VI AVERTISSEMENT
Cette extension remarquable d'une science qui n'avait été longtemps qu'une simple annexe de la zoologie, devait forcément entraîner une division du travail. Les recherches se sont spécialisées, à mesure que s'est élargi le champ qu'elles embrassaient. Des branches distinctes se sont constituées au sein de l'anthropologie. Nul ne saurait à cette heure se flatter de les posséder toutes avec une égale compétence. Il serait plus illusoire encore de prétendre les réunir en un livre compleL
Mais la diversité des études anthropologiques ne doit pas en faire méconnaître l'unité. Cette unité existe ; il importe de la mettre en lumière. Si nombreuses, en effet, que soient les voies qu'ofl*re l'anthropologie, toutes partent d'un même point. C'est ce point de départ commun qu'il faut garder en vue, sous peine de verser en chemin dans l'erreur métaphysique. L'homme considéré, non plus en soi, d'une façon abstraite, mais dans ses rapports avec le reste des êtres et comme membre d'un groupe zoologique; les variétés naturelles de ce groupe, c'est-à-dire les races : telles sont les données premières que suppose toute recherche scientifique relative aux phénomènes humains.
Ces matières fondamentales ont été l'objet d'un grand nombre de travaux spéciaux; il n'existe, par contre, que fort peu d'ouvrages où l'on en puisse trouver les éléments. C'est là, dans la littérature anthropologique, une lacune qui se fait vivement sentir. Nous espérons que ce Précis pourra contribuer à la combler.
AVERTISSEMENT Yil
Nous nous sommes volontairement bornés aux points essentiels; on ne s'étonnera donc pas de certaines omissions. Nous avons écarté, par exemple, tout ce qui a trait à l'homme en tant qu'individu. C'est au côté comparatif de son histoire naturelle que nous nous sommes surtout attachés, soit que nous ayons mis l'homme en parallèle avec les autres animaux, soit que nous ayons confronté les diverses races humaines. Nous n'avons pas cru devoir, en conséquence, surcharger une matière déjà très étendue de notions d'anatomie anthropographique, qu'il est facile de trouver ailleurs. Pour le même motif, nous n'avons pas traité les questions d'anthropologie générale relatives à l'influence de l'âge, du sexe, des milieux, etc. sur l'organisme de l'homme ; ou, du moins, nous n'en avons parlé qu'autant qu'elles fournissent des données à la comparaison des races, ou qu'elles concourent à en éclairer les origines.
Nous avons enfin écarté de parti pris les discussions de méthodes, la description des procédés et celle des instruments de mensuration. C'est au laboratoire qu'il convient d'aller chercher cet enseignement technique; on ne peut le demander à un ouvrage qui doit viser surtout à faire connaître des résultais.
Ainsi limité, le champ était encore suffisamment vaste.
V anthropologie zoologique^ c'est-à-dire la comparaison de l'homme avec les groupes animaux voisins, afin de déterminer sa place dans la série; la discussion des hypothèses que soulèvent ses origines, ainsi que de la