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Girard de RiaUc, La mythologie comparée, t !*', p

des grands phénomènes naturels répond à la phase religieuse dite polythéiste * ; une élagation successive aboutit soit à un monothéisme plus ou moins parfait, plus ou moins entaché de fétichisme (judaïsmci christianisme, mahométisme), soit au panthéisme qui n'est qu'un compromis entre rhypothèse et la certitude (André Lefèvre, op. ctf., p. 328). Enfin Tesprit humain se libère, grâce à l'observation et à Texpérience, et il en arrive à l'athéisme, au matérialisme scientifique, à cette conclusion qu'en dehors de la substance, en dehors des éléments divers et pourvus de propriétés diverses, il n'y a rien.

Le progrès, l'évolution ne sont pas moins indéniables dans la morale. Tout d'abord inchoative, rudimentaire, irraisonnée, la morale se confond avec l'utile immédiat et personnel, sans qu'il soit tenu aucun compte de l'intérêt du voisin. La raison du plus fort, dans cette conception primitive, est jugée bonne par qui en profite, mauvaise par qui en souffre. Un pas de plus, et la méthode d'observation se développant, la notion du bien et celle du mal surgissent de l'honneur ou de la réprobation que l'opinion attache communément à tels ou tels actes. Un chef américain émet sans restriction cet avis que les bons sont les braves guerriers et les chasseurs infatigables ■ ; en Chine, les vertus ont leur source dans la rigoureuse observation de l'étiquette '. C'est le cours de l'opinion régnante qui, en plus d'une contrée, fait passer le meurtre, l'assassinat, pour un acte méritoire : sur la côte occidentale de la mer Rouge * ; chez les Nagas, chez les Kafirs^chez les Indonésiens ^ En bien des

1. Letourneau, op. cit.yp. 318; — Girard de Rialle, op. cit., p. 232.

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