Journal ofthe anthrop. Instit, 1883, p
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d'hui prodigieux^; toute la vie sociale hindoue repose sur la distinction des castes. La Chine moderne n'est qu'une hiérarchie de lettrés, supérieure sans doute dans sa conceplion à la hiérarchie du sang, mais c'est encore une hiérarchie. L'Europe contemporaine se libère enfin peu à peu du joug des classes dirigeantes, et elle tend manifestement à faire disparaître l'inégalité des conditions. Tant s'en faut qu'elle soit arrivée au but, et l'esprit féodal, nobiliaire, militaire, règne encore dans trop de contrées, même républicaines. Mais l'évolution est indéniable, et l'établissement de fédérations démocratiques, dans tout l'occident, n'est plus qu'une question de temps. Ce qui différenciera de la vieille période anarchique le système définitif de liberté, ce sera le sentiment de la solidarité et de l'équité, la reconnaissance et l'affirmation pratique de 1' c aide pour la vie ».
Broca a soutenu avec juste raison que la reugiosité n'est pas un caractère propre et distinctif de l'humanité'. L'origine de toute religion réside dans la crainte de l'inconnu, non pas d'un inconnu surnaturel (car le sauvage ne fait point de distinction entre le naturel et le surnaturel), mais dans la crainte de quelque événement inattendu et dont les résultats peuvent être un mal immédiat. Cette conception est tellement profonde que, chez bien des peuples ayant dépassé les premiers âges de l'humanité, le culte des dieux est uniquement le culte des dieux méchants; on n'en connaît point d'autres, si bien qu'à l'origine la formule est exacte c dieu c'est le mal' >. On a cité nombre de populations
1. Monior Williams, Hinduism, p. 151. — J. Viason, Let cottes du $ud de VInde.
2. Bull, de la Soc. d*Anthrop., 1866, p. 74. Cf. ct-dessos, p. 10.
S. Dalton, Descript, EthnoL of Bengal, p. 16. —> Deponc, Magtu. von merkw, Rei$ebe9chr.,X, XXIX, p. U3. — L. de Vaux, Rev. d^Ethnogr., U II, p. 311. — WaiU, Anthrop. der Naiurvœlker, t H, p. 169.