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2. Beddoe, AnthropoU Review, t. V, p. 854. DaUy, BulL de la Soc. dWnthrap., 1873, p. 256; Associai, franc, pour ravancement des Sciences, 1874, p. 517. Vanderkindere, BulL de la Soc, dTAnthrop. de Bruxelles, t. 111, p. 379.

dépasse pas âO p. 100; qu'il n'atteint point 33 dans la basse Autriche et la Bohême. Il est tout à fait probable que le type brun déjà dominant dans ce» régions, ne fera qu y gagner sur le type septentrional qui semble moins résistant.

g 28. — Classification des races.

Ce n'est qu'après avoir passé en revue les populations actuelles les plus importantes, qu'il est possible de parler du mode, ou mieux, des modes divers de les classer. Nous ne ferons pas l'historique des nombreuses classifications ethniques qui ont été proposées ; il suffira de citer les principales d'entre elles, et ce qui a été dit au cours de l'examen très sommaire qui précède permettra de juger de leur plus ou moins de valeur.

Dïsons-le tout d'abord, un seul caractère, quel qu'il soit, ne peut suffire à établir une classification ethnique. N'envisage-t-on que les cheveux, il est clair qu'on ne peut accepter un groupement comprenant dans la catégorie d'individus à cheveux lisses et bouclants les peuples européens et les peuples dravidiens ; on ne peut accepter comme clas* sifiant, un caractère, qui dans la catégorie des individus à cheveux lisses et raides, réunit Australiens et Mongols. Une classification établie sur la taille réunirait les Patagons, les Polynésiens, les Cafres, les Scandinaves ; elle rapprocherait dans un autre groupe les Magyars, les Chinois, les Hindous ; dans un troisième groupe les Lapons, les Papous, les Yeddas. et ainsi de suite. La couleur de la peau établit assurément une division très simple en hommes blancs, hommes jaunes, hommes noirs. C'est sur ce caractère qu'est fondée la classification de Cuvier en Caucasiens, Mongoliques et Nègres, classification courante. On ne peut nier toutefois qu'elle ne

soit foi^ attaquable ^ Parmi les prétendus jaunes, en effet, il y a des blancs très caractérisés, par eiemplc les Mordvins. Parmi les hommes de ' race jaune », les uns ont la face ovale (Yakouts, Tatars de Kazan), les autres la face arrondie (BouriateSy Ostiaks) ; les uns ont les yeux bridés (Tongouses, Mongols), d'autres ne présentent pas ce caractère. Parmi les hommes de € race noire », les uns ont les cheveux lisses (Australiens, Dravidiens), les autres ont les cheveux laineux (Papous, Nègres d'Afrique) ; les uns ont le crâne allongé (Guinéens, Cafres, Papous), les autres ont le crâne arrondi (Négritos) ; les uns sont de petite taille (Négritos), les autres de haute stature (Cafres). Ici encore un groupement est impossible. Mêmes difflcultés si Ton s'en rapporte uniquement àTindice céphalique : AustraIiens,Eskimaux,Néo-Calédonien seraient groupés ensemble ; Basques, Chinois, Scandinaves formeraient un autre groupe ; de même Celtes et Mongols. L'indice nasal réunirait Lapons et Dravidiens. L'indice orbitaire grouperait Indo-Chinois, Celtes, Eskimaux. Il est aisé de voir par ces quelques exemples qu'un caractère unique est incapable d'établir des divisions ethniques. C'est d'ailleurs ce qu'ont reconnu un certain nombre de classiûcateurs.

La classification de Linné était géographique : homme américain, homme européen, homme asiatique, homme noir, — sans parler de l'homme sauvage et de l'homme anormal. En tout cas, cette classification réunissait plusieurs caractères. Le premier groupe était défini rougeâtre de peau, ayant les cheveux noirs, droits et gros, à peu près imberbe; le second, blanc, sanguin, ayant les cheveux et les yeux clairs; le troisième, jaunâtre, glabre, ayant les cheveux foncés ; le quatrième, noir, ayant les cheveux crépus, de grosses lèvres, etc. Blumenbach après avoir classé les races humaines

1. Isid. Geoffroy Saint-Hilaire, Mém. de la Soc, dWnthrap.fi.Vr, p. 128. HOVRLAGOUE cl G. HERVÉ. — Anlhropoîogie. 38

59i PRÉCIS D'ANTHROPOLOGIE.

en cinq groupes, selon la couleur de la peau (races caucasique, mongolique, américaine, noire, malaié), n*hésite pas à déclarer qu'un seul caractère descriptif est insuffisant. Il définit la première race : face ovale, droite ; nez étroit, légèrement recourbé; os malaires non proéminents; menton plein, rond; la seconde : face large et aplatie; intervalle orbitaire plat et large; nez aplati; joues arrondies, se projetant en dehors; ouverture palpébrale étroite; yeux bridés ; menton assez proéminent; la troisième : face large mais non aplatie, joues proéminentes, front bas; la quatrième : face étroite, proéminente dans sa partie inférieure; yeuï à Qeur de tète; nez épais, épaté; lèvres gonflées; menton fuyant; la quatrième : face moins étroite; nez plein, assez large, bouche grande.

Lacépède reconnaissait quatre races principales et les définissait d'après plusieurs caractères. Dans la première il plaçait les Abyssins, les Maures, les Persans, les Indiens, les Turcs, les Circassiens, presque tous les Européens : visage ovale, nez proéminent, angle facial de 90'. Il plaçait dans la seconde race les Mongols, les Chinois, les Tibétains : front plat, yeux obliques, nez petit, joues saillantes, grosses lèvres, angle facial moins ouvert. Dans la troisième les noirs africains : front plat, nez épaté, joues proéminentes, mâchoires saillantes, angle facial encore moins ouvert. Dans la quatrième les Lapons, les Samoyèdes, les Ostiaks, lesEskimaux : visage très plat, corps trapu, taille très petite. Il regardait les Malais comme émanant des Arabes, des Maures, des Indiens. Tandis que Buffon croyait à une teinte originelle blanche, Lacépède pensait que c l'espèce humaine a dû présenter sur toute la surface de la terre qu'elle a occupée, la couleur noire qu'elle ne montre, dans les temps modernes, que vers les pays brûlés par un soleil ardent >. A ses yeux la race hyperboréenne n'est pas primitive : elle est le résultat

de la rigueur constante de la température sur des individus appartenant originairement à une ou deux autres races, et repoussés jadis dans les régions polaires. Quant aux Américains, ceux du nord sont des individus de race mongole venus par le nord-ouest; ceux du sud ont la même origine ou descendent de navigateurs malais, — à moins, ajoute-t-il, qu'il n'y ait une ou deux races américaines aborigènes.

Pour Duméril, la couleur de la peau ne devait pas servir d'élément principal de classification; l'ensemble des traits du visage lui paraissait fournir des caractéristiques plus sûres, et il admettait, en partant de ce critérium, cinq variétés principales ou races : caucasique (ou arabe-européenne), hyperboréenne, mongole, nègre, américaine.

Virey reconnaît deux espèces, les caracrérise d'après leur angle facial, conformément au tableau que voici :

Genre humaÎD

I** espèce

Angle facial

de plus

de 85»

2* espèce

Angle facial

de moins

de 85°

^ . , , ( Arabe-indienne.

Race blanche ; /, „•

^ Celtique-caucasienne.

Race basanée

Chinoise.

Kalmouk-mongole.

f Laponne-osliaquc.

Race cuivreuse Américaine.

Race brune foncée Muluie.

Race noire

Race noirâtre

^ Cafres.

} Nègres.

^ Hottentots.

I Papous.

C'est à la nature des cheveux que Bory Saint-Vincent demande la caractéristique ethnique. Dans un premier groupe, celui des € léiothriques », hommes à cheveux lisses, il place onze c espèces » : lajapétique (comprenant les races i^aucasique, pélasge, celtique, germanique), l'arabique (com-

prenant les races atlantique et adamique), rhindoue, la scy* thique, la sinique, l'hyperboréenne, la neptunienne (comprenant les races malaise, océanique, papoue), Taustralasienne, la colombique, Taméricaine, la patagone. Dans le groupe des € ulotriques », hommes à cheveux crépus, il place quatre c espèces» : l'éthiopienne, la cafre, la mélanienne, labottentoie.

Desmoulins décrit seize types, seize <r espèces », et invoque, non pas un, mais bien plusieurs caractères ethniques. Ces seize espèces sont les suivantes. — Scythique : incisives verticales, cheveux rouges ou blonds, peau d'un blanc mat ou un peu cuivré, iris bleu ou grisâtre (races indo-germaine, finnoise, turque). — Caucasienne : visage un peu arrondi, mais avec le nez, les yeux et le front purement dessinés; cheveux et yeux noirs, taille svelte. — Sémitique : incisives verticales; cheveux et iris foncés ; taille moyenne ; visage ovale ; yeux bien fendus; nez droit; corps velu (races arabe, étruscopélasge, celtique). — Atlantique : incisives verticales, visage ovale, nez bien caréné (Guanches, Kabyles). — Indoue : incisives verticales; peau, du café cru au café brûlé; cheveux noirs, lisses chez les uns, frisés chez d'autres. — Mongolique : cheveux lisses, raides, gros, noirs; barbe grêle ou nulle; incisives verticales; visage en losange; yeux obliquement fendus ; nez épaté à la racine ; mains et pieds petits; jambes arquées (races indo-sinique, mongole, hyperboréenne). — Kourilienne : taille moyenne, trapue ; membres forts ; nez d'une venue avec le front ; yeux horizontaux ; peau couleur d'écrevisses vivantes ; très velus. — Éthiopienne : cheveux laineux, crâne comprimé, front déprimé, nez écrasé, peau et cheveux noirs. — Euro-africaine : cheveux laineux , peau noire, crâne moins comprimé, nez peu déprimé (Cafres). — Austroafricaine : cheveux laineux, nez très épaté, peau jaune bistre ou couleur de fçuille morte (races hottentote,bochimane). —

Malaise ou océanique : crânes conformés comme ceux des Européens, pommettes un peu plus larges, cheveux lisses et noirSy peau olivâtre ou brune (Caroliniens, Dayaks, Javans, Polynésiens, Ovas). — Papoue : peau de Nègre ; cheveux noirs, demi'laineux, très touffus; barbe noire et rare; ouverture nasale très évasée. — Nègre océanienne : peau tout à fait noire; crâne comprimé et déprimé; cheveux courts très laineux, nez écrasé à la racine et épaté, lèvres grosses ; angle facial très aigu (Moys, Dayaks, intérieur de Bornéo, Nouvelle-Calédonie, etc.). — Australasienne : cheveux lisses noirs; barbe et poils rares ; peau noire ; membres grêles ; nez très élargi (Nouvelle-Hollande). — Colombienne : tête allongée, nez saillant, front comprimé, teint rouge de cuivre, cheveux noirs, barbe rare, nubilité précoce (Amérique du nord, plateaux et pentes des Cordillières, archipel caraïbe). — Américaine : tète généralement sphérique, front large, pommettes saillantes, nez épaté, cheveux noirs et raides, lèvres très grosses ; peau ni noire, ni jaune, ni cuivrée (Omaguas, Guaranis; Botocudes; Mbayas, Charmas; Araucans, Puelches, Patagons ; Fuégiens).

Sur tous autres caractères, Cuvîer donna nettement la prééminence à la couleur de la peau : blanche, jaune, noire; d'autres, après lui, ajouteront le cuivré, le brun, le rouge, mais la classification de Cuvier restera orthodoxe pour un temps assez long.

Retzius invoqua comme caractéristiques ethniques, d'abord le plus ou moins de longueur de la tête, puis le degré de projection du maxillaire. Ces deux caractères, comme l'a démontré Broca, ont une valeur moins importante que celle de rindice nasal.

C'est à un ensemble de caractères divers que s'adressa Isidore Geoffroy Saint-Hilaire. Proclamant l'impossibilité de caractériser les races par des différences dans leur colora-

tion, il attribua la priorité à la nature des cheveux, divisés en lisses et en crépus ; la forme du nez vint en second lieu ; en troisième lieu celle des yeux (au moins pour certaines races); en quatrième lieu le ton de la peau. Il arrivait à un total de douze races, dont quatre représentaient des c types principaux », et dont les huit autres étaient c secondaires ». Les quatre types principaux^ caractérisés par la forme de leur visage, étaient les suivants :

droit ovalaire (ou I. Ttpi gadcasioue Prédominance des parties orthognathe) tupérieuret de la tête

(front, crâne, cerveau).

large, à pommettes II. Ttpe hongoliquc Prédominance des parties proéminentes moyeimei (partie supé-

Visage { (ou eurygnathe) rieure de la face).

proclive \ou pro- III. Type éthiopique Prédominance des parties gnathe) tn/ërie«rfs(màchoires).

large et proclive IV. Type hottemtot Prédominance des parUes (ou eurygnathe moyennes eiinférieuTe*

et prognathe) (toute la Ikce) .

Nous donnons plus loin le tableau d'ensemble des douze races, tableau ayant pour point de départ le mode d'insertion des cheveux (Voy. p. 599).

Isidore Geoffroy divise en outre la race caucasique en deux branches, l'une composée d'individus ayant la tète allongée (Aryens, Sémites, Nilotiques), l'autre composée d'individus à tête courte (Slaves). Il subdivise également la race américaine. La race paraboréenne comprend les Hyperboréens à tête allongée. Au surplus, ajoute l'auteur, on pourrait dès à présent doubler le nombre des races humaines.

A. de Quatrefages divise la c souche » humaine en trois c troncs » : blanc ou caucasique, jaune ou mongolique, nègre ou éthiopique. C'est, en somme, la classification fondamentale de Cuvier : les caractères tirés des cheveux, du nez,

es o

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