‹ Précis d'anthropologieChapitre 240 sur 319 · BulL de la Soc. d*Anthrop., 1881, p · texte numérisé non relu

BulL de la Soc. d*Anthrop., 1881, p

phale dont il s'agit serait donc une race immigrée. La question est de savoir d'où elle venait. Il nous est diiTicile d'admettre que ce soit d'Asie ^ car on n'aperçoit pas à quelle race asiatique on la pourrait rattacher. Elle serait, dès lors, venue de l'orient. Non pas, certes, par une Atlantide plus ou moins fabuleuse, mais bien par le nord*est, par les terres qui ont rejoint l'extrême nord-est américain & l'Islande, aux Féroé, au continent européen. L'époque de cette migration peutelle être déterminée? Oui, par la forme même des pierres taillées dont se seiTait l'ancien homme fossile américain : ces instruments sont identiques aux instruments européens amygdaloïdes dits € chelléens » ou « acheuléens ». A quelle époque ces derniers étaient-ils en usage dans l'ancien monde? A l'âge du climat chaud et humide qui a précédé la grande extension des glaciers. En somme, des indigènes européens à crâne allongé, munis d'une arme de pierre taillée, auraient immigré de l'occident de l'Europe en Amérique nord-orientale, dans la première partie des temps quaternaires, avant la période glaciaire, et par des voies terrestres qui aujourd'hui n existent plus. Que la jonction de l'Amérique et de l'Europe avant l'époque glaciaire ait été un fait réel, il est difficile d'en douter : faune et flore sont les mêmes, mais pourtant avec des diiTérences qui établissent l'ancienneté de la séparation. On a parlé d'un énorme pont de glace qui, pendant répoque glaciaire, se serait formé entre les deux continents : à cette assertion G. de Mortillet a judicieusement répondu que, bonne en ce qui concerne les gros animaux, elle est inadmissible à l'égard des nombreuses petites coquilles terrestres de même espèce qui se trouvent des deux cotés du pont en question. L'archéologie préhistorique nous donne ici, en définitive, une indication précieuse. Une question subsidiaire serait celle des rapports que peuvent avoir les Eskimaux actuels avec la très ancienne race à crâne

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allongé que tout nous porte à croire venue en Amérique par le nord-est. Il faut tenir compte, en tout cas, de ce que chez tous les Américains, dolichocéphales comme brachycéphales, les orbites sont de forme plus ou moins arrondie. Il y a là une difficulté en ce qui concerne le rattachement de certains d'entre eux aux Européens les plus anciens.

Avant de passer à l'examen des races américaines actuelles, nous avons à parler des Américains dits précolombiensj des constructeurs de tertres et des habitants des rochers, appelés Mound^Bxiilders^ Cliff-DivellerSy et dont les monuments et les restes remontent au moyen âge.

La description des tertres construits par les Mound-BuUders (constructeurs de tertres) a été donnée pour la première fois dans son ensemble par Squier et Davis S en 1847, et, depuis, un grand nombre de découvertes ont été faites confirmant les précédentes. Ce sont des monticules de formes très diverses, toujours régulièrement construits, et que Ton rencontre, plus ou moins réunis, des grands lacs canadiens au golfe du Mexique, d'un océan à l'autre, dans les régions du Mississipi, del'Ohio, du Missouri. Les uns sont de petites dimensions, d'autres sont considérables, ne mesurent pas moins de 550000 mètres cubes, sont quelquefois hauts de 30 mètres, ont 200 et même 300 mètres de largeur. Tantôt ce sont des monuments funéraires, tantôt des remparts; ici ce sont des constructions pyramidales tronquées, là des représentations grossières d'animaux ou même d'hommes. On trouve dans ces tertres des armes de pierre polie, de la poterie, des pipes de terre cuite ou de pierre, un seul métal, le cuivre; parfois les corps y étaient ensevelis purement et simplement, parfois ils y étaient placés après avoir été plus ou moins complètement incinérés. La

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