‹ Précis d'anthropologieChapitre 177 sur 319 · Didionn, des Sciences anthrop,, p. 8i · texte numérisé non relu

Didionn, des Sciences anthrop,, p. 8i

tence de rhomme aux temps miocènes. Les arguments fournis à Tappui de cette assertion et que nous avons précédemment rapportés (p. 184), ont une incontestable valeur.

Depuis l'époque du calcaire de Beauce la faune mammalogique a changé un certain nombre de fois, et il est inadmissible que rhomme seul soit resté invariable. Cette déduction est, à notre sens, parfaitement légitime. A ce précurseur de rhomme, G. de Mortillet a donné le nom d'anthropopithèque.

Avec les temps quaternaires, nous sommes en présence, non seulement des produits incontestés de Tart humain, mais encore de l'homme lui-même. La période caractérisée par la simple taille de la pierre (on ne sait pas encore la polir) a été divisée par Fauteur que nous suivons en quatre époques, et chacune de ces époques a reçu son nom d'une des principales stations qui lui appartiennent. La plus ancienne époque est dite c chelléenne > (Chelles, en Seine-et- Marne) ; la seconde est dite c moustérienne > (Le Moustier, en Dordogne) ; la troisième est dite c solutréenne > (Solutré, en Saône-et-Loire) ; la quatrième enfin, celle qui précède immédiatement l'époque caractérisée par l'industrie du polissage de la pierre, est dite < magdalénienne > (La Madeleine, en Dordogne). Cette division, fondée sur la nature de l'industrie humaine aux diverses époques, est en même temps chronologique et répond au développement successif des âges : plusieurs stations, notamment dans le bassin de la Charente et dans celui de la Dordogne, ont montré d'une façon indéniable la superposition des époques, le moustérien supportant le solutréen, celui-ci supportant le magdalénien. Nous allons suivre les débris humains à travers ces différentes époques.

Époque chelléenne. — L'industrie donne ici un instrument affectant, d'une façon générale, la forme d'une amande : le bas est arrondi, le haut se termine en pointe. Le plus

PRemSTORlQUE. UT

commaaémeat cet instrument est ea silex, parfois en grès compact ou en calcaire siliceux. La taiUe est faite à grands éclats et sur les deux côtés ; le pourtour est rendu tranchant ou est crénelé. Certains échantillons ont plus de 35 centiraèti'es de hauteur, plus de 12 centimètres de largeur, mais cela est exceptionnel; les dimensions moyennes semblent

être moindres de moitié. On empoignait ces instruments, on ne les emmanchait point. Les nombreuses stations chelléennes ont fourni des ossements d'elephas antiquus, de rhinocéros (R. Merckii), d'hippopotame, ceux de nombreux carnassiers (grands félins, grand ours des cavernes) et de ruminants (chevreuil, etc).

Les débris humains sont peu nombreux, mais leurs formes

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sont caractéristiques. C'est d'abord le maxillaire inférieur du trou de la Naulette (près Dinant, en Belgique). Cette mâchoire est certainement humaine, mais elle porte des caractères simiens très remarquables. Comme chez les singes, la branche horizontale est fuyante et a une épaisseur considérable; Talvéole de la dent canine témoigne de la force que devait avoir cette dent; le volume des grosses molaires croît d'avant en arrière *.

C'est ensuite une calotte crânienne trouvée, avec d'autres os, en 1857, dans une caverne de la vallée du Néander (entre Dùsseldorf et Elberfeld, Prusse rhénane), et connue sous le nom de crâne du Néandcrthal. Schaaffhausen*, Fuhirotl, signalèrent les caractères remarquables de cette pièce; Broca établit définitivement qu'elle était normale et n'avait, à rencontre de ce que quelques-uns prétendaient, rien de pathologique ^ Le caractère qui frappe tout d'abord est l'aplatissement et l'allongement d'avant en arrière de la voûte : l'indice de largeur est de 72 (diamètre antéro-postérieur, 200; transverse, 144). En avant les sutures sont fermées, ou à peu près; en arrière, au contraire, elles sont plus ou moins libres : il y a là un caractère d'infériorité. Les arcs sourciliers sont énormes, les sinus frontaux extraordinairemenl développés. L'os frontal est plat et fuyant, les bosses sont à peine indiquées. La partie postérieure des pariétaux est aplatie, avec des bosses peu saillantes. En ce qui concerne l'occipital, il faut signaler une projection considérable. On appelle néanderthaloides les crânes qui se rapprochent plus ou moins, par leurs différents caractères, de cette pièce si intéressante, et on donne le nom de race du Néanderlhal à

1. Broea, Congrès internat. d*Anthrop, et itArchéol, préhiet. de Parist

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