INDUSTRIE
au sud de TÂbyssinie S certains Papous ^ En fait, pour un certain nombre de peuples sauvages, l'extinction du feu est une grave mésaventure. Nombre de tribus australiennes ont une peine extrême à le reproduire ^ ; aussi les indigènes, lorsqu'ils changent de campement, emportent-ils à la main un tison allumé, un cône de banksia qui demeure longtemps sans se consumer ; le brandon vient-il à s'éteindre, plutôt que de s'épuiser à faire un feu nouveau, on se met en quête de quelque autre troupe ayant réussi à conserver les restes d'un foyer. Bien des noirs africains, au dire de Lîvingstone, ont tout autant de peine à se procurer l'élincelle si utile. D'après Leguay, ce fut la vieille industrie de la taille du silex qui révéla le plus ancien mode de production du feu, le feu par percussion, que l'on recueillit au moyen de quelque végétal desséché. Les Bahnars de l'Indo-Chine enflamment avec du silex une sorte d'amadou * ; certains Eskimaux obtiennent de même le feu par percussion de pierres (Ibid., t, IV, p. 680) et la même pratique se retrouve en différentes régions américaines (Lafitau). Le frottement de deux morceaux de bois l'un contre l'autre constituerait un procédé moins ancien. Ce système de friction a été usité dans toute TOcéanie (chez les Mélanésiens comme chez les Polynésiens), en Malaisie*, et dans d'autres régions. Le frottement par giration a été signalé en Afrique (Alberti, Campbell, Barrow), en Polynésie, en Australie, chez les Carolins (Rienzi), chez les peuples hyperboréens, en Amérique S chez les Veddas (Em. Tennent), etc. Le briquet domina longtemps chez les
1. Bûchner, Vhomme selon la science, p. 295. â. Rev. (CAnihrop., 1883, p. 499.
3. Houzeau, Études sur les facultés mentales des animaux comparées à celles de Vhomme, t. II, p. 285. — Letourneau, La Sociologie, p. 556.