‹ Précis d'anthropologieChapitre 299 sur 319 · Congrès des Américanisles, 1875, p · texte numérisé non relu

Congrès des Américanisles, 1875, p

6i0 PRÉCIS D'ANTHROPOLOGIE.

peuples civilisés, destiné à être supplanté par les procédés de la chimie moderne.

L'industrie, qui, après Tusage de simples instruments bruts S se manifesta tout d'abord par la taille de pierres que Ton prenait à pleine main, sans les emmancher, en est restée chez quelques populations actuelles, non pas a cette condition primitive, mais à un état très rudimentaire de développement : il suffit de citer les Australiens, les Bochimans, les Fuégiens, les Botocudos, sans parler de bien d'autres peuples*. L'art de la poterie, inconnu à l'homme des temps géologiques de l'Europe occidentale, apparaildans cette région avec l'époque dite < robenhausienne >, avec l'industrie du polissage de la pierre, avec les habitations lacustres, avec les sépultures mégalithiques. Plus d'un peuple contemporain ignore la poterie. Les Australiens ne l'ont connue que par le contact avec les Européens; il n'y a pas et il n'y a jamais eu de poterie australienne. Les vases que les Australiens employaient pour recueillir l'eau étaient faits d'un morceau de « fucus palmatus > coupé circulairement et plié comme une bourse (Labillardière). Même ignorance de la poterie chez les sauvages Veddas de Geylan '. On sait, d'après G. Buchanan, qu'au xvp siècle, lés Hébridais nos voisins faisaient bouillir la viande dans la peau de la bête elle-même*. L'absence de poterie en Polynésie est un fait particulièrement curieux, car ici on se trouve en présence d'une population qui est loin d'être aux degrés inférieurs de l'humanité; c'est par les Européens que les Polynésiens ont connu la poterie. Chez certains peuples la fabrication des pots a été abandonnée aux femmes, par exemple chez les Néo-Calédoniens.

Page 1