‹ Précis d'anthropologieChapitre 249 sur 319 · ZeiUchr. fur Ethnol., 1879, p · texte numérisé non relu

ZeiUchr. fur Ethnol., 1879, p

S. Rev, d'Anthrop., 1871, p. 88.

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tiellement pêcheurs, vivent par petits groupes errants. La peau est d'un rouge cuivré sale (Darwin), moins olivâtre que celle de la plupart des Américains du sud. La taille a offert quelques variations selon les groupes que l'on a étudiés : Bridges, Manouvrier, donnent l'^fii pour les hommes, pour les femmes 1",55 et 1",51- La moyenne prise par A. d'Orbigny est un peu plus élevée ; d'autres ont constaté une stature moindre. Les Fuégiens sont généralement sousdolichocéphales : onze hommes ont fourni un indice moyen de 74,9. L'indice semble plus élevé chez les femmes et dénote la mésaticéphalie. L'ouverture palpébralc est très allongée transversalement et l'œil est ouvert ; le nez, qui n'a rien de mongolique, rappelle parfois celui des Américains du nord (Manouvrier). En somme, on peut supposer, non sans vraisemblance, que cette race n'est point sans rapports avec l'ancienne race septentrionale qui se serait ainsi étendue, par migrations successives, sur tout le continent; on ne peut nier, toutefois, que par certains caractères elle ne se rapproche du type de l'Asie centrale \ L'allongement de la tête (en moyenne sous-dolichocéphalie) donne, en tout cas, une indication favorable au rattachement à la race américaine ancienne.

g 20. — Les peuples hyperboréena

Sous cette désignation simplement géographique, nous comprenons les peuples de l'extrême nord : les Lapons, les Samoyèdes, les Youkaghirs, les Tchouktches, les Koriaks et les Ghiliaks, enfin les Eskimaux. Il n'y a ici, on va le voir, aucune unité ethnique.

Lapons. — On les classe généralement parmi les peuples

i. Ganon, Jaurn. of the anthrop. ItutU., dot. 1885. — Rev. d'Anlhrop.y 1886, p. 348.

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ouralo-altaîques, et telle est l'opinion d'auteurs très compétents, Desmoulins, SchaafFhauseïi, Yogt, Hantegazza. En ce qui concerne la langue, il est évident que les Lapons appartiennent à ce groupe ; ils parlent un idiome proche parent du suomi des Finnois, mais la différence ethnique considérable qui existe entre Finnois et Lapons indique que Tune des deux races a emprunté sa langue à l'autre. Nul doute que les emprunteurs ne soient les Lapons, qui occupaient la Finlande avant l'arrivée des Finnois.

Par certains caractères, les Lapons ont assurément quelque chose des Asiatiques, mais par d'autres caractères ils s'en différencient : par exemple, par le teint qui n'est pas jaunâtre, par un moins grand arrondissement des orbites, par la forme du nez, etc.

Il se peut, d'après certains auteurs, que les Lapons soient les descendants de très anciens émigrants altaïques (ayanl plus tard changé leur langue pour un idiome parent, apporté par les Finnois) ; mais il se peut aussi que ces premiers occupants de la Finlande soient venus, non d'Asie, mais bien de l'ouest de l'Europe. Les Lapons pourraient bien être, en effet, les descendants de populations préhistoriques à tète arrondie, vivant dans l'Europe occidentale tout à la fin de la période quaternaire, et dont quelques peuplades auraient suivi les rennes lorsqu'un changement de température fit gagner le nord à ces animaux. Partis pour leurs nouvelles demeures, nomades, chasseurs, pêcheurs, connaissant à peine l'agriculture, ils ont longtemps gardé dans l'extrême nord (et gardent encore aujourd'hui en partie) ces caractères de la dernière période quaternaire. Cette thèse qu'a failli compromettre la singulière théorie de Priiner-Bey (aux yeux duquel toute la première population de l'Europe préhistorique occidentale aurait été brachycéphale), n'est sans doute pas démontrée ; A. de Quatrefages et Hamy l'ont

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appuyée en invoquant comme appartenant à la période de la pierre taillée ' des débris humains qui, en réalité, appartiennent à la période de la pierre polie, ne sont pas quaternaires *. Pour que la théorie en question arrive à s'imposer, il faut découvrir dans l'Europe occidentale des crânes brachycéphales appartenant sans conteste possible à l'époque de l'industrie magdalénienne. Mais il se pourrait que les Lapons fussent les descendants (émigrés vers le nord) des' premiers brachycépbales venus de l'est dans l'Europe occidentale, au moment où prenaient fin les temps quaternaires ; au lieu de se fixer en occident, ces avant-coureurs des brachycéphales actuels auraient suivi le renne vers le nord. D'autres hyperboréens, ceux-ci dolichocéphales, seraient également venus du sud-ouest.

Refoulés par les Finnois, les Lapons occupent aujourd'hui le nord de la Scandinavie, le nord-ouest de la Russie (au nord des Finlandais et des Karéliens, à l'ouest de la mer Blanche). Taille généralement petite (1",53 à 1",56 pour les hommes; d'après Mantegazza, l'^yôS pour les hommes, l'°,45 pour les femmes). Peau blanc gris, claire (van Dûben). Cheveux noirs, courts, droits, fins, ne présentant jamais la rigidité du cheveu mongolique (Mantegazza) ; peu de barbe. Crâne capace (hommes, 1610 centimètres cubes). Brachycéphalie.: 85.5, 84.9 (Hamy), 85.6 (Bertillon), 85 (Topinard), 83.5 (van Dûben), 85 (Heiberg), 84.9 (Mantegazza); ces différentes observations laissent conclure à une moyenne de 85. Indice de hauteur-largeur : 86.4 d'après Hamy, 84.9 d'après Topinard. Indice orbilaire : 84.1 d'après Mantegazza; d'après d'autres 84.6 ou 87.5; en moyenne 85.4. Indice nasal: 49.4 ou 51.2 (Mantegazza); en moyenne un peu plus de 50.

1. Crania ethnica, p. 135. — Cf. Hamy, Buîlet de la Soc, d'Anthrop., 1878, p. 401.

2. G. de Mortillet, Le PrèMxtorique, p. 471. Voir plus haut, p. 365. HO^ELACQUE et G. HERVÉ. -^ Anthropologie. 31

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L'espace interorbitaire est grand; les os malaires sont saillants, le visage est large et court, l'œil petit. Le nez est court, plat, n'est point mongolique^; la bouche est large, les dents sont très belles; le menton est petit et jure singulièrement avec la largeur zygomatique. L'ensemble de la physionomie est timide, n'annonce aucune initiative. La musculature de tout le corps est peu puissante. La poitrine est large. Les bras sont longs, les jambes comptes (Simms), les extrémités fines. Fait très intéressant, lorsqu'il y a obliquité de l'œil, c'est de haut en bas vers Textérieur, c'est-à-dire en mode inverse des Mongols (Humboldt, Yirchow). Là où les yeux et les cheveux sont de couleur claire, une influence étrangère est indéniable; en fait, au sud comme à l'est, les Lapons sont en contact avec des blancs.

C'est un peuple pacifique, tranquille. Ceux des plaines, ceux des forêts, ceux de la côte portent le même vêtement en peau de renne; tous sont extrêmement sales. Ils vivent du renne et avec le renne, et sont en réalité de purs nomades, sauf les Lapons pêcheurs qui ne s'éloignent pas du rivage. Samoyèdes. — Ils occupent actuellement le nord-est de la Russie d'Europe, le nord-ouest de la Sibérie, en contact avec les Russes et avec les Ostiaks. Ceux-ci les ont fortement repoussés vers le nord. Ils se divisent en quatre groupes : les Youraks, de la mer Blanche à l'embouchure du Yénisséi; les Tavghis, un peu plus à l'est et confinant aux Tougouses ; les Yénisséins, entre les précédents; les Samoyèdes Ostiaks plus au sud-ouest. Les premiers sont de purs nomades, les autres sont tantôt nomades, tantôt pêcheurs.

Certains regardent les Samoyèdes comme des métis- de Finnois et de Mongols (Gastrén, Middendorl), c'est l'opinion généralement acceptée; d'autres comme de vrais Mongols

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