Hamj, Bull, delà Soc. d'Ai^hrop., 1882, p
dents, parfois on les a cannelées ; la mode s'est ingéniée ici comme dans tout autre procédé d'ornementation. Toutefois, c'est peut-ôtre dans l'art de la coiffure qu'elle a rencontré ses grands triomphes. Certaines populations nigritiques ont porté cet art à l'extrême limite, en Afrique, en Mélanésie; les progrès de la civilisation simplifient (au profit, d'ailleurs, de la propreté et de l'hygiène) ces pratiques extravagantes dont les restes, cependant, se perpétuent d'une façon tenace dans les mœurs européennes. *Letourneau a tracé dans le maître livre auquel il faut toujours emprunter', un rapide tableau de l'évolution du goût de la parure, si général dans l'humanité. Ce goût se manifeste d'abord parla mode des enduits colorants; le rouge surtout est recherché. Puis viennent les mutilations, les déformations, le port des bijoux. Avec le temps, les mutilations sont moins hideuses et les bijoux prennent un caractère artistique : le vêtement traduit à son tour les goûts divers de l'ornementation. D'abord commun aux deux sexes, le plaisir de la parure devient peu à peu le lot de la femme : les brillants costumes des fonctionnaires, des prêtres, des militaires, des magistrats, les décorations, sont les reliques d'un passé sauvage que les progrès de la civilisation doivent faire disparaître peu à peu. L'habitation primitive consiste dans l'abri temporaire qu'offrent le premier rocher, le premier trou, le premier arbre venus, contre les intempéries. L'homme contemporain de Velephas antiquus et de l'hippopotame fréquentait peu les cavernes par crainte des carnassiers assez nombreux qui y trouvaient leur refuge; la température, d'ailleurs, était douce et uniforme. C'est à l'époque de l'industrie moustérienne, à l'époque de Velephas primigeniu^ (mammouth),
1. La Sociologie d'après VEthnogr,, p. 88. — Mougeolle, Rev. <CAnthrop^,