MiitheU. der anibrop. GeteUseh. in Wien, t. IX, p
iS8 PRÉCIS D*AKTHR0P0L0G1K.
s'attachent à la jambe des poils de queue de bœuf. LéBS cases ressemblent généralement à une inche, haute de S mètres» ayant une ouverture basse ; souvent elles sont rangées en cercle les unes à côté des autres et entourées d'une enceinte où se retirent les bestiaux durant la nuit. Pour beaucoup, le lait et les végétaux forment le fond de l'alimentation; mais en cas de disette aucune nourriture n'est rebutée. La viande n'entre dans l'alimentation que d'une façon exceptionnelle, particulièrement aux jours de fête. Un grand nombre de fiantous ne font quotidiennement qu'un repas, vers le soir. Beaucoup sont anthropophages, et le cannibalisme chez eux revêt la forme guerrière : on mange par esprit de vengeance la chair de l'ennemi abattu ; on consomme telles ou telles parties de son corps pour bénéficier des qualités attribuées à ces parties. Parfois on a constaté chez les Zoulous des cas d'anthropophagie par gourmandise (Gardiner). Les peuples bantous connaissent et pratiquent l'agriculture, mais tous leurs goftts sont pour la vie chasseresse et pastorale. Entre tous, les meilleui*s agriculteurs sont les Bétchouanas. La plupart des Noirs sous-équatoriaux sont pasteurs et la richesse se mesure chez eux au nombre des têtes de bétail. Par contre, très peu connaissent la navigation, même sur les rivières. Le mariage est basé sur l'achat pur et simple de la femme ; l'homme qui prend femme acquiert en même temps sur elle un droit absolu de propriété et nul n*a à connaître des abus auxquels il lui plaît de se livrer. Tous les Bantous sont polygames et il n'apparaît point que les femmes voient d'un mauvais œil l'arrivée de nouvelles compagnes, qui, en fait, doivent partager leurs labeurs et les soulager d'autant. En eflTet, tous les travaux, sauf les soins du bétail, sont laissés à la femme cafre ; c'est elle qui construit les huttes, qui travaille la terre, lot généralement réservé à des esclaves dans l'Afrique sus-équatoriale. L'esclavage est inconnu à un très
BART0U8. 4tS
grand nombre de peuples bantous. Le père a sur ses enfants, comme sur ses femmes, un pouvoir absolu. Pour l'ordinaire, l'organisation sociale est essentiellement militaire ; le Gafre est un soldat fanatique. Il combat avec la lance, la sagaie, la massue ; l'arc lui est inconnu ; il se protège avec un long bouclier. Tous les Bantous sont fétichistes, craignent des puissances inconnues, mais n'ont aucune idée de la distinction d'un surnaturel et d'un naturel. En ce sens on peut dire qu'ils n'ont aucune religion ; ils ne pratiquent d'ailleurs aucun culte. Ils ne peuvent comprendre que comme un être émineounrat malfaisant la divinité que leur prêchent les missionnaires ^ Ils sont animistes, croient à la survivance des morts sous quelque autre forme, parfois sous celle d'un animal. Dans quelques régions on incinère les cadavres; le
plus souvent on les enterre et parfois on immole sur la fosse quelque bétail *. Chez un très grand nombre de Bantous la circoncision est pratiquée, aussi bien au nord-ouest dans le Loango qu'au sud-est chez les Zoulous, et dans beaucoup de contrées les garçons et les filles ont à subir, à l'époque de la puberté, une espèce d'initiation.
Le Gafre est pasteur et guerrier, sans aversion pour Tagricullure, ami de l'indépendance ; il possède un certain sentiment de la justice et de l'équité, est généralement moins crédule que le noir sus-équatorial, et, somme toute, occupe dans l'échelle des races un degré plus élevé que ce dernier.
8 11. — Les nuses rouges de TAMque centrale.
D'après Fr. MiUler, les populations à peau rougefttre et i cheveux lisses, qui sont disséminées aujourd'hui parmi les Nègres de l'Afrique centrale, auraient occupé jadis le nord
1. Letourneau, Science et Matérialisme^ p. 375, 381. î* Bie Rietns, Retme (PÂntkrop., 1884, p. 105.
du continent, ia c6te méditerranéenne, et auraient été poussées vers le sud-est, vers la région du Haut-Nil, le Kordofan^ le Darfour, par Timmigration des Khamites en Afrique. Les Peuls^ les Noubas^ seraient une race méditerranéenne, comme l'indiqueraient les traits généraux de leur physionomie, leurs cheveux, toute leur apparence corporelle. Quoi qu'il en soit de cette supposition, il est certain que, historiquement, les rouges de l'ouest, les Peuls, viennent de l'est, de la région où se trouvent plus ou moins groupés les rouges de l'est, les Noubas. (Ce dernier nom est donné également aux vrais noirs du Kordofan ; il y aurait lieu de s'entendre déûnitivement sur ce point de terminologie.)
Ces Noubas sont divisés en un assez grand nombre de populations, dont les unes ont conservé assez fidèlement l'ancien type, dont les autres se sont mélangées avec les Nègres et ont donné naissance à des négroïdes.
Les J?ara&ra$ habitent les deux rives duNil, entrelapremière et la seconde cataracte (depuis Assouan au nord jusqu'à iS"" de latitude au sud) ; à l'est ils confinent à des Bédjas (Khamites), à l'ouest ils ont pour voisins des Arabes nomades. Ils sont de taille moyenne, ont la peau d'un brun rougeâtre, les cheveux lisses et disposés à friser, le nez droit et bien fait, Toeil noir et grand. Le crftne est allongé, 73.7; il est élevé (indice de hauteur-largeur, 103) ; l'indice nasal (55) dénonce ceriainement une influence nigritique. Les Barabras sont d'un bon naturel, laborieux, modérés, mais fort disposés à la religiosité, très peu industrieux. Ils sont polygames. Chaque village a son chef. Les hommes ont la tète rasée, sauf une touffe laissée au sommet et que l'on oint, comme la coiffure des femmes, d'huile de ricin. La nourriture est presque entièrement végétale; l'élevage du bétail est à peu près nul. Les Barabras, qui ont été chrétiens, sont aujourd'hui islamites.
NOUBAS. 4S5
Les Foundjis habitent plus au sud, dans le Sennaar, par IS^" et 13"" de latitude, sur les rives du Nil bleu. Ils sont presque tous métissés de sang nègre, mais ce ne sont point des nègres métissés de sang nouba. La peau est de couleur bronzée (Brun-Rollet), parfois d'un jaune brun foncé ; les cheveux ne sont pas crépus (Russegger) ; le nez est droit, parfois recourbé, le front haut, la mâchoire petite; les lèvres ne sont pas boursouflées. La taille est au moins moyenne. Le crâne est allongé, 71.8. La physionomie est douce et grave. Une longue pièce d'étoffe disposée autour des reins forme le costume ordinaire. Us ont comme arme de jet ou de main une c koulbeda i, lourd instrument de fer, recourbé, à forme variée, muni de pointes. Aux Foundjis se rattachent intimement leurs voisins les Hamedjs.
Un peu plus au sud sont lesBertas^ en contact avecdes Nègres et avec les Gallas. Ils sont plus métissés encore que leurs voisins septentrionaux. Us n'ont généralement, en fait de costume, qu'une peau attachée par derrière et qui leur permet de s'asseoir moins à la dure. Les femmes portent un petit morceau de toile, grand comme la moitié de la main, maintenu par deux cordons sur les hanches et par un troisième entre les jambes (Trémaux). Elles aliment à se peindre la figure, à s'introduire divers objets dans la lèvre. Les Bertas élèvent des troupeaux, cultivent le sorgho.
Du pays des Bertas en gagnant vers le sud-ouest (à travers le territoire des noirs Dinkas) la région des Niamniams à peau rougeâtre, on rencontre des populations tellement métissées qu'on ne saurait les classer. De ce nombre sont les UiUouSy dont les cheveux sont crépus, la physionomie toute nigritique, mais dont la peau est de couleur rougeâtre (Schweinfurth), de couleur cuivre rouge foncé. Les Mittoùs se distinguent entre tous par l'introduction d'énormes corps étrangers dans leurs lèvres. Les hommes se couvrent les
426 PRECIS D*ANTHROPOLOGIK.
reins d'un petit morceau de cuir suspendu à la ceinture, les femmes se vêtent d'un simple bouquet de feuilles ou d'herbes. En fait, les Mittous peuvent être regardés comme des noirs métissés de sang nouba et nous nMnsistons pas à leur sujet. Les BongoSy leurs voisins du nord-ouest, ont également les traits nigritiques, mais la peau est rougeàtre, moins sombre parfois que celle des Mittous.
A l'ouest, chez les GoloSy et davantage chez les SehriSj le type nouba parait moins métissé. A ceux-ci confinent, toujours en allant vers l'ouest, les Krédis ou FeriiU. Leur peau est d'un rouge peu foncé ; leur tète n'est pas allongée.
Les Niamniams occupent le pays au sud des Fertits. Euxmêmes s'appellent « Sandés ». Leur chevelure est abondante longue et crépue (Schweinfurth) ; les lèvres sont épaisses ; la physionomie trahit fréquemment le mélange avec des Nègres, mais la peau est rougeàtre, d'un rouge terreux, nullement noire. Us se tatouent les bras, la poitrine; ont «ur le front, les tempes, les joues, comme signes de leur nationalité, des carrés remplis de points. Nulle part l'art capillaire ne semble plus cultivé, du moins chez les hommes. Pour l'ordinaire, le vêtement se compose d'une peau attachée autour des reins et dont la queue pend par derrière; parfois on porte un simple corsage en écorce. Gomme armes, la lance, la koulbéda, un bouclier allongé, peint, fort léger. Point de villages, mais de petites agglomérations d'une demi-douzaines de huttes. Le comble de la jouissance pour le Niamniam est de manger de la viande ; il est cannibale par goût, consomme les ennemis capturés, mange même les malheureux morts de misère et d'inanition. L'homme chasse, travaille le bois, le fer ; on connaît la poterie ; la femme cultive la terre. Les morts sont tatoués, parés, ensevelis.
Au sud-est des Niamniams sont les MomboutUms. Geux-ci ont la peau t nuance de café en poudre » (Schweinfurth), la
NQUBAS. W
barbe mieux fourme que les Niamniams ; leur nez esl long et courbé, la fajce n'a rien de nigritique. Intelligents, industrieux, ils sont arrivés à un degré de civilisation assez élevé. Ils ignorent presque entièrement, toutefois, Tart du tissage et n'ont que des vêtements d'écorce ; les femmes vont nues ou à peu près et se peignent le corps de dessins noirs, se ta* touent ; elles ont des mœurs d'une extrême liberté. Elles vaquent aux soins du ménage et de la culture ; les hommes guerroient, chassent ou se reposent. L'élève du bétail est inconnu. Nul peuple ne pratique l'anthropophagie sur une plus large échelle que les Mombouttous. Us consomment particulièrement les prisonniers faits sur les peuples noirs qui les avoisinent au sud ; on tue les captifs au moment où le besoin d'alimentation se fait sentir. Les hommes sont circoncis. Ils ont pour armes la lance et l'arc, sont d'habiles forgerons ; leurs ornements sont en cuivre. Ils sont fétichistes et croient aux augures.
Plus au sud-est, dans la région de l'équateur et à l'orient du Victoria Nyanza, habitent les WakouafiSj ou Kouafis, Cette population, très peu civilisée, en est à la vie patriarcale et pastorale, ignore l's^iculture ; les villages, que d'ailleurs on abandonne aisément, sont entourés de palissades. Gomme armes, les Wakouafis ont Tépée et un long bouclier. Ils sont polygames, achètent leurs femmes moyennant un certain nombre de bœufs. Ils se nourrissent du lait et de la viande de leurs troupeaux. Les garçons sont circoncis.
Immédiatement au sud des précédents sont les MasaiSj entourés d'autre part par des noirs bantous. Pas plus que les Wakouafis ils n'ont les cheveux crépus et leur teint n'est pas davantage nigritique.
Nous arrivons à présent aux peuples rougeâtres de l'ouest. Les uns, les Peuls, sont au nord de l'équateur; les autres, les Fans, sont dans la région équatoriale même.
i28 PRÉCIS D*AintIROPOLOGIE.
Ces derniers, les Fans, ou Pahouins, pressent vers l'ouest les Gabonais et ont été souvent confondus avec eux. Cest une erreur complète. Les Fans ne sont point Nègres : ils n'ont du Nègre ni la chevelure crépue, ni le nez épaté, ni les lèvres énormes, ni la peau noire. Leur teint, dit Burton, est relativement clair, semblable à celui des Niamniams (Schweinfurth). Les membres inférieurs sont mieui développés que ceux des noirs (Marche). Les Crania ethnica donnent pour le crâne fan les moyennes suivantes : indice de largeur, 74.7 ; de hauteur-largeur, 97; orbitaire, 87.1 ; nasal, 56.5. Ils vont nus, recouverts parfois d'un vêtement d'écorce ou d'une peau. Les dents sont limées en pointe, le corps est peint en rouge ; les cheveux tombent en tresses sur les épaules. Les femmes se vêlent d'un pagne d'écorce, ou d'un lambeau de feuille de bananier (Touchard). Us recueillent le fer, le fondent, fabriquent eux-mêmes leurs armes. C'est un peuple de chasseurs et de guerriers ; ils sont anthropophages, et fort redoutés des noirs gabonais qu'ils pressent de plus en plus sur la côte. Ils viennent de Test, de la région située au nord des grands lacs, du pays des Niamniams et des Monbouttous, et ont ainsi traversé la contrée encore inexplorée qui s'étend au nord du cours moyen du Congo.
Les Petds (ou Pouls, ou Foulas, ou Fellatas, ou Fellanis) sont disséminés, dans l'Afrique sus-équatoriale, depuis le Darfour à l'est, jusqu'à la Sénégambie; c'est dire qu'on les rencontre dans toute la largeur du territoire nigritique central. Au nord, on trouve des Peuls jusqu'au Sahara et au domaine des Touaregs ; au sud, on en rencontre jusqu'au pays des Yorubans. C'est dans le Foutatoro, le Bondou, le Fouta-Djalon qu'ils sont le plus a^lomérés. Immédiatement au sud de Tombouctou ils forment la population dominante. Dans cette immense aire géographique» ils se sont soavent
PEULS. it9
mélangés aux Nègres et ont donné naissance à de nombreux métis S tantôt plus ou moins rougeâtres, tantôt plus ou moins noirs. Les Toucouleurs, métis de noirs et de Peuls, ont conservé la langue ancienne du pays (Boilat), ont en partie des traits peulSy mais leurs cheveux sont crépus, leurs lèvres épaisses. Selon les uns ils viennent du nord; selon d'autres du nord-est ; selon d'autres encore, partis de Test, de la région située au nord des Niamniams et à l'ouest des Noubas proprement dits, ils ont parcouru en conquérants le territoire nigritique, et, fanatiques musulmans, y ont apporté leur religion. Ils construisent rarement des villages fixes, sont pasteurs, nomades, guerriers, çà et là bons agriculteurs et industriels; ils se divisent en castes*. Ils sont sobres, actifs, point passionnés comme les Nègres pour la danse et la musique. Le lait est le fond de leur alimentation. Ils ont pour armes l'arc, le pieu, le fusil. Leurs prisonniers de guerre sont assez bien traités; ils les mettent aux travaux des champs, et les laissent parfois travailler pour eux-mêmes. Les liens de la famille, chez les Peuls, sont assez étroits. Leur peau est d'un jaune ou d'un brun rougeâtre (de la nuance de la rhubarbe ou même plus pâle, dit Tautain) ; la taille est svelte, élancée, haute ou moyenne, les formes élégantes (Galliéni) ; les extrémités sont fines. Les cheveux sont noirs, lisses, longs, parfois soyeux; le système pileux est plus développé que chez les Nègres. Le visage est ovale, allongé (Matthews), le nez droit, saillant, quelquefois recourbé, la bouche fine et non projetée; le front est assez haut ; l'ensemble des traits est européen (Hecquard, Thompson).
1. Tautain, Revue (TEthnogr.^i, IV, p. 254. 1 Ibid., p. 26!2.
410 PRÉCIS D'AirrUROPOLOGIE.
§ \t, — lies peuples onralo-altalques.
Cette dénomination purement géographique est de beaucoup préférable à celles de peuples altaîques, peuples touraniens^ peuples de la haute Asie, peuples mongoliques. Âltaïque ne dit point assez, car, parmi les peuples dont il s'agit, il en est qui occupent le versant occidental de l'Oural ; touranien est vide de sens, souvent employé sans critique en opposition à japhétique ou caucasique et à sémitique, autres expressions très vicieuses ; mongolique suppose que tous les Ouralo-Altaîques trouvent leur type chez les Mongols proprement dits, ce qui est erroné : les Mongols, par exemple, diffèrent autant des Tatars, dit Pallas, que les Nègres diffi^ rent des Maures.
Mandchous. — Us occupent le nord de l'empire chinois, et de nomades sont devenus sédentaires, tout en restant chamanistes. C'est une population énergique, mais qui a grandement subi l'influence chinoise, non pas en tout pourtant : ainsi les femmes mandchoues n'ont point les pieds mutilés ; les morts sont brûlés et les cendres sont enfermées dans des sacs que Ton suspend aux arbres. Les Mandchous sont plus vigoureux el de taille plus haute que la plupart des Chinois. Taille moyenne, 1"',69, d'après Ujfalvy. Capacité crânienne (hommes) 1535 centimètres cubes. Indice céphalique de largeur, 79.2 (brachycéphalie plus accusée selon d'autres) ; de hauteur, 95.1. Indice nasal, 51.9. Les Mandchous sont aujourd'hui fort métissés par le contact avec leurs voisins du sud, et ils sont souvent difQciles à reconnaître d'avec les Chinois. Il est très vraisemblable que l'indice de mésalicéphalie ci-dessus donné, d'après A . de Quatrefages et Hamy, est dû à l'influence chinoise, et que les anciens Mandchous étaient sous-brachycéphales, comme
ALTAIOCES. 4SI
leurs parents les Tongouses. La plupart des Mandchous sont chasseurs» pasteurs, agriculteurs; peu d'entre eux s'adonnent à l'industrie ou au commerce. Leur langue recule peu à peu devant celle des Chinois.
Les Lâmoutes, ou Tongouses maritimes» doivent être rangés avec les Mandchous ou avec les Tongouses. Us sont nomades» domestiquent le renne. Les pommettes sont saillantes comme celle des Tongouses, le nez est très petit.
Tongouses. — Habitent en Sibérie, au nord des Mand ebous, leurs parents, et des Bouriates. G'e^t un peuple de chasseurs, fort indépendant de caractère, vif, gai, sobre» intelligent, hospitalier. Très peu d'entre eux s'adonnent à l'agriculture. Ils sont vêtus de courts et étroits vêtements de peau de renne, ouverts sur la poitrine pour laisser voir des objets de parure. Leur religion est le chamanisme. Ils vivent du renne et avec le renne. Le front est carré, la face arrondie, l'œil bridé. Le type originel est beaucoup mieux conservé que chez les Mandchous, leurs frères du sud. Mesures crâniennes {Crania ethnica) : capacité (hommes), 1460 centimètres cubes; indice de largeur, 80; de hauteur-largeur^ 85.8. Indice orbitaire, 87.1 ; nasal, 49. Bogdanov donne conune indice de largeur 78, Ten Kate 81.1.
Les Goldes, pêcheurs des bords de la rivière Zoungari, peuple timide et qui a reçu l'influence chinoise, sont des Tongouses. Ceux-ci se divisent d'ailleurs en un certain nombre de peuplades, Orotches^ Manègres, Mangounes ytic. Ueur semble de ces populations ne donne pas un nombre d'individus supérieur à 4 ou 5000.
BouRUTES. — Les Bouriates appartiennent à la branche mongolique. Us habitent la Sibérie méridionale, au sud des Tongouses, au nord des Mongols, entourant (sauf au nord) le lac Baïkal. Mesures crâniennes (hommes) : capacité, 1605 centimètres cubes; indice de largeur, 85.8 (d'après
Bogdanov 81.1» d'après Ten Kate 83.1); indice de hautenr, 86.1. Indice orbitaire, 89.7; nasal, 50.9. Les femmes semblent être encore plus brachycéphales. Dans la famille mongolique, la tête est beaucoup plus arrondie que dans la famille tongouse. La figure est large, les pommettes sont saillantes, Tœil est petit, le nez camus. Les fiouriates du nord sont restés chamanistes, plus sauvages que ceux du sud qui o'nt accepté le lamaïsme. Ils sont surtout pasteurs; un certain nombre sont devenus agriculteurs et passent pour laborieux. Leur caractère est brutal, grossier, tranche tout à fait avec celui des Tongouses. Ils s'habillent à la mode chinoise.
Mongols. — Au sud des Bouriates, à l'ouest des Mandchous, à l'est des Kalmouks. Ils se divisent en Khalkas, au nord du désert de Gobi, en Charas, vers le Tibet. Taille moyenne ou un peu au-dessous de la moyenne, peau jaunâtre plus ou moins foncée, cheveux noirs et raides, barbe peu fournie, œil bridé, figure large et plate, oreilles écartées, pommettes saillantes. Mesures crâniennes (hommes) : capacité, 1620 centimètres cubes; indice de largeur, 85.7; de hauteur, 88.7. Indice orbitaire, 92; nasal, 47.3. Les pariétaux sont très courts, les écailles temporales voussurées : le crâne mongol est large et plat (brachyplatycéphalie, CrO' nia ethnica).
Le Mongol est guerrier, nomade, pasteur; il est d'ailleurs extrêmement sale, paresseux, laissant aux femmes tous les travaux. Peu de Mongols se livrent à l'agriculture. L'influence chinoise a pénétré en Mongolie, mais elle y gagne moins rapidement qu'elle ne le fait en Mandchourie. Les Mongols sont fort religieux, largement exploités par les lamas, mais n'ont pas enlièrement répudié leurs vieilles pratiques chamanistes. Us se nourrissent du lait et de la viande de leurs bestiaux. Les cadavres sont enterrés, brûlés ou abandonnés. Le mariage se fait avec simulation de rapt.
ALTAIQUES. 433-
Kalmouks. — Ce sont les Mongols occidentaux. A Test, ils avoisinent les Mongols proprement dits, au nord les Tatars, àrouestles Kirghizes. Le véritable nomkalmouk est « œlœt ». Taille moyenne de i",63 (Metchnikov) pour les hommes, de i^jôO pour les femmes. Grande force musculaire. Peau légèrement jaunâtre, couleur de cuir jaune clair (Deniker). Cheveux noirs et raides, face et corps peu velus. Œil brun foncé (Pallas); bride cutanée cachant en partie la caroncule; fente palpébrale étroite, bords ciliaires renversés vers le globe (Deniker). Oreilles grandes, écartées. Nez écrasé, camus, à ailes peu développées. Dents blanches et saines. Cou fort, assez court. Épaules larges. Seins des femmes petits. Jambes arquées (Pallas). Assez grande capacité crânienne : 1630 centimètres cubes {Crania ethnica) pour les hommes; d'autres auteurs diminuent sensiblement ce chiffre. Indice céphalique de largeur : 86.5 (Cranm ethnica), 83.8 (Baer), 85.6 (Maliev), 84.2 (Flower). 85.3 (Merejkovski), 83.9 (Ten Kate). Indice de hauteur-largeur, 87. Indice orbitaire, 89.4; nasal, 49, ou, d'après Deniker, 48.2. L'espace inter-orbitaire est considérable. Orthognathisme. Erckert et Topinard n'ont trouvé sur des Kalmouks vivants qu'un indice de 81 .4 et 81 .3.
Presque tous les Kalmouks sont nomades et pasteurs. Ils habitent sous une tente de feutre recouvrant une charpente formée d'une claie d'osier (Pallas). Le lait, surtout celui de jument, entre pour une grande part dans leur alimentation ; ils vivent en somme de leurs bestiaux, qui consistent principalement en chevaux et en moutons. L'épouse est achetée, parfois enlevée, toujours chargée des plus grosses besognes; la monogamie est le cas général, mais le divorce est facile. Les Kalmouks sont indolents et insouciants, fort sales, mais sociables et assez faciles d'humeur. D'ailleurs, volontiers pillards comme tous les nomades. Ils sont bouddhistes et exploités par un clergé dont la puissance est considérable. Us
HOvELACQUE et 6. HERVÉ. — Anthropologie. 28
n'ont pas perdu toutefois leurs vieilles croyances fétichistes et n'ont point renoncé aux pratiques chamanistes. Les missions chrétiennes n'ont pas eu prise sur eux. Tantôt ils enterrent leurs morts, tantôt ils les incinèrent, tantôt ils les abandonnent ou les jettent à l'eau.
Entre Caboul et Hérat, éloignés de leurs frères orientaux, vivent les Hazaras et les Aiuaks, d'origine mongolique. La grande majorité des premiers parlent persan; les autres, plus au sud-ouest, ont gardé leur idiome mongolique. Ils sont tous islamites, très fanatiques. Leur physionomie est celle des Kalmouks et des Mongols; ils ont les yeux petits, bridés, le nez court, peu de barbe. Les femmes, chez les Hazaras, jouissent d'une certaine influence. Les troupeaux de moutons forment la richesse du pays.
Le tableau ci-contre permet de comparer certaines mesures crâniennes importantes des deux groupes ouralo-altaïques dont il vient d'être question.
Capacité
Indice de largeur
— de hauteur-lar-
geur
— orbi taire
— > nasal