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abailu ; l'oubli des injures est pour lui une faiblesse. Gela ne l'empêche point, en toute autre occurrence, d'être hospitalier, serviable, fidèle à sa parole, reconnaissant, généreux. Au reste, incivilisable (Waitz, op. cit.j p. S39) et frappé à mort, plutôt que conquis, par la civilisation européenne qui ne peut le pénétrer que par le métissage. A la tête de chaque groupe étaient ou sont un ou plusieurs chefs appelés c sachems ». Une femme parfois remplissait ce rôle. Les sachems recevaient en hommage du gibier, des fruits ; ils gouvernaient d'après les traditions anciennes.

Nous arrivons aux peuples de l'Utah, du Colorado, de FArizona, du Mexique. On ne peut douter que les Indiens puebloSj ne soient les descendants des anciens Cliff-Dwellers : ils en reproduisent les traits, exagérés encore par un certain degré d'aplatissement pariéto-occipital. Bancroft les décrit comme étant de petite taille, ayant la peau d'un brun clair, les cheveux noirs, la face arrondie. C'est un peuple de caractère assez concentré, laborieux ; ils se divisent actuellement en cinq tribus (Bell, Joum. of the ethnoL Soc. of Londony t. I*', p. 222). Ils vivent à côté de populations de grande taille avec lesquelles ils n'ont rien de commun. Les Yumas du Colorado inférieur semblent former un groupe spécial, avec quelques autres tribus moins importantes. Dans la Sonora et le Texas, se trouvent également des indigènes difficiles i classer.

Quant au Mexique, il avait été envahi, à partir du VII* siècle, par une population venant du nord-ouest, composée des Tolteks, des Chichimeks, des Azteks et d'autres peuples. Les Tolteks furent les civilisateurs du pays et ils y ont laissé des monuments architecturaux extrêmement remarquables. Leur civilisation ne dura que jusqu'à la fin du XI* siècle, époque à laquelle ils émigrèrent vers le sud; les Chichimeks leur succédèrent (D. Chamay). Tous étaient des

gens de haute taille, à la peau légèrement cuivrée, à la tète allongée, au front étroit et fuyant. D'après Bancroft, la population indigène actuelle du Mexique descend en partie de ces anciens immigrants qu'il faut rattacher aux Peaux-Rouges du nord. En fait, on trouve au Mexique, à côté d'Américains de petite taille, des gens de haute stature, ayant le front étroit, la face ovale, vigoureux, bien musclés.

Les Comanches, d'après Ten Kate, sont moins grands que certains de leurs voisins ; leur type est celui des Peaux- Rouges, la peau est d'un brun jaunâtre. Très réduits en nombre, ils ont changé leur genre de vie, élèvent du bétail et cultivent la terre. Ils viennent du nord comme lesApaches, dont il diffèrent d'ailleurs sensiblement.

Dans la région des Mixteks et des Zapoteks (Mexique du sud), le type ethnique des anciennes séj)uUures s'est conservé, plus ou moins atténué {Cranta ethnica) : c'est au milieu de ces peuples et d'autres populations établies depuis longtemps dans le pays, comme les Tarasks (ouest de Mexico) et les Totonaks (nord de Vera-Cruz), que se produisit l'invasion des Tolteks et des Azteks. Les nombreux mélanges qui eurent lieu ont rendu assez obscure l'anthropologie de toute cette partie de l'Amérique. Les Mayas du Yucatan, auxquels il faut rattacher les Huasieks (au nord de Mexico), s'étendaient, avant l'invasion des Tolteks et des Azteks, sur une assez vaste région. On a supposé (Brinton) que c'était le plus ancien groupe de l'immigration des Nahuas, opinion qui demanderait à être appuyée de preuves convaincantes. Certains font venir les Mayas des Antilles. Les indigènes actuels du Yucatan sont loin d'avoir la tète allongée ; Bancroft les représente comme de taille moyenne, ayant une large face, le nez un peu aplati, les yeux apathiques, le teint de couleur cuivre ou jaunâtre. Ils sont indolents, se mêlent volontiers aux blancs, et par force d'inertie, les contraignent à se

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servir de leui* propre idiome. En somme, chez les Âméricaiiis du Mexique, les types sont assez variés. Les Lacandans (limite du Guatemala et du Mexique) sont de carnation assez clairCi ont le nez saillant, les lèvres épaisses, rappellent absolument le type représenté sur les monuments anciens (Chamay).

Les indigènes de TAmérique centrale (Guatemala, Nicaragua, Costa- Rica, Panama), sont, en général, de taille moyenne ou au-dessous de la moyenne, trapus ; la peau est d'un jaune brun, plus ou moins cuivrée ; le nez est court, les lèvres sont fortes , la barbe peu fournie ; la face est arrondie, souvent aplatie. Les Moskitos de la côte orientale du Nicaragua proviennent d'un récent mélange de Nègres importés et d'indigènes caraïbes (Waitz, t. III, p. 353); ils sont, dit Bancrofl, d'une couleur de cuivre foncé, ont les cheveux gros et ondulés; certains ont, à peu de chose près, l'apparence nigritique : en général, ils se mélangent peu avec les indigènes de la région.

Aux Arouaks se rattachaient vraisemblablement les anciens habitants d'une partie des Antilles, exterminés par les Espagnols. Les derniers Arouaks habitent dans les Guyanes anglaise et hollandaise. Ils ne dépassent guère i'^fii en moyenne, ont le crâne court (Brinton), passent pour hospitaliers, pacifiques. Le mariage, chez eux, ne peut avoir lieu dans la même famille. Les anciens Caraïbes sont aujourd'hui extrêmement réduits ; on les rencontre dans la Guyane française et à la Trinité. Les Galibis ont la peau d'un brun jaunâtre ou rougeâtre ; teinte des feuilles mortes, dit Crevaux. Fort peu de barbe. Indice céphalique de 81 sur le vivant diaprés Manouvrier, de 79.9 d'après Maurel. Taille au-dessous de la moyenne : d'après Maurel 1^^,59 pour les hommes, 1~,45 pour les femmes. Épaules larges, cou court. Membres inférieurs grêles et peu nourris. La physionomie est apathique,

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impassible. Les Galibis couvrent leurs parties génitales, se tatouent, se peignent les pieds et une partie de la jambe en rouge. Ils vivent par petits clans, cultivent parfois la terre, mais, d'instinct, sont chasseurs. On ne trouve chez eux aucune pratique religieuse, aucune idée d'une divinité quelconque. Les liens de la famille paraissent très étroits (Maurel). Les Aracouyennes, autres Caraïbes, vivent dans l'intérieur des terres, communiquent plus volontiers avec le bassin de l'Amazone. Retzius rattachait les indigènes de la Guyane à ceux du Brésil, et les faisait venir du sud dans la région qu'ils occupaient au moyen âge. Les anciens Caraïbes étaient essentiellement guerriers, très redoutables à leurs voisins, anthropophages ; ils n'avaient aucune idée de la propriété privée, étaient bons navigateurs, laissaient aux femmes tous les soins de la culture, vivaient d'ailleurs dans la plus parfaite égalité, croyaient à une vie future, pleine de victoires et de chasses merveilleuses.

A. d'Orbigny caractérise comme suit la race qu'il appelle c brasilio-guaranienne » : couleur jaunâtre mélangée d'un peu de rouge très pâle. Taille moyenne, i",63. Formes très massives. Front non fuyant. Face pleine, circulaire. Nez court. Lèvres minces. Yeux souvent obliques, toujours relevés à l'angle extérieur. Pommettes peu saillantes. Traits efiTéminés. Physionomie douces II rattache à la famille guaranie les sauvages Botocudos du Brésil méridional. L'indice de largeur du crâne dans cette vaste région varie de la dolichocéphalie à la mésaticéphalie ; l'indice de largeur-hauteur est généralement supérieur à 99; l'indice orbitaire varie de 94 à 95. Le Botocudo, avec son indice de largeur de 73, serait, a-t-on dit, un des représentants du vieux type préhistorique américain (Lacerda et Peixoto); cette assertion ne manque

!• VHamme américain, t. Il, p. t65.

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vraisemblablement pas d'exactitude. Le crâne des Tupis de la région amazoniqueaun indice de 78.5 ; celui des Guaranis du haut Uruguay un indice de 77.9 \ Les déformations artificielles du crâne ne sont pas pratiquées par les indigènes du Brésil.

Avant d'arriver aux indigènes de l'extrême sud, nous remontons au nord-ouest de l'Amérique méridionale. Une partie des Colombiens — que Ton a rattachés aux Caraïbes — habitent par petits groupes dans les forêts, vont à peu près nus, se teignent le corps, sont de paisibles chasseurs et pêcheurs, cultivent le maïs*. Les ChibchaSy ou Muiscas, avaient jadis une civilisation beaucoup plus élevée; leurs descendants sont aujourd'hui à peu près fondus dans la population d'origine européenne. Les anciens Chibchas avaient un indice céphalique de largeur de 80.1 ; indice de largeurhauteur, 94.3 (Broca); la face était large, les pommettes écartées et hautes.

Les Péruviens sont principalement représentés par les Quichuas et les Aymaras. On parle aujourd'hui le quichua au Pérou sauf dans le haut plateau, dans la province bolivienne de Cochabamba, dans quelques parties de l'Ecuador. L'aymara domine sur le haut plateau du Pérou et dans la Bolivie (Fr. MûUer). L'ethnologie des anciens Péruviens est fort obscure ; on ne peut guère affirmer qu'une chose, c'est que leur population était composée d'éléments ethniques divers (Morton, Tchudi). D'Orbigny assigne aux Qui chas une taille moyenne de 1",60, de 1",46, selon le sexe; la peau est d'un brun olivâtre foncé; les formes sont massives, les épaules larges: la poitrine volumineuse; la tête est oblongue, la face est large, le nez saillant et long, les narines larges;

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