommet du sacrum.
PROPORTION DU TRONC A LA TAILLE a 100
108 Européens 33.81 19 Américains du Sud. . . 34.27
SBerbers 33.81 41 Nègres d'Afrique 31.90
8 Hindous 33. SO 4 Bochimans 33.63
2 Samoyèdes 34.06 13 Mélanésiens 32.02
3 Indo-Cbinois 34.00 6 Australiens 32. 18
14 Polynésiens 84.06
Ces rapports sont confirmés par les suivants, qui résultent de mensurations prises de la même façon, mais sur le vivant :
30 Belges (Quetelet) 34.5 14 Malais. 36.1
26 Chinois (Novara) 36.5 4 Fuégiens(ManouYrier).. 36.2
53 Nieobariens 36.4
Il est très manifeste, d'après ces chiffres, que les races altaïques, à côté desquelles il faut ranger les Polynésiens et les Américains, présentent le tronc relativement le plus long; que les Nègres (non compris les Bochimans) l'ont le plus court, et que les Noirs océaniens, qui l'ont plus long que les Nègres, l'ont toutefois plus court que les blancs. Malgré ces difTérences, la longueur du tronc varie dans des limites assez étroites pour qu'il soit permis de la substituer à la taille comme commune mesure, dans la détermination des proportions des autres parties du corps.
La comparaison du rapport des dimensions transversales du tronc à la taille tendrait à faire admettre que les races
noires ont le tronc plus large en haut (diamètres bi-acromial et bi-huméral) et plus étroit en bas (diamètres bi-iliaque et bi-trochantérien) que les races blanches. Sur 517 Iroquois, ces dimensions étaient plus grandes, haut et bas, que chez l'Européen. Dans les races altaîques, les hanches sont très rapprochées, tandis que les Européens les ont très écartées (Weisbach).
La grande envergure est la plus grande largeur qu'un homme puisse mesurer, en écartant horizontalement les deux bras et les deux mains, l'extrémité du doigt médius marquant la limite de chaque côté. C'est une mesure complexe, qui ajoute la partie supérieure de la poitrine à celle des membres supérieurs à partir de l'acromion. Elle donne toutefois une idée satisfaisante du développement de ces derniers. La grande envergure est tantôt égale à la taille, tantôt plus grande, tantôt plus petite. On a divisé d'après cela les races humaines en races aux bras longs, où la grande envergure l'emporte sur la taille, et en races aux bras courts où la relation est inverse. Suivent un certain nombre de moyennes de cette mesure rapportée à la taille = 100 :
Nègres (Gould) 108.1 Tatars (Beniengre) 105.5
Australiens (Cauvin) 104.9 Esthoniens (Grube) 107.4
Iroquois (Gould) 108.9 Lithuaniens (0. Wâber). . . 106.6
Omahas (HanouTrier) 102.1 Livoniens (Waldauer) 104.5
Galibis 104.6 Arabes (G.-Dhercourl) 101 .3
Fuégiens (Manouvrier). ... iOl .4 Sardes (id.) 99 .9
Eskimaux (Bordier) 96.0 Kabyles (Prengrueber) ... 101 . 5
Japonais (Ayrton) 99.2 Français (GoUignon) 104.4
Samojèdes (Lograff) 97 .4
Nous ne nous étendrons pas sur les proportions des membres en totalité et de leurs différents segments, renvoyant à ce que nous en avons dit à propos du squelette ^