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EXTnÊME ORIENT. 461

feuillages. Ils portent les cheveux en nœud sur le devant de la tête ; les femmes s'introduisent dans le lobe de l'oreille un cylindre de bois. Le mariage est une simple occasion de fête; les morts sont incinérés. L'esclavage est une des institutions fondamentales des Koumis. Leur religion est le culte des esprits des rivières et des monts. Hodgson les regarde avec les Khyengs et les Mrous comme premiers habitants du pays, dispersés aujourd'hui par suite des invasions étrangères.

Mrous. — Au nord des Tsaks, qui les séparent des Koumis. Leurs traits, dit Lewin, ne sont point mongoliques. Les hommes s'entourent la ceinture d'une étoffe de coton qui passe également sous les cuisses ; les femmes ont une petite jupe et vont le torse nu. Avant le mariage, les filles ont une liberté de mœurs absolue; le futur achète sa femme par une somme payée ou par un travail de trois'ans chez les parents de celle-ci. L'esclavage, chez les Mrous, est une institution fondamentale.

TiPPOURAS. — Ils habitent entre le bas Brahmapoutre et les Koukis. Nombre d'entre eux émigrent vers le sud, dans le Chittagong. Les hommes portent un turban pour coiffure ; autour des reins et des cuisses une pièce de coton. Les femmes mariées n'ont qu'un court jupon ; le filles se couvrent le torse. Femmes et filles ont la tête nue. Les deux sexes ont les cheveux longs et les nouent à l'occiput ; beaucoup usent de faux chignons. La liberté des mœurs est grande, mais jamais une fille ne va au dehors de son clan. Le mariage est l'objet de fêtes ; le futur achète sa femme, soit par des dons, soit par une ou plusieurs années de service. Ils s'abstiennent de la chair du bœuf, et, en signe de deuil, ne mangent point de viande durant toute une semaine. Ils ont pratiqué sur une large échelle les sacrifices humains. Les gens de la plaine donnent aux Tippouras le nom de Mroungs.

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BouNDJOGHis et Pankhos. — Ils habitent entre les Tippouras et les Mrous^ prétendent venir du sud, mais, en fait, leur origine est inconnue.

Chendous. — Al'est des précédents. D'après Lewin n'offrent point de traits mongoliques; telle n'est pas l'opinion de S. Andrews S. John. Ils emploient le bois de charpente pour construire leurs habitations, et non pas simplement le bambou. Ils enterrent leurs morts sans les brûler.

KouKis. — Ce nom générique s'applique à un certain nombre de tribus différentes, ayant à l'ouest les Tippouras pour voisins, à Test des Birmans et des Chans, au sud les Chendous. Les Koukis ont une belle apparence corporelle et •sont bien musclés. Leur physionomie n'a rien de mongolique d'après certains auteurs, est tibétaine d'après d'autres ; ils sont de teint peu foncé (H.-J. Renolds). Macdonald les regarde comme d'origine chinoise. Les hommes portent un manteau de coton, leurs cheveux sont noués sur la nuque; les femmes ont les reins entourés d^me étoffe, la poitrine à nu. On établit les villages sur les hauteurs, et on les abandonne dès que le pays est épuisé ; chaque village a son chef particulier. Il est de coutume que les jeunes guerriers mangent un morceau du foie du premier ennemi qu'ils ont tué.

Parmi les Koukis, les Louchais sont une des principales tribus. Leur teint est plus clair que celui de beaucoup de leurs congénères ; leurs yeux sont obliques, les pommettes saillantes, la barbe est rare. Indice céphalique de deux Louchaïs, 74.2 {Cranta ethnica).

Nagas. — Au nord des Koukis, au sud de TAssam. Cette appellation générique désigne un certain nombre de tribus très indépendantes et de mœurs plus ou moins sauvages. Chez les Nagas, l'état de guerre est perpétuel : on va à la chasse à l'homme, à la femme, à l'enfant, pour avoir droit à

un certain tatouage, le meurtre n'a rien de répréhensible, c'est, au contraire, un acte honorifique (Peal). Les Nagas cultivent le sol ; leurs villages, établis sur les hauts lieux, sont de véritables forteresses. Leurs traits sont mongoliques, dit Dalton; mais cette assertion ne vaut pas pour tous et il en est qui ont les cheveux ondulés (Woodthorpe), le profil aquilin (Butler). Indice céphalique de trois Nagas, 98.2 {Cranta ethnica) ; de cinq autres crânes, 78.1 (Thane, Journ. of the anthropoL Instit.y 1882, p. 218).

SiNGPHOS. — Au nord-ouest des Nagas, au suddesKhamtis. On a signalé leur ressemblance avec les Karéns (Gust). Leur type est raongolique (Dalton) ; leurs yeux sont obliques, leur teint varie du jaune bronzé ou olivâtre au brun. Chez eux, le fils aîné hérite des biens fonciers du père, le fils le plus jeune hérite du mobilier; les frères intermédiaires ne reçoivent rien.

Kakhyengs. — On les regarde souvent comme des Singphos. Ils habitent à l'est de ceux-ci, au sud des Khamtis, au nord des Chans. Ils ont les yeux obliques, la face carrée (Cl. Williams), sont petits et trapus. Les hommes portent les cheveux incultes, hérissés; les femmes les laissent tomber sur les épaules et se rasent le devant de la tête. Le vêtement consiste en une pièce d'étoffe entourant les reins, et parfois une jaquette; la tête est couverte d'un turban. Autour du cou de nombreux ornements, ainsi qu'aux oreilles. Les Kakhyengs sont forgerons. Leur religion est le culte des esprits, l'animisme. Ils abandonnent les morts purement et simplement.

Un certain nombre des populations qui viennent d'être indiquées ont sans doute des rapports avec les peuples dits himâlayens, mais l'ethnogénie de toute cette région est encore fort obscure.

A l'est des Kakhyengs sont les Lolos, qui, pour voisins de

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Test, ont les Chinois. Une partie des Lolos se rattachent aux Thaïs, aux Laotiens (Thorel). Certains offrent un type européen : visage ovale, barbe noire et assez fournie, nez droit ou même busqué, taille bien dessinée. Le teint est généralement bistré. Les femmes sont réputées pour leur beauté. Les Lolos sont agriculteurs. Il en est qui ont accepté la civilisation chinoise, mais d'autres vivent indépendants. Chez eux la femme quitte le toit de son mari au lendemain du mariage; elle ne revient que si elle est grosse sans quoi le mariage estrompu (Reclus). Les Lolos s'épilent parfois la barbe, laissent croître les cheveux, ne se lavent jamais. Le brigandage est en honneur, mais le vol est rare entre gens d'une même tribu. Les morts sont brûlés, et les cendres, placées dans un vase, sont enterrées. L'autorité du père de famille est illimitée.

MiAO-TSÉ. — Dans le territoire chinois, à l'est des Lolos, se trouvent enclavés les groupes de Miao-tsé, dans le Yunnam septentrional et oriental. Jadis ils habitaient plus au nord-est, jusqu'à 30' de latitude, mais peu à peu les Chinois les ont refoulés dans les régions qu'ils occupent aujourd'hui (Lockhart), sauf quelques tribus tout à fait isolées ^ On ignore s'ils se rattachent au groupe thaï ou aux Tibétains. En tout cas, ils sont de plus petite taille que la moyenne des Chinois et n'ont pas les yeux bridés. Un crâne authentique a donné les indices suivants : indice de largeur, 81.3; orbitaire, 84.6; nasal, 47.8. Généralement les Miao-tsé se vêtent d'une blouse de toile et ont des sandales de paille. Lescheveux sont tordus en chignon sur la nuque ; les hommes portent communément le turban. Certaines de leurs tribus sont tombées dans une vraie sauvagerie; d'autres pratiquent

1. Reclus, Nouv, Géographie universelle, t. Vil, p. 496. — Pauthier, Chinif p. 5C.

plus OU moins l'agricullure, Télëve du bétail et le tissage. Ce sont dds chasseurs habiles. Us n'ont point de gouvernement établi. Leur bouddhisme est fortement mélangé d'animisme. Pour l'ordinaire, les villages sont bâtis sur les lieux élevés et sont fortifiés.

Au nord des Lolos, sont les Man-tsé, autres occupants antérieurs aux Chinois, et que l'on suppose d'origine tibétaine. Les Man-tsé ne sont point des sauvages. Ils sont pasteurs et agriculteurs; leurs chefs jouissant d'un pouvoir absolu, distribuent les terres à leur gré. Les Chinois les pénètrent de plus en plus.

Au nord des Man-tsé, les Si-fan, également rattachés aux Tibétains.

Chinois. — Il n'y a pas homogénéité complète, ni d'ailleurs dissemblance très considérable entre les Chinois des différentes provinces. On peut, en tout cas, décrire un type général : peau de couleur jaunâtre, mais non point jaune; cheveux noirs et raides, barbe noire; yeux plus ou moins bridés et obliques; pommettes saillantes et face assez large. Taille moyenne ou un peu au-dessous de la moyenne (1",65 pour les Chinois de Canton, d'après Breton). Membres généralement grêles. Reclus fait observer à juste titre que le nom de « mongoliques » donné aux Chinois est défectueux, car c'est précisément le type vraiment mongol que l'on trouve le moins souvent représenté chez eux.

De six crânes d'hommes du nord et dix-huit du sud, A. de Quatrefages et Hamy ont tiré les moyennes ci-dessous :

Nord. Sud.

Capacité i .500 «•. 1.515 ".

ladice Ue largeur 75.9 77.2

— dehauteur 99.2 99.2

— orbilaîre 98.6 91. 8

— nasal 44.6 48.1

HOVELACQUE et G. EZKSt. — Anthropologie. 30 .

46tf PRÉCIS D*ANTHROPOU)GIE.

Koning, Flower, Ten Kate, ont donné un indice céphalique un peu plus élevé; Broca donne 76.6*.

Le Chinois n'a donc pas la tête arrondie comme les Indo- Chinois et les Mongols; il est sous-dolichocéphale. Les emmes ont peut-être la tête un peu moins allongée.

D'après Janka, les Chinois du nord sont plus grands que ceux du sud, ont la tète plus petite, plus étroite, plus allongée; la face est plus basse, plus large dans sa partie moyenne; le front est moins haut, le nez plus étroit; le cou est plus long, plus fin; les bras sont plus faibles.

De caractère réservé et généralement assez bienveillant, le Chinois est attentif, laborieux, patient, persistant, pacifique, mais l'initiative lui fait souvent défaut. Il n'est plus réfractaire d'ailleurs à la civilisation occidentale; c'est la supériorité des armes européennes qui lui a tenu lieu de révélation. Bien que très attaché aux vieilles coutumes et à une foule d'observations sociales généralement puériles, il a fait dans ces dernières années, un puissant effort pour sortir d'une vieille immobilité. Les progrès du Japon n'ont pas cté étrangers à cette renaissance, et l'Empire du milieu a coinpris qu'il était en péril s'il ne s'initiait aux sciences occidentales. Les vieilles traditions, toutefois, sont extrêmement fortes et dominent toute la vie publique et familiale. Les institutions sont fondées sur le respect de la parenté. Les enfants sont l'objet de soins tout spéciaux; l'initiation aux diverses périodes de la vie donne lieu à autant de fêtes. Généralement les Chinois aiment à rester au lieu originaire, s'appuyant les uns les autres ; ils gardent scrupuleusement le culte des ancêtres, qui ont dans beaucoup de maisons une sorte de petite chapelle. Quant au mariage, il comporte la pluralité des femmes, mais la première de celles-ci est con-

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