Rev. d'Anthrop., t. IX, p. 545; t. XII, p
sidérée comme supérieure aux autres, quelle que soit, d'ailleurs, sa condition d'infériorité vis-à-vis de l'époux commun ; celui-ci est chez lui maître et seigneur, mais il n'abuse communément pas de son autorité. Les unions entre parents même éloignés, sont rigoureusement interdites. L'esclavage est répandu, il est héréditaire, et la seconde génération d'esclaves a seule le droit de se racheter.
Le Chinois développe surtout son industrie dans la poterie, l'ameublement, le travail de la soie, des métaux; il est bon commerçant, bon pêcheur, bon agriculteur : les Tamilles se partagent les biens des terres cultivées en commun. Quant à Fart, il est caractérisé par une extrême indépendance.
Le gouvernement est absolu, avec assistance d'un certain nombre de Conseils. C'est au concours que se recrutent les fonctionnaires, dont la vénalité d'ailleurs est générale. A côté du mandarinat, il existe une aristocratie héréditaire, divisée en plusieurs classes. En somme, la constitution revêt une forme patriarcale, et un ordre réputé immuable domine les relations de toute espèce; une foule de prescriptions, souvent enfantines, régissent les plus simples actes delà vie. La justice en est encore aux procédés d'instruction par la torture; l'avocat est inconnu : les peines ordinaires sont la flagellation, la cangue, le bannissement, l'étranglement, la décapitation, la noyade dans un sac.
Il est impossible de contester le complet échec des missions chrétiennes en Chine. Jamais un lettré chinois n'a été converti (Balfour) ; les missionnaires ne peuvent revendiquer que de malheureux individus qui espèrent échapper à l'action des lois en se mettant sous la protection des consuls européens. Le Chinois est profondément irréligieux; son fétichisme ne laisse place à l'adoration d'aucune divinité et les rites ofQciels sont laïques. Le bouddhisme (foisme) qui a été importé de l'Inde est une religion athée.
Quant à Torigine des Chinois, elle est fort difûcile à déterminer. Une chose est assurée, c'est que ce ne sont point de vrais Mongols. Ils partagent certainement avec ceux-ci, avec beaucoup d'autres, le cachet de physionomie altaîque, mais la forme toujours allongée du crâne établit une distinction caractéristique. En réalité, les éléments ethniques qui se trouvent, soit mêlés, soit juxtaposés dans ce vaste empire, sont des éléments multiples que Ton n'a pas encore reconnus.
Coréens. — Il n'y a pas, en Corée, unité de type. A côté de dolichocéphales, on trouve des brachycéphales très caractérisés. Ces derniers présentent le type altaîque : peau glabre et jaunâtre, œil plus ou moins oblique et bridé, pommelles saillantes, nez court à larges ailes. Le premier type a le visage ovale, le teint plus clair, la barbe mieux fournie (Siebold); le visage est plus allongé que celui des Chinois du nord, le nez plus long (Sommier). L'habitation des Coréens est généralement très rudimentaire : des souches, de la boue et de la paille de riz. Industrie peu développée, sauf celle du papier. La population est divisée en castes et celles-ci se subdivisent parfois, à leur tour, en professions. Les chèvres, les moulons, passent pour sacrés et ne servent qu'aux sacrilîces. Le bouddhisme pratiqué en Corée est simpleraeiU greffé sur l'ancien fétichisme.
Japonais. — D'après A. de Quatrefages, la population japonaise acluelle serait composée : d'un élément négrito, entièrement fusionné aujourd'hui; d'un élément jaune venu de la Chine; d'un élément blanc aïno, représentant l'ancienne population; d'un élément blanc indonésien, qui le premier s'implanta sur les Aïnos et que l'on retrouve particulièrement dans les classes élevées*. C'est cet élément indonésien que Maget considère comme autochtone et appelle polynésien.