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HYPERBORÉENS

Le véritable Eskimau est de moyenne ou de petite taille. Il faut attribuer à des influences de croisements les tailles de 1",68 à i",70 données, pour les hommes, par certains auteurs. La taille moyenne de l'",63 pour les hommes, de i'^jbS pour les femmes, parait être assez vraisemblable chez les Eskimaux non métissés de Danois ou d'Américains. Les Eskimaux de Touest, ceux du centre, ceux du Labrador l'emportent par la taille sur ceux du nord-est, que Ton s'accorde à regarder comme les plus purs de la race (B. Davis). La peau est basanée, d'un gris brunâtre ou clair, couleur café au lait (Petitot), en somme, de teinte variée, mais souvent très claire lorsqu'elle est dépouillée de toute crasse et de toute peinture (Bancroft,t. I", p. 545). Les cheveux sont noirs et droits, la barbe rare. Les yeux sont noirs, un peu obliques; les pommettes saillantes, la face plate et large, le nez petit, peu proéminent, disparaissant presque entre les joues, la bouche large, le menton fuyant.

Certains se tatouent, se passent des ornements dans les lèvres. Les mœurs sont généralement dissolues, les unions précaires; on pratique la polyandrie. Les morts sont recouverts d'un amas de pierres, ou abandonnés (Kumlien) ; parfois plies en deux et enfermés dans une boite, à quatre pieds du sol (Bancrofl). Les Eskimaux habitent, selon la saison, des tentes de peaux ou des trous creusés en terre; se vêtent de peaux de phoque ou de renne; ont de curieuses embarcations, les unes pouvant contenir toute une famille, les autres ne donnant place qu'au rameur. Ils croient aux sortilèges, aux maléfices, à une autre vie durant laquelle ils pourront satisfaire aux besoins de leur estomac. Ils sont sérieux, doux, imprévoyants, amis de l'indépendance.

En ce qui concerne leur origine, il est malaisé de se prononcer. Il n'est pas invraisemblable, toutefois, que ces habitants de l'extrême nord soient alliés aux plus anciens doli-

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chocéphales de l'Europe occidentale, et qu'ils aient immigré à la suite du renne dans les régions qu'ils occupent aujour- (Cf. Abbott, G. de Mortillet, Boyd Dawkins, Élie Reclus, Salmon. — Voy. ci-dessus, p. 367).

g 21. — I«e8 peuples khamitiqueB.

L'expression de c khamitique » n'est pas moins défectueuse que celle de « sémitique > ; elles proviennent toutes deux de la légende biblique, mais ont si bien prévalu qu^il est difficile de ne pas les employer. 11 suffit de les dénoncer comme purement conventionnelles.

Il n'y a guère de doute que les soi-disant Sémites et Khamites n'aient vécu jadis côte à côte en une région quelconque de l'Asie. Fr. Mûller place à six mille ans au moins, avant l'ère chrétienne, l'époque de l'apparition des Khamites en Afrique. Si l'on admet que les Égyptiens sont les derniers de ces immigrants (étant donnée leur position géographique), et si l'on accepte la date de 4445 pour la réunion des principautés égyptiennes sous un chef suprême, on peut facilement reporter i la date de cinq mille ou cinq mille cinq cents ans leur arrivée en Egypte. Or, avant les Égyptiens, d'autres Khamites avaient pénétré en Afrique : les Berbers, du côté de la Méditerranée; lesSomalis, les Gallas, etc., vers la côte orientale. Un espace de cinq cents ans pour cette première migration amène à six mille ans avant Tère chrétienne. D'autre part, si l'on accepte la parenté des Sémites et des Khamites, et si l'on admet que les Sémites sont venus des régions de l'Oxus et du Yaxartès, il faut accorder un temps convenable à la. migration khamitique de cette contrée vers l'Afrique, et Ton ne peut placer à moins de six mille cinq cents ans l'époque où Khamites et Sémites vivaient côte à côte au nord des pays éraniens. Fr. Mûller pousse plus

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loin les recherches chronologiques, mais nous n'avons pas à le suivre en ce moment sur ce terrain.

La famille khamitique est divisée en trois groupes : le groupe berber au nord-ouest; le groupe égyptien au nord* est; le groupe malencontreusement appelé éthiopien , au sud-est de TÉgypte.

Nous commencerons par ce dernier. Il comprend tout d'abordy au nord de son domaine, les Bédjas^ qui habitent entre le Nil et la mer Rouge, de Sô"" à IS"" de latitude. Des trois côtés de teiTC ils sont avoisinés par des populations de langue arabe. Leurs tribus sont nombreuses, mais ne forment pas un État ; chacune a son chef. Ils sont nomades, habitent sous des tentes de cuir, conduisent d'énormes troupeaux dont ils tirent leur nourriture; les Bédjas agriculteurs sont rares. Ils ne sont mahométans que de nom, au moins pour la plupart. L'hérédité est collatérale : c'est le ûls ou la fille de la sœur qui hérite ; les généalogies sont comptées par les femmes. On in&bule les petites lèvres des jeunes filles; la cicatrice est incisée à l'époque du mariage. Le Bédja n'est pas de grande taille ; sa peau est brun jaunâtre ; il porte les cheveux longs.' Le visage est ovale, le nez est parfois courbé, les membres sont fins. De nombreux mélanges ont eu lieu entre les Arabes et les Bédjas, et certaines tribus d'Arabes nomades ont même adopté la langue de ces anciens occupants du sol. Ce sont les Éthiopiens des anciens auteurs grecs.

Les BogoSf ou Bilens, habitent au sud-est des précédents, un peu au nord-ouest de Massaoua. Ils vivent à l'état patriarcal et pastoral, cultivent aussi le sol, sont envahis par l'islamisme.

Les SahoSy ou Chohos, sont au sud de Massaoua, au nord des Dankalis et occupent un territoire peu considérable. Ils sont nomades, mahométans.

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Les Agaom sont plus au sud-ouest dans l'Abyssinie. Us y forment en de nombreux endroits la couche inférieure de population, sur laquelle des Sémites se sont répandus. Les Falaehàs ou Juifs d'Âbyssinie sont, non pas des Sémites, mais bien des Agaous qui ont anciennement reçu le judaïsme et Font conservé. Ils n*ont rien du type juif. Ce sont de pai* sibles agriculteurs qui ne s'allient qu'entre eux. Leur peau est d'un brun olivâtre, leur musculature est peu puissante.

Les DankaliSj dont le nom propre est c Afars >, occupent une région plus étendue. Ils tiennent le pays côtier, ayant pour voisins les Sohos au nord, les Gallas et les Somalis au sud. Ils se distinguent à peine des premiers, sont maigres, élancés, ont la flgure ovale, passent pour une belle race. Ils sont pasteurs.

Les Somalis occupent plus au sud, la pointe orientale qui aboutit au cap Guardafui. A l'ouest, ils ont pour voisins les Gallas; au sud, des Bantous. On s'accorde à distinguer deux types chez les Somalis (Hildebrandt, Revoil, Hamy). L'un est le type dit khamitique : face ovale, front élevé, nez droit ou aquilin, fine mâchoire; l'autre type est plus ou moins négroïde : lèvres épaisses, nez large, prognathisme. La couleur de la peau du Somali varie considéralement : elle va du blanc au chamois. La taille est haute, élancée. Les guerriers portent les cheveux longs, frisés par mèches; les jeunes filles les tressent en mèches fines. Les hommes sont circoncis, on excise les nymphes aux filles. Gomme tous les nomades, les Somalis vivent sous la tente ; ils possèdent de grands troupeaux, et sont, en somme, assez civilisés.

Les GaliaSy ou Ormas, sont plus à l'ouest, dans Tintérieur des terres, et confinent à des populations nigritiques. On les représente comme une belle race, de haute taille, forts, ayant la face européenne, mais la peau plus ou moins bronzée, cuivrée. En général, les Gallas sont pasteurs; cer-

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tainSy passant à la vie sédentaire, sont devenus agriculteurs. Les Gallas, peuple très brave, combattent à cheval, avec la lance et le sabre. Les hommes sont vêtus d'une pièce de coton beurrée et portent les cheveux en longues tresses ; leiç femmes ont une jupe en cuir, et parfois un léger vêtement sur le torse. Ils vivent par clans, ayant chacun leur chef élu et pratiquant avec ardeur la chasse aux esclaves. Ils sont polygames. Très peu d'entre eux ont adopté le mahométisme. Certains auteurs ne leur reconnaissent point de parenté avec les Somalis et autres soi-disant Éthiopiens, et sont portés à les rattacher aux Bantous. Cette opinion n'est point sufTisamment établie. Il est assuré, en tout cas, que nombre d'entre eux trahissent évidemment un métissage nigritique (Th. Lefebvre); certains, par exemple, ont la peau noirâtre et la face plate. Comme chez les Somalis, il y a ici deux types : le vrai type de la race, le type élevé, et le type affecté par l'élément noir. D'après A. de Quatrefages et Hamy, certains clans gallas offriraient d'étroites affinités avec les Noubas.

La seconde branche de la famille khamitique était représentée par les anciens Égyptiens. Sur tout le territoire qu'occupait la langue de ce peuple, l'arabe est aujourd'hui parlé; mais la disparition de la langue n'implique pas la disparition complète de la race, et quelles que soient les vicissitudes qu'a connues l'Egypte dans le cours du moyen âge, le vieux type se retrouve encore. C'est dans la population agricole qu'il faut le chercher, chez les Fellahs, plus ou moins métissés de sang arabe, et chez les CopteSy qui ont été les derniers à perdre leur langue et ont été isolés par leur religion, le christianisme.

Les Fellahs forment la plus grande partie de la population égyptienne ; les Coptes, peu nombreux, se trouvent au Caire, dans la haute Egypte, au Fayoum. La peau est jaunâtre très

claire (Kremer), d'un hftle cuivré, ou brune; les cheveux noirs et frisés, la barbe noire ; les yeux sont noirs, assez grands. Tendus en amande, le nez droit et les narines dilatées, le visage est ovale et de forme un peu allongée. Les anciens Égyptiens étaient sous-dolichocéphales, avec un indice de largeur de 76, mais il est extrêmement probable qu'eux-mêmes déjà n'étaient pas indemnes de tout mélange, et l'on a signalé avec juste raison dans l'étude de leurs crânes un type fin et un type grossier.

Le troisième groupe khamitique est le groupe berber. 11 est tout à fait vraisemblable que les Berbers venant d'Asie, et pénétrant dans l'Afrique septentrionale, trouvèrent en cette dernière contrée des populations qui y étaient déjà établies. Fr. Mûller suppose que ces plus anciens Africains étaient les ancêtres des peuples rougefttres, qui sous le nom de Peuls, de Noubas, occupent aujourd'hui une partie de l'Afrique centrale. D'autres supposent que les Berbers poussèrent devant eux, comme avant-garde de leur race, les Ibères : ceux-ci, gagnant le Maroc, se rendirent en Espagne, atteignirent et dépassèrent la région pyrénéenne. Quoi qu'il en soit, avant l'invasion des Sémites arabes, lesBerbers détenaient tout le nord de l'Afrique, toute la contrée située audessus du territoire des Nègres. Ce vaste pays est occupé aujourd'hui non seulement par eux, mais encore par des Arabes. Géographiquement parlant, moins de la moitié du territoire africain situé au nord des Noirs est de langue berbère, l'autre partie de langue arabe. L'Egypte, Barka, Tripoli, Tunis appartiennent à cettte dernière moitié, c'est-à-dire tout l'est; au centre, l'Algérie centrale et orientale; à l'ouest la côte occidentale du Maroc et, plus au sud, la plus grande partie du pays des Maures. Le pays de langue berbère comprend une partie du nord-est algérien ; au sud, l'immense domaine des Touaregs sahariens; à l'ouest, le Maroc oriental

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et central, la côte de TAtlantique depuis Mogador jusqu'à â^*" de latitude, et, plus au sud, le territoire zénaga en plein pays maure et confinant au Sénégal. Mais la frontière linguistique n'est point celle de la race : dans les pays de langue berbère il est rare que la race ne soit pas également berbère; peu d'Arabes ont adopté la langue des précédents occupants; au contraire, dans les pays de langue arabe il arrive fréquemment que la population est berbère par la race'.

Les KahyleSy qui se nomment eux-mêmes « Imazighs >, se distinguent en Kabyles d'Alger et en c Chaouïas», Kabyles de Constantine ; ceux-ci ne sont pas seulement cultivateurs, ils élèvent aussi des troupeaux. Au sud de ces derniers (dont ils sont séparés d'ailleurs par des populations de langue arabe), se trouvent les Béni Mzab (entre Touggourt, Ghardaya, Ouargla). Dans le Maroc, les indigènes de même race reçoivent le nom de Chellouhs. Tels sont les Berbers du nord auxquels on applique communément le nom de Kabyles. Il sera parlé plus loin des Zénagas du nord du Sénégal, puis des Touaregs.

Sabatier, Topinard reconnaissent deux types chez les Kabyles (abstraction faite des Berbers blonds que nous mentionnerons plus loin). En tout cas, pris d'une façon générale, le Kabyle est de taille moyenne (4'',64), musculeux et souvent trapu, a les cheveux noirs ou châtains, le teint clair ou hâlé, les yeux grands et bruns, le nez de forme moyenne et un peu arrondi par le bout, les oreilles larges, la face plutôt ronde que longue, les lèvres fortes, le front étroit, les arcs sourciliers marqués. Les femmes sont sans beauté (Perier), Le crâne kabyle est allongé: 77.3 d'après Lagneau, 76.7 d'après Topinard et Gillebert-Dhercourt. A. de Quatrefages et Hamy donnent un indice de 73.9 pour vingt-huit crânes

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