‹ Précis d'anthropologieChapitre 250 sur 319 · Diefenbach, Vœlkerkunde OsUuropas^ t. Il» p · texte numérisé non relu

Diefenbach, Vœlkerkunde OsUuropas^ t. Il» p

HTPERBORÉENS. 531

(Zograf). Pallas pense qu'avant de s'établir en Sibérie, ce peuple avait habité un pays montagneux et froid, où il menait une vie errante. Les Samoyèdes, comme les autres hyperboréens, auraient suivi le renne lorsqu'il émigi^a vers le nord. Taille moyenne des hommes, 1"*,59; des femmes, 1",48. La période la plus active de croissance va de dix à quinze ans. La peau, débarrassée de la crasse qui la cache, est d'un jaune pâle sale, parfois un peu brunâtre, jaune sale enfumé (Desmoulins), jaune brun (Steroy). Cheveux noirs et droits, peu de barbe, le tronc et les membres glabres. Sous-brachycéphalie : indice de 82.8 (Bogdanov); en tout cas, quelques crânes ont un indice de 76, d'autres un indice de 88, et la présence de divers éléments ethniques ne peut être méconnue : il n'y a pas un type samoyède unique. En général le visage est large et plat; l'œil petit, peu ouvert, noir; le nez fort variable, autre signe de métissage, mais pour l'ordinaire écrasé et développé transversalement à la base; les pommettes saillantes; le cou court; le corps est assez trapu, les jambes sont courtes. Certains ressemblent aux Ostiaks, d'autres en diffèrent sensiblement.

La principale occupatioii du Samoyède, Tunique occupation parfois, est le soin et l'élevage du renne, d'où il tire toute sa vie. Il repousse la chair des carnassiers. Un grand nombre de Samoyèdes sont chrétiens, mais seulement de nom; au fond, ce sont de purs chamanistes. Les femmes sont regardées comme des êtres absolument inférieurs et traitées comme un bétail; on les achète de leurs parents. Les morts sont enterrés et sur la fosse on immole des rennes.

Différentes populations actuellement tatarisées doivent être rattachées aux Samoyèdes. Par exemple les Soyotes qui habitent sur la frontière des Mongols, au nord-ouest de l'empire chinois, presque tous nomades; les Jlf adores; les Koîbals sur les deux rives du haut Yénisséi; les Karagasses, les

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Kamassinzes. Ce seraient, dit-on, des Samoyëdes demeurés dans leur ancien pays de TAsie centrale S Les Karagasses, dit Pallas, sont fort peu nombreux, ne vivent que de chasse, sont de purs fétichistes. Les Matores sont également un peuple de chasseurs. Les Koïbals ont abandonné leurs mœurs anciennes, sont presque tous chrétiens, chassent les animaux à fourrure, sont agriculteurs; ils ont le visage arrondi et plat.

YouKAGHiRs. — Des Tongouses et des Yakouts occupent à l'est des Samoyèdes le rivage de la mer Glaciale; puis viennent les YoukaghirSy débris d'un peuple plus considérable refoulé par les Tongouses et les Yakouts. Ce sont d'anciens nomades devenus chasseurs et pêcheurs, fortement influencés par les Russes. Cette population est très métissée et Ton n'a rien d'assuré à dire sur son origine. Les Youkaghirs sont, en tout cas, très distincts des Samoyèdes : forts, assez gi-ands, de carnation claire; le visage est assez long, les cheveux et les yeux sont noirs. Ils sont pêcheurs et chasseurs, attellent les chiens à leurs traîneaux, sont chamanistes.

TcHOUKTCHES. — Occupent l'extrême nord-est sibérien. Pour Nordenskiœld ce sont les descendants mélangés de plusieurs races chassées vers le nord. D'autres auteurs leur attribuent une origine américaine. Us sont parfois de haute taille, parfois de taille moyenne. Les cheveux sont noirs, lisses, durs. Le visage est ovale, les pommettes un peu saillantes. Le nez est bien fait, n'a rien de mongolique, est souvent recourbé. La peau est blanche, légèrement foncée, la barbe peu fournie. Les extrémités sont fines. Ce type est celui des Tchouktches pêcheurs ou sédentaires aussi bien que des nomades. Les Tchouktches d'apparence allaîque sont l'ex-

1. Pallasi Voy., t. VI, p. 269. — Desmoulins, Histoire naturelle des races humaines, p. 129.

HYPERBORÊENS. 533

^eption, non la règle. L'indice céphalique de largeur est de 78.3 (mésalicéphalie) ; indice de hauteur-largeur, 95. Indice nasal, 45.9.

Les hommes se rasent la tête, ne laissent pousser qu'une couronne de cheveux. Les femmes sont tatouées, sur la face, sur les bras; les hommes le sont beaucoup moins. Ils vivent plusieurs familles ensemble sous des tentes de peaux de rennes; ont de légers canots en peau de baleine ou de phoque ; se nourrissent de la chair de ces deux animaux ou de celle du renne; n'ont généralement qu'une femme, qui possède dans le ménage une certaine autorité; sont fort superstitieux, mais sans aucune idée de divinité; sont de caractère doux et pacifique, n'ont aucune organisation sociale. Jadis, chez les Tchouktches, on tuait les parents âgés (d'ailleurs avec leur consentement) pour leur éviter les infirmités de la vieillesse. Aujourd'hui cette coutume est remplacée par le suicide volontaire, ce qui, assurément, constitue un progrès.

KoRUKS. — Au sud-est des précédents, dans la partie septentrionale du Kamtchatka. On ne les distingue pas des Tchouktches. Les uns sont sédentaires, les autres nomades.

Kamtghadals. — Ils occupent le midi de la péninsule, au sud des précédents. Ils sont de plus petite taille, ont le visage assez long, de fortes épaules. Le poisson forme le fond de leur alimentation; ils sont passés maîtres dans l'art du traîneau et de l'attelage des chiens. L'hiver ils se logent dans des trous creusés en terre. On ne trouve chez eux aucuns chamans, mais les vieilles femmes vaticinent. Les morts sont abandonnés aux chiens, et cela, parait-il, dans une intention religieuse.

AïNOs. — Ils habitent les îles Kouriles, au sud du Kamtchatka, le nord de l'île de Yéso, le sud de Sakhalin. C'est la population qui occupait jadis tout le Japon et a été refoulée

vers le nord par les Japonais, non sans laisser chez ceux-ci trace de son influence. La taille est petite : en moyenne l'^jSO ou 1"*,60 pour les hommes. La peau est d*un blanc basané, un peu cuivrée : cuivre sale, olivâtre (S. John). Chevelure et barbe très abondantes, corps velu. Œil grand, noir, européen. Nez fort. La mâchoire n'est pas projetée. Les épaules sont larges; les jambes courtes. Indice céphalique, 72.8 pour les hommes, 73 pour les femmes (Kopernicki), 77.5 (B. Davis); quelques pièces examinées par d'autres auteurs indiquent non pas la dolichocéphalie, mais seulement la sous-dolichocéphalie. Cette élongation et l'abondance du système pileux suffiraient à différencier TAino du Mongol. Indice orbitaire variant de 81 à 87; indice nasal, 50.5.

Parfois on trouve le tatouage chez les Aînos, qui s'ornementent ainsi l'avant-bras ; la lèvre est coloriée en bleu ou en noir chez les femmes. L'Aïno est chasseur et pêcheur, se vêt de peaux de bêtes, est polygame et épouse volontiers ses parentes. Il vénère les phénomènes naturels, a un culte spécial pour l'ours qu'il honore comme une sorte de divinité. Il passe pour intelligent, doux, craintif, hospitalier. Il n'appartient certainement pas aux races dites jaunes, mais les auteurs qui ont cherché à le rattacher aux Européens sont loin d'avoir fait la preuve de cette assertion. Desmoulins regarde les Aînos comme une des races primordiales de l'humanité, comme une véritable espèce, et Broca reconnaît après lui qu'ils constituent dans l'humanité un groupe tout spécial, entièrement isolé < qui témoigne victorieusement en faveur de la multiplicité des types humains* ».

GiiiLUKS. — Ils habitent le nord de Sakhalin (dont le sud appartient aux Aînos), et, sur le continent, la région du bas Amour, entourés du côté de terre par les Tongouses. Leur

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