Élie Reclus, Lei Primittf», p
516 PRÉCIS D*AT«TUROPOLOGIE.
Américains qui ont pour limite nord la rivière Gumberland, pour limite sud le golfe du Mexique : Tchirokis, Tchikasaws, Tchoctaws, Criks (Muskogies et Séminolcs), etc.
C*est cet ensemble de populations, Athapasks, Algonkins, Iroquois, etc., que Ton comprend sous le nom de € Peaui- Rouges ». La taille est grande, et concorde avec celle des Polynésiens. Les Iroquois, les Tchirokis, sont réputés pour leur haute stature; parmi les Griks, beaucoup ont plus de
I ,80; de même parmi les Osages. La peau (que la peinture a souvent fait regarder comme rouge) est d'un brun jaune sale, d*un brun cannelle, a Tair d'être tannée. Les Dakotas, les Pawnis, sont plus foncés que les Osages, que lesOttawas; ceux-ci le sont plus que les Tchoctaws et les Criks. Les Ménominis (entre le lac Supérieur et le Michigan) paraissent être le&plus clairs de tous; on leur donne le nom d'Indiens blancs. Les cheveux sont noii^ et raides, la barbe est rare ; un certain nombre sont à peu près imberbes (Gatlin).
II semble que le plus ancien type peau-rouge ait eu la tète allongée : là où se présente la mésaticéphalie ou la sousbrachycéphalie, on peut invoquer une influence étrangère. Le nez est généralement bien dessiné, arqué ; les yeux sont bien fendus, mais peu ouverts. Le front est étroit, le bas de la figure développé, les mâchoires puissantes, la bouche grande. La hauteur des orbites est considérable (indice supérieur à 90) et rappelle celle des orbites des Polynésiens et des peuples de l'extrême orient. Le tatouage était beaucoup plus pratiqué jadis par les Peaux-Rouges qu'il ne l'est actuellement; chaque tribu avait une marque distinctive ou c totem », tatouée sur la poitrine, par exemple une figure d'animal sous la protection duquel la tribu se croyait placée. Chez nombre de Peaux-Rouges le tatouage est encore usité ; de même, l'aplatissement du front d'où résulte une déformation plus ou moins 'sensible du crâne. Le vêtement est
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emprunté aux peaux d'animaux, et les parures de plumes sont fort recherchées. On appelle c wampouns ^ » des colliers ou des bracelets de perles de couleur; leur valeur est généralement grande et on les emploie comme souvenirs d'événements importants, comme argent comptant, comme cadeaux d'amitié. Les perles rouges ou noires sont signe de guerre. Les armes, avant l'invasion européenne, étaient la massue, la hache de pierre, l'arc, le trait armé d'une pierre travaillée ou d'un os. L'alimentation est généralement animale et l'on ne dédaigne point les insectes*. L'habitation est une hutte d'écorces ou une tente de peau. La pêche chez les uns, la chasse chez les autres, est la principale et parfois l'unique occupation; les quelques tribus travaillant la terre, avant l'invasion européenne, récoltaient surtout le maïs. D'ailleurs, point d'animaux domestiques, si ce n'est le chien. Les femmes sont universellement méprisées et tout travail leur incombe ; chacun en épouse le nombre qu'il lui est possible de nourrir ; les enfants sont de bonne heure livrés & leur propre initiative. On croit à une vie future, suite de la vie terrestre, à l'action des esprits des morts; toutefois l'on n'a pas d'expression rendant la notion d'une divinité (Powel, p. 41). Tantôt les morts sont inhumés, tantôt ils sont incinérés, tantôt embaumés, tantôt juchés sur des arbres ou abandonnés aux flots'. Les Peaux-Rouges étaient un des peuples les plus passionnés pour la guerre; ceux que la domination blanche n'a pas encore atteints ont conservé les mœurs cruelles de leurs ancêtres : le vainqueur est féroce, intraitable, livre ses prisonniers aux dernières tortures, se repaît de tels ou tels morceaux de la chair de l'ennemi
1. Cf. Sec, annual Report du Barean d'EUmologie de Washington (1880-81), p. 235, 88.