ALBANAIS
1er, Fligier) ; les Ulyriens seraient les Pélasges occidentaux (H. d'Arbois de Jubainville). Les caractères ethniques de Tensembledu peuple pélasgique sont encore dans l'obscurité. En ce qui concerne les Thraces, les auteurs anciens les représentent comme une race blonde et de teint clair (Diefenbach, Vœlkerkunde OsteuropaSy t. I, p. 110); pour les Ulyriens, les renseignements font à peu près défaut. Quoi qu'il en soit, on trouve chez les Albanais actuels et des blonds et des bruns. Ceux du nord, lesGhègues, sont bruns, ont le teint basané; ceux du sud, les Tosques, sont blonds et de carnation claire. Chez tous la taille est élancée, le cou assez long, le corps maigre, nerveux et musclé. Si les anciens Thraces étaient réellement de complexion claire, il semble vraisemblable que les Albanais du sud sont les représentants du type, et on pourrait supposer qu'ils sont alliés aux anciens Grecs blonds, à tète allongée. Les Alba* nais bruns du nord ne seraient alors que des étrangers ayant adopté la langue albanaise. La question est obscure. En tout cas, même chez les Albanais du nord, on rencontre des teints clairs et des tètes plus ou moins allongées : ce seraient les témoins de l'ancienne race, métissée dans la suite des temps.
Les Albanais occupent la partie* occidentale de la Turquie européenne. A l'ouest, ils donnent sur la mer Adriatique depuis le sud du Monténégro jusqu'à 40^ de latitude ; pour voisins du nord ils ont les peuples serbes (Monténégrins, Bosniaques, Serbes); à l'est, ils confinent aux Bulgares; au sud, ils ont pour voisins les Grecs septentrionaux. Ils se mé* lancrent fortement avec ces derniers aux environs de Janina. Un trouve encore de nombreux Albanais dans les provinces grecques de Béotie, d'Attique, de Corinthie et dans l'Italie du sud. Le nombre total des individus de langue albanaise serait d'environ 1.900.000 (Miklosich). Le nom propre de
cette population est celui de Skipelars^ montagnards. C'est un peuple dont la civilisation n'est pas fort avancée et dont les mœurs et la vie domestique sont des plus rudes. Le rôle de la femme est très subordonné. La fortune générale se compose de bestiaux : chèvres et moutons dans le haut pays, bœufs dans la plaine. L'Albanais est pasteur, mais surtout guerrier. La fraternité d'adoption est une des vieilles institutions du pays. Nombre d'Albanais ont embrassé le mahométisme, aussi bien dans le nord que dans le sud. Ceux d'entre eux qui sont chrétiens appartiennent dans le nord à l'église latine, dans le sud à l'église grecque. Les Mirdites sont les Ghègues papistes. On évalue aux deux tiers de la population totale les Albanais musulmans.
Il est très vraisemblable que l'Italie du sud a été anciennement peuplée par une race dolichocéphale, dont une partie des Albanais (sur l'autre bord de l'Adriatique) sont probablement les descendants. Nous parlons des anciens Pélasges, représentés par les Thraces et les lUyriens. Les Japyges, les Messapiens auraient appartenu au groupe illyrien ; ils seraient venus dans ces régions méridionales, non par mer, mais par voie de terre. Nombre d'autre populations de même race auraient occupé très anciennement tout le napolitain. Quant à la population du nord, elle appartenait à la race celtique à tète globuleuse. Les invasions germaniques métissèrent cette dernière race en Lombardie, mais le fonds même resta celtique. A Modène, et surtout dans toute la campagne environnante, la brachycéphalie domine de beaucoup \ C'est également le crâne court, ou arrondi, que l'on rencontre au centre de la péninsule. L'ancien type latin, ombrien, osque, devrait être rangé dans le groupe celtique, mais greffé sur une population plus ancienne à tête allongée.