DIVISION DE L'ORDRE DES PRIMATES
EN DBOX GROUPES (BROGà)
Ganctèm.
Familles.
Bipèdes parfaits; poils rudimentaires; dents \ HOMINIENS.
Bipèdes plus ou moins
parfaits: paume de la , „. .^ . .
. ,, / Blpèdeslmpa^falts;sapmaln ne senrantpasàla ( '^ . . , . /
marche ; point de queue ; 32 dents.
puient sur le dos des
doigts et de la main; S ANTHROPOÏDES.
grandes canines ;dias- \
tème.
SI i
g } Quadrupèdes; i une queue.
32 dents.
36 dents.
Queue non prenante; callosités fessières ; abajoues; catarrhi nions... .
Queue prenante; point de callosités ni d'abajoues; platyrrhiniens
PITHÉCIENS.
CÉBIENS.
Une remarque vient ici naturellement : elle a trait à l'absolue légitimité de cette classification qui range l'homme à côté des singes, dans le même ordre zoologique. Nous avons dit, en effet, que tous les naturalistes s'accordent à reconnaître qu'entre les singes les ressemblances sont assez grandes, [pour motiver la constitution dans la classe des mammifères d'un ordre spécial, réservé à ces animaux. Si donc il est exact, comme nous le montrerons, que les caractères différentiels existant entre les diverses familles simiennes sont plus tranchés et plus importants que ceux qui existent entre l'homme, d'une part, et l'ensemble des singes, d'autre part, il s'ensuit de toute nécessité que l'homme fait partie du même ordre que ceux-ci; ou, s'il n'en était pas ainsi, si le genre Homme ne faisait pas partie de cet ordre, et s'il était reconnu qu'il forme un ordre à pari, c'est
96 l>RÊCIS D*AKTHROPOLOGIE.
qu'alors les singes devraient, eux aussi, à bien plus juste titre, être divisés en plusieurs ordres, séparés les uns des autres par des différences d'une valeur supérieure à celles qui ont motivé leur séparation d'avec Thomme.
Nous reconnaissons, en résumé, qu'entre l'homme et ses voisins immédiats, il n'existe que des différences familiales. Nous pouvons ajouter que, dans aucun autre ordre de mammifères, ces différences ne sont, d'une famille à l'autre, plus lentement et plus graduellement ménagées. On s'est acharné, dans l'espèce, à les faire ressortir et jusqu'au! plus minimes, en y attachant une importance qu'on ne leur eût jamais donnée si elles avaient été relevées entre deux mammifères quelconques. Peine bien inutile, car il n'est venu à la pensée de personne de les nier. Des différences existent entre l'homme et les singes, et comment en serait-il autrement, quand il en existe entre les hommes eux-mêmes, entre les singes et entre tous les animaux, aussi voisins qu'ils soient. Ce qui pourrait bien plutôt étonner, c'est qu'il n'y en eût pas; car, alors, l'homme ne serait plus un homme, mais un singe. On voudra bien reconnaître que les plus hardis transformistes ne sont pas allés jusque-là. Mais le véritable point de vue est ailleurs. Quelle est la valeur des différences en question ? C'est ici qu'intervient l'anatomie, qui analyse les caractères et permet de les considérer un à un, isolément les uns des autres. Comparant ce qu'ils sont chez les différents Primates, elle en suit pas à pas les modifications et les transformations, et, ce faisant, elle met en lumière les transitions qui existent entre eux. Tel doit être actuellement notre objectif.
Ici nous rencontrons les deux méthodes* qui, dès le début des études d'anatomie comparée, s'offrirent à celte science, et qui, partant de vues tout opposées, répondaient chacune à une certaine idée philosophique touchant les rapports des
êtres entre eux : Tune est la méthode analogique; l'autre, la méthode différentielle. À peu près dans le même temps où Colter publiait son Analogia ossium humanorumj simiœ, et verœ et caudatœ, etc. (1573), Eustache représentait déjà côte à côte la tête du singe et le crâne humain S visant à en faire ressortir les différences (1579). L'anthropologie, quand elle se constitua à la fin du siècle dernier, emprunta à Tanatomie cette double méthode. Yicq d'Azyr a été parmi nous le chef de la première école, celle qui s'attache surtout à la recherche des analogies. Camper, Blumenbach, Cuvier et ses élèves ont été les sectateurs presque -exclusifs de la seconde, aux yeux de laquelle les analogies s'effacent devant les différences.
Les caractères morphologiques et fonctionnels, mis surtout en avant par les naturalistes du siècle dernier et du commencement de celui-ci, n'ayant point paru suffisants pour séparer avec assez d'efficacité l'homme des animaux, oa recourut alors à l'étude de la structure. Ici également, le débat peut être considéré aujourd'hui comme terminé. Il a abouti à la victoire complète des partisans de Vanimalité de l'être humain. Aucun des arguments fournis par leurs adversaires n'a pu tenir, soit devant une observation précise, soit devant une interprétation exacte des faits. C'est ce que nous pensons pouvoir établir. Sans donner ici la préférence à l'une des deux méthodes dont il a été parlé ci-dessus, mais nous attachant en même temps à toutes les deux, notant au passage les différences aussi bien que les analogies, pour, finalement, faire le compte des unes et des autres et les mettre en balance, nous montrerons que ceux qui, reconnaissant avec Gratiolet, avec Priîner-fiey, que des similitudes organiques existent entre l'homme et les animaux, ont néan-