Histoire naturelle des races humaines, p
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Tibétains. — Le vrai Tibétain est de taille moyenne Prjévalsky), certains explorateurs disent au-dessous de la moyenne; les femmes sont petites. La peau est basanée,^ couleur café au lait, parfois jaune cuivrée, parfois blanche (Reclus). Les cheveux sont noirs, raides, longs, la barbe peu fournie. Les yeux sont noirs, superficiels, non obliques, dit Prjévalsky, un peu bridés, dit Reclus, parfois inclinés à la chinoise, dit Desgodins. Nez droit et mince. Pommettes u& peu saillantes. L'homme porte les cheveux longs, ne les peigne jamais, les tresse parfois, les garnit d'ornements; la femme les divise sur le milieu et les dispose en nattes. Le vêtement d'hiver est en peau de mouton, en étoffe de coton ou de soie durant les autres saisons; bottes de cuir; sabre à la ceinturç. L'habitation est une tente carrée.' Pour nourriture, la viande (souvent crue et gelée) des moutons et des yacks, le lait mêlé avec de la farine (Bogie), le beurre, de l'orge grillée. Le Tibétain n'est pas agriculteur, n'a qu'une faible industrie, est pasteur et commerçant : il vend des queues de vaches, de la laine, du musc, de l'or. Il est communément d'un caractère doux et bienveillant.
Les Ladakis du Kachmir sont des Tibétains. Drew les représente comme ayant les pommettes élevées, le nez enfoncé, l'angle des yeux relevé, la bouche grande, peu de barbe. Cunningham donne pour les hommes une taille de 1",57, de 4°*,45 pour les femmes. Ils sont agriculteurs.
Le Tibet est aujourd'hui le centre du bouddhisme; les prêtres ont une influence considérable, et la vie de tout le peuple se passe en oraisons et en conjurations religieuses. Les missionnaires chétiens ont tous échoué dans leurs tentatives sur le Tibet. Le gouvernement y est purement théocratique. Les morts sont ensevelis, incinérés, livrés aux fleuves ou exposés aux animaux selon les indications des prêtres; généralement les corps sont abandonnés dans le
désert. Les Tibétaines possèdent une grande influence dans le ménage et ont souvent, non pas un, mais deux^ trois ou quatre maris ; les frères ont une seule femme en commun et vivent en bonne harmonie. Quelques hommes riches, par contre, sont polygames. Les mœurs sont fort relâchées, surtout parmi les prêtres qui mènent ouvertement et tout naturellement une vie désordonnée. Les Tibétains sont généralement d'un bon naturel, civils, assez gais, valeureux, mais sans initiative et facilement dominables.
Les Népalais et autres Himâlayens du sud sont loin de former un groupe ethnique. Certaines populations offrent nettement le type tibétain, d'autres ont subi Tinfluence hindoue ; certaines autres peuvent être difflcileraent classées. Voici une énumération très sommaire, en partant de l'ouest pour gagner la Birmanie septentrionale.
Les Gouroungs ne sont hindous que de nom et se rattachent par leur type à leurs voisins du nord; ils fournissent de nombreuses recrues à l'armée indo-britannique. LesMagars sont leurs voisins du sud-est. Gouroungs et Magars sont parmi les représentants les plus importants des peuples guerriers dits « gourkhas ». Les TchepangSy les KousoundaSj plus au sud, sont sauvages, vivent indépendants dans les forêts et les montagnes, errant et chassant, armés de l'arc et de la flèche; les Gourkhas les considèrent comme aborigènes. Plus au nord, les Mourmis^ pasteurs et agriculteurs. A Test, les Névars, d'origine tibétaine, assez civilisés; ils ont pour la plupart accepté la culture bouddhiste et on rencontre chez eux la polyandrie; ils sont agriculteurs et commerçants, connaissent la distinction des castes. Les Kiraniis sont plus au sud-est; de même que les Limbous ils se rattacheraient peut-être, d'après quelques auteurs, à des populations de l'Inde centrale; d'autres les rapprochent des populations dites mongoliques. Ils sont agriculteurs et tisse-
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rands. Hodgson rapporte que les Kirantis n'ont point de prêtres, ne possèdent aucun nom répondant à l'idée d'une divinité. Le futur achète sa femme, ou, s'il est trop pauvre, sert pour la gagner. Les morts sont incinérés. Plus à Test encore, les Leptchas, dans le Sikkim, l'orient du Népal et dans l'ouest du Bhotan, bouddhistes pour la plupart; leur type se métisse chaque jour. Indice céphalique, 77 (B. Davis). Ils sont de petite taille, ont la face plate, large, peu de poils, le teint olivâtre. Ils sont intelligents, pacifiques et de caractère bienveillant, se nourrissent de toute espèce de chair animale, sont de pauvres agriculteurs et vagabondent volontiers. La chasteté des filles avant le mariage est chez eux peu appréciée. Les morts sont incinérés. Au sud, les Dhimals, ayant les Bengalais pour voisins méridionaux. A l'est des Dhimals, et en contact avec les Assamais, les KatchariSy fort nombreux et hindouisés. Ils sont pourtant demeurés fidèles à leurs anciens dieux, à leur religion fétichiste, à leurs pratiques exorcistes, à leurs fêtes naturalistes. On brûle les morts immédiatement après le décès, et on leur élève des monuments. L'alimentation tirée de certains animaux est interdite; cela probablement sous l'influence brahmanique (Dalton). Le mariage commence par le rapt plus ou moins simulé de la fiancée. Aux Katcharis on rattache les Garos, dans le grand coude du Brahmapoutre. Les Garos sont d'assez petite taille, de peau brune; les pommettes sont saillantes, l'œil un peu bridé. Ils vont à peu près nus ou enroulent une pièce d'étoffe autour de leur taille, sont armés d'une épée courte et d'une lance. Ils aiment l'agriculture, bien que se déplaçant très facilement. Les femmes ont chez eux une réelle influence et sont maltresses de famille. Elles sont prises, non dans le clan même, mais dans un clan allié de longue date; les enfants appartiennent au clan de la mère. Les Garos cherchent à capturer des Bengalais pour offrir des
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sacrifices humains. Ils brûlent leurs morts, enfouissent les cendres dans des enclos. De Tautre côté du fleuve, au nordest des Katcharis, sont les Akas qui auraient une origine méridionale, viendraient de Birmanie ou de Siam. A Test, les DophlaSy chez lesquels on rencontre la polyandrie et la polygamie. Au nord-est, les Miris. Ils vivent en petites communautés, sous des chefs héréditaires. Les femmes portent une sorte de cotillon en canne tressée, large d'un pied et fortement serré autour des reins. La polygamie est très développée, la polyandrie occasionnelle; les riches sont polygames, les pauvrent s'associent pour prendre une femme. Plus à droite, près des Khamtis, peuple thaï, les Aborsy ou Padams, d'origine tibétaine, de teint olivâtre ; la figure est aplatie et large, le nez très peu proéminent, les yeux peu ouverts et parfois bridés, les pommettes marquées, la barbe rare. Les MichmiSy un peu plus au nord, sont pasteurs et peu sédentaires; ils ont subi des métissages; Dalton les rattache aux sauvages de la Chine méridionale. Ils sont essentiellement polygames : le prix d'une femme varie de un cochon à vingt bœufs. Ils ne vénèrent que des génies malfaisants, n'ont aucune idée de quelque divinité bienfaisante.
Entre ces populations du Bhotan oriental et celles de la Birmanie du Nord (Nagas, Singphos et autres), le départ est souvent fort difficile, et il n'y a pas de limite précise à tracer.
Les Khasias qui avoisinent vers l'ouest les Garos, vers le nord les Assamais, vers l'est les Nagas, vers le sud les Bengalais, ne peuvent être classés. Ils s'appellent c Khyis » ou c Kis » et prétendent être venus de l'est. Ils sont forts et assez grands, ont la face arrondie, les yeux un peu obliques; leur caractère est facile et honnête. Certaines de leurs tribus se tatouent, lia famille semble fondée chez eux sur le rôle de la mère. Ils brûlent les morts et enterrent les cen-
dres. Leur religion est toute naturaliste et fétichiste; ils vénèrent les esprits des bois, des montagnes, croient aux augures; pratiquent les épreuves judiciaires. On trouve dans le pays des Khasin? de nombreux monuments mégalithiques (Yule, Godwin Auslin).
g H. — Les peuples de l'extrême Orient.
Avant l'arrivée des Birmans, des Siamois, des Annamites dans les régions qu'ils occupent actuellement, la presqu'île indo-chinoise était occupée, presque tout entière peut-être, par d'autres populations. Une partie de ces anciennes races se retrouve dans les peuples plus ou moins sauvages qui sont disséminés aujourd'hui dans le plus grand nombre des contrées de l'Indo-Chine. Ces peuples appartenaient vraisemblablement à plusieurs races différentes : les unes nigritiques (des Négritos, selon certains auteurs), d'autres de teint assea clair et à tête allongée. D'après Mondière, il n'existe pas en Indo-Chine de populations à cheveux crépus ou laineux, en dehors de la presqu'île de Malacca. Quant aux populations sauvages qui habitent tes montagnes, leurs types, d'après le même auteur, seraient très divers. Celte assertion est exacte. On a supposé que parmi ces populations il s'en trouvait même qu'il faudrait rapprocher des Indonésiens, opinion qui n'est pas encore confirmée.
Nous dirons quelques mots d'un certain nombre de ces peuples peu cultivés, qui, s'ils ne doivent pas être tenus pour aborigènes, ont du moins précédé dans celte contrée les populations à tête arrondie (Birmans, Siamois, Annamites) qui y sont aujourd'hui établies.
Mois. — Que les Mois du haut pays annamite aient été influencés par le sang noir, le fait n'a rien que d'admissible, mais que ce soient de vrais noirs, rien ne soiiiIjIc
i52 PRÉCIS D'ANTHROPOLOGIE.
moins démontré. Néis* donne comme indice céphalique de largeur 75.5 et 77. La taille est de l'°,57 en moyenne pour les hommes, de i^^^AQ pour les femmes. La couleur de la peau est d'un brun assez foncé, cuivrée, non pas noire. Le système pileux est développé ; les cheveux sont ondulés ou frisés. Les Mois, ainsi appelés par les Annamites, paraissent se donner à eux-mêmes le nom de Traos. Ceux-là seuls se tatouent qui sont en contact avec les Laotiens (Néis).
Tsiampas. — Ils habitent au sud de l'Annam, au nord de la Cochinchine française. On les appelle également Tsiams, Chams. Taille : 1",67 en moyenne chez les hommes (Reynaud). Peau variant d'un brun foncé à la couleur du café au lait. Crâne plutôt allongé qu'arrondi ; au moins mésaticéphalie. Cheveux droits, rarement ondulés. Nez droit mais large. Leurs cases sont bâties, au milieu des forêts, sur de hauts pilotis. Ils se gardent de tout mélange avec les Annamites ou les Cambodgiens. Pour vêtement, les hommes ont le pantalon et la veste annamites, ou une simple pièce d'étoffe roulée autour des reins ; les femmes ont une grande chemise échancrée au-dessus des seins et sur la tête une étoffe pliée. Avant l'époque d'ancienne splendeur du Cambodge, les Tsiams auraient été la population dominante des côtes de l'Indo-Chine orientale (Aymonier) ; ils auraient été refoulés par les Khmers et auraient eu alors à lutter avec les Annamites venus du Tonkin. On rapproche des Tsiams les BaniSy dont le teint est clair.
Les Siiengs^ au nord de la Cochinchine française, à Test du Cambodge (entre la rive gauche du Mékong et les montagnes), sont de taille assez grande (Mouhot) ou moyenne (Morice) ; le teint est fuligineux *, le nez presque droit, les cheveux sont noirs et lisses, la barbe assez fournie. Ils ont