Rev, d'Ethnogr., t. IV, p
Éraniens orientaux et des llindous (Khanikoff, Spiegel, Girard de Rialle) ne laisse aucun doute sur la présence du vrai type éranien dans le Khorassan et le Kirman : on y trouve, en efiet, des indices cépbaiiques de 71 à 75.
Les Afghans (Pakhtouns ou Pashtouns), qui sont eux aussi à Touest des Kafirs, se trouvent enveloppés au nord et à Touest par des Tadjiks. Dans cette région, où bien des mélanges ethniques se sont produits, ils forment la couche supérieure de population et sont adonnés à la vie pastorale, laissant auxTadjiksragricuIture etlecommerce. La peau de l'Afghan, dit Khanikoff, est d'un éclat mat et d'une couleur généralement bistrée. La tête est allongée, a un indice moyen de 77 (Duhousset), 74.8 (B. Davis). Les cheveux, les sourcils, la barbe sont noirs et épais ; la forme du visage est ovale, allongée, le nez est grand. Us vivent divisés en tribus, sont sociables, actifs, passionnés pour la chasse. Le mariage a lieu par achat de la femme. Les Afghans sont mahométans sunnites, mais point intolérants.
Au sud des précédents sont les Bélautches^ qui donnent sur la mer d'Oman et ont pour voisins occidentaux les Tadjiks du Kirman. La plupart des Béloutches sont adonnés a la vie pastorale. Us sont tout à la fois hospitaliers et pUlards; ils possèdent un grand nombre d'esclaves enlevés à main armée dans des expéditions. Ceux d'entre eux qui n'ont pas subi de métissage présentent le vrai type éranien, voisin du type noble hindou : ils ont le nez mince et aquilin, la figure ovale, le système pileux fourni, la tète allongée. Mais il en est un grand nombre qui ont reçu l'influence d'éléments étrangers, ont la peau assez foncée. Us sont en contact avec les Brahouis que certains auteurs veulent rattacher aux Dravidiens de l'Inde méridionale, et dont ils se distinguent nettement sous tous rapports.
En traversant de l'est à l'ouest le pays des Tadjiks (Kir-
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man, Yezd, Ispahan) nous arrivons aux Éraniens occidentaux, et d'abord aux Loiirs. Ils se divisent en Bakhtiaris et en Féilis. Ils ont pour voisins de Fouest des Arabes, pour voisins du nord les Kourdes. Éraniens par la langue, ils sont loin de représenter le type éranien, le type oriental. L'élément allaïque a joué chez eux un rôle considérable. Duhousset les donne comme de taille moyenne, robustes, ayant le teint brun, les cheveux noirs, longs, ondes, le nez gros, aquilin, abaissé sur les lèvres, la mâchoire forte, les pommettes saillantes, le front fuyant, l'occiput taillé droit. Ils sont nettement brachycéphales. Khanikoff les considère comme très mélangés avec les Sémites de la Mésopotamie et les Turcs de l' Asie-Mineure. Leur brachycéphalie proviendrait des rapports avec les populations altaïques. En somme, ils n'ont guère d'éranien que la réputation et la langue.
Il en faut dire autant de leurs voisins septentrionaux les KourdeSj qui habitent à l'est des Arabes et des Turcs, au sud des Arméniens. Les Kourdes, éraniens par la langue, sont fort mélangés. Les uns présentent un type fin et noble, d'autres un type grossier. Bien des éléments ont contribué à la formation de ce peuple. En tout cas, on a remarqué la ressemblance de beaucoup d'entre eux avec les Afghans (Spiegel), dont ils ont le nez aquilin. Toutefois, la majorité d'entre eux sont sous-brachycéphales (indice de 81 d'après Chantre) ou même brachycéphales (indice de 85 d'après Duhousset). Us sont fortement mélangés avec leurs voisins occidentaux. C'est le peuple pillard par excellence ; chez eux le vol à main armée est un acte essentiellement honorable. Les vieillards, dit KhanikoiT, sont remarquablement beaux ; presque tous ont des tètes de patriarches, mais ces traits calmes et vénérables appartiennent à de purs brigands. Ils ne forment pas une nation au sens propre du mot ; leurs tribus les plus nombreuses sont en pays turc, et le centre
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de leur domaine se trouve au plateau de Yan (Reclus). En maintes régions de leur territoire ils se fondent avec les peuples environnants. A Test de la Caspienne (au sud du territoire turcoman et au nord des Tadjiks) on trouve des Kourdes aux environs de Meched en Khorassan, particulièrement au nord-ouest de cette ville. Les Kourdes élèvent, pour les vendre, des chevaux et des bestiaux; leur industrie, très rudimentaire, consiste surtout en la fabrication de grosses toiles en poil de chèvre. Ils pratiquent un islamisme très imprégné de vieilles croyances nationales.
Au nord des Kourdes sont les Arméniens^ à l'ouest de la Caspienne, au sud de populations turques, géorgiennes, tatares. Des événements historiques ont disséminé les Ai*méniens, en ont fait une sorte de peuple juif, mais ils ont su garder précieusement leur nationalité. On peut penser avec Khanikoff que la colonie arménienne d'Astrakhan a conservé pour le mieux le type de la race. Ce type est incontestablement le type éranien, le type de Test : peau blanche, cheveux noirs, barbe noire et bien fournie, tête allongée, visage ovale, yeux noirs, nez long, fin, aquilin, proéminent. Les Arméniens sont commerçants, industriels, en certaines régions cultivateurs, généralement très pacifiques. Ils habitaient plus au sud, il n*y a pas longtemps encore, et ont été chassés vers le nord par les persécutions.
Plus à Test, sur la Caspienne, dans les territoires de Bakou et de Lenkoran, les Tats sont fortement métissés par les Tatars qui les environnent.
Les Gourans qui habitent dans le Kourdistan, aux environs de Souléïmanieh, sont des paysans qui présentent le type éranien plus ou moins métissé.
Les Ossètes du Caucase appartiennent par la langue au groupe éranien, mais les caractères de race les éloignent tellement des populations éraniennes, même métissées, que
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nous devons renvoyer, en ce qui les regarde, au passage concernant les peuples dits caucasiens.
De ce qui précède il faut tirer la conséquence qu'un groupe ethnique dit aryen existe au nord -ouest de Tlnde et à l'est de rÉran ; que ce type est caractérisé par une peau blanche, une chevelure noire et abondante, une barbe noire et fournie, de beaux yeux noirs, un nez fin et aquilin, un visage ovale, un crâne de forme allongée. Â Touest ce type a été très métissé (chez les Tadjiks occidentaux, chez les Lours, chez les Kourdes) : le crâne s'est raccourci, la face s'est ramassée et élargie; mais il paraîtrait que si la race mélangée est livrée à elle-même, ne reçoit plus d'éléments tatars, le type éranien ne tarde pas à se rappeler et â devenir prédominant ^ Quant à la question de savoir si c'est du haut pays arménien que la race dite aryenne a gagné, dans une très haute antiquité, le Pamir, le Kafiristan, les régions du haut Indus et du haut Gange, nous ne pensons pas qu'elle soit encore résolue. Si la réponse doit être affirmative, il restera à chercher quels rapports a pu avoir cette race avec la race sémitique, qu'elle aura en ce cas avoisinée, l'une devant tendre vers l'est (Aryens), l'autre vers le sud-ouest (Sémites).
g 29. — Iiea peuples du Caucase.
Il n'y a pas unité de race chez les peuples du Caucase ; on ne peut les diviser en un groupe du nord et en un groupe du sud : pas plus sous le rapport ethnique que sous le rapport linguistique, les populations caucasiennes ne se prêtent à une unification. En autres termes, il n'existe pas une race caucasienne, mais bien, autour du Caucase, un groupement