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Mém, (tAnV^ropolagief U HI, p. 51 et suivantes

qui coBcoai*ent à assurer la fonction essentielle du pied sont au nombre de trois principales :

1* A la racine du membre, une articulation (la hanche) dont les mouvements s*effectuent surtout dans lé sens antéro-postérieur, c'est-à-dire dans le sens de la marche;

2* Mouvements de pronation et de supination nuls, ou, du moins, fort peu étendus ;

S^" Changement de direction du segment terminal , qui se fléchit en avant pour présenter au sol une face horizontale.

Un membre terminé par une main subit dans l'ensemble de ses dispositions des modifications précisément inverses :

TA sa racine est une articulation très mobile, l'épaule, ^'râce à laquelle Thumérus peut se porter dans toutes les directions ;

^ Le radius, articulé en trochoïde, exécute autour du cubitus des mouvements de pronation et de supination dont Tamplitude peut atteindre 180% et qui permettent à la main de présenter sa face palmaire successivement en avant et en arrière ;

â*" Enfm, dans l'attitude naturelle, l'axe de la main est placé sur le prolongement de l'axe de Tavant-bras, sur lequel elle peut se fléchir presque à égal degré en avant et en arrière.

Cette triple opposition est réalisée au plus haut degré aux membres de l'homme, dont le membre thoracique, n'ayant plus aucun rapport avec la locomotion, présente, comparé au membre locomoteur, une mobilité beaucoup plus grande, nécessairement acquise aux dépens de la fixité qu'exigerait !«on intervention pour la station et la marche ; mais ici, dans l'attitude verticale, l'excessive mobilité du membre thoracique n'a que des avantages et devient un caractère de per-

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fectionnement. C'est pourquoi Helvétius et Buffon ont pu dire, avec une certaine apparence de raison, que k supériorité de rhomrae résidait dans sa main. C'est, en effet, grâce à la mobilité dont elle jouit, que la main de l'homme, débarrassée de la fonction grossière du pied, c peut atteindre tous les points de la surface du corps, et constitue l'instrument par excellence du toucher, de la préhension et du travail » (Broca).

Que devient maintenant dans le reste de la série des Primates la différenciation anatomique entre le membre tactile et le membre locomoteur ? Nous savons déjà que si, par le sens et retendue des mouvements de l'articulation initiale, ainsi que par la disposition réciproque de ses surfaces (direction de l'axe de la tête humérale), les Pithéciens et les Cébiens tendent à se rapprocher des quadrupèdes, les anthropoïdes ne diffèrent nullement de l'homme. Chez les singes inférieurs eux-mêmes, apparaît déjà l'indépendance du membre thoracique, qui, plus ou moins détaché du tronc et tenu à distance par la clavicule, peut exécuter, à défaut d'une circumduction complète, des mouvements d'abduction assez étendus. A la hanche, au contraire, les mouvements sont uniquement ou surtout des mouvements antéro-postérieurs, et ce n'est guère que chez les anthropoïdes que la laxité de la capsule articulaire permet des mouvements d'abduction un peu étendus de la cuisse.

Par le second caractère, l'étendue des mouvements de supination, qui donne en quelque sorte la mesure de la facilité avec laquelle l'animal peut se servir de ses mains, les anthropoïdes comme l'homme jouissent d'une supination qui s'élève à deux angles droits, et même un peu au delà chez le gibbon, quand, l'animal suspendu par la main, c'est tout le poids du corps qui détermine la torsion de l' avantbras. L'étendue de la supination est encore de lOO"" chez ua

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Pithécien, la mone (Broca), pour tomber à un angle droit environ chez les cynocéphales et chez les Cébiens, degré encore notablement supérieur à celui des vrais quadrupèdes (30* chez le chien). A la jambe, il y a toujours immobilité complète des deux os Tun sur Faulre.

Reste la direction de Taxe de la main. En étudiant ce caractère sur le vivant ou le cadavre frais, il est aisé de voir que, dès que la main du singe cesse de supporter le poids du corps, elle revient naturellement se placer sur le prolongement de Tavant-bras, tandis que le pied reste toujours fortement fléchi sur la jambe. Le pied s'applique tout naturellement sur le sol, vers lequel sa plante est dirigée; la main doit subir pour cela un fort mouvement de flexion en avant.

Fig. 7. -> Main du cynocéphale spbini.

Voilà donc démontrée Tidentité fondamentale, chez tous les Primates, des conditions anatomiques qui spécialisent en tant que main l'extrémité du membre antérieur, en tant que pied celle du membre postérieur : c'est la réfutation la plus complète de la théorie des quadrumanes. A l'appui de cette théorie, on n'a jamais pu invoquer qu'un seul fait, qui, anatomiquement, se réduit à bien peu de chose, i savoir la faculté préhensile du pied simien. Le gros orteil, très mobile, et que l'animal peut renverser en arrière, y fait un angle très ouvert avec le bord interne. L'étendue du mouvement d'abduction de cet orteil ne le cède presque pas à celle

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du pODce : chez le macaque, la ligne hallucienne peut faire avec l'axe da pied ud angle de 25' (Gaddi), celui de la ligne pollicienne avec l'axe de la main étant de 30* seulement, dans l'abduction maxima. Dans le grimper, le singe peut ainsi saisir des branches même volumineuses entre son gros orteil, écarté et très Tort, et les autres orteils très longs ei

incurvés; il en résulte que son pied devient un instrument de préhension puissant, plus puissant que la main, dont le pouce est en général assez réduit, surtout chez les anthropoïdes, et parfois tout à fait atrofthié {genres atèle, ériode, colobe). Il y a là une adaptation fonctionnelle toute spéciale, qui, à ce point de vue, s'écarte notablement de ta modalité du pied de l'homme ; mais, au point de vue anatomîque, toute la différence se ramène à ceci que le premier métatarsien du singe, au lieu de s'articuler directement sur la face antérieure, s'articule un peu obliquement sur le côté interne du premier cunéiforme. Le cunéiforme volumineux présente, à cet effet, une facette articulaire convexe et presque latérale» faisant avec le plan vertical et transversal dans lequel se

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trouve sensiblement comprise celte facette chez l'homme, un angle de plus de 45*. Tout le reste du pied est exactement pareil chez les Primates; le volume et la longueur relatifs du tarse, du métatarse et des phalanges peuvent varier, mais ce sont les mêmes os, les mêmes connexions, les mêmes rapports. Nous verrons que ce sont aussi les mêmes muscles, de sorte que si Ton supposait la légère obliquité de la facette articulaire en question, rien ne s'opposerait à ce que le pied humain fût également préhensile.

Résumons-nous. Tous les Primates ont deux pieds et deux mains, et l'analyse des conditions anatomiques montre que, chez tous, la main est un instrument plus parfait que le pied. Si, chez les singes, la main peut servir aussi à la station et à la marche, c'est au surplus par un mécanisme tout différent chez les singes ordinaires, dont la main s'applique sur le sol par la face palmaire, le carpe fléchi en avant et les doigts étendus, et chez les anthropoïdes, dont la main ne s'appuie jamais sur le sol par la face palmaire, mais seulement par la face dorsale de ses doigts plus ou moins fléchis. Bipèdes imparfaits, es anthropoïdes s'appuient plus ou moins sur leurs mains, mais ils ne marchent pas sur leurs mains; ils marchent sur deux pieds, et, à cet égard, sont donc beaucoup plus différents des quadrupèdes que des bipèdes et bien plus voisins de l'homme que des autres singes.

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