Broea, BulL de la Soc, d'Anthropologie, 1868, p
montrerons ailleurs que la comparaison du tibia dans les divers groupes humains vient toutefois notablement atténuer cette différence.
Rotule. — Par la conformation de la rotule, plus longue que large, concave à sa face postérieure, et ordinairement plus large en haut qu'en bas, les singes ordinaires ne diffèrent pas des quadrupèdes. Il n'en est plus de même ici du groupe anthropoïde, dans lequel cet os, aussi large que long, d'égale largeur haut et bas, et aplati postérieurement, ressemble à ce qu'il est chez l'homme.
Pied. — Il n'y a aucune différence entre le pied de l'homme et celui des autres Primates, quant au nombre et à la disposition des pièces osseuses. L'adaptation à la vie arboricole entraîne, au pied simien, des conditions fonctionnelles spéciales qui n'avaient plus de raison d'être chez l'homme, bipède parfait et terrestre : le singe peut saisir et se cramponner avec son pied; mais cette accommodation de l'extrémité du membre pelvien à une fonction nouvelle ne va pas jusqu'à en modifier la constitution anatomique. Par sa structure, la main postérieure des singes est un pied, aussi distinct de leur main que le pied de l'homme l'est de sa main. Peut-on dire que, physiologiquement , la distinction des bimanes et des quadi*umanes soit plus exacte? Qu'est-ce donc, au point de vue physiologique, qu'une main? Qu'est-ce qu'un pied? Une main est une extrémité qui sert exclusivement ou principalement à la préhension et au toucher, et accessoirement à la marche. Un pied est une extrémité ser^ vant exclusivement ou principalement à la station et à la marche, et accessoirement à la préhension. Il est incontestable que, aux termes mêmes de cette double définition, les singes ont comme nous deux mains et deux pieds, et non pas quatre mains. Si l'on se fonde, pour les déclarer quadrumanes, sur ce que leurs extrémités postérieures sont des
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inslruments de préhension, il n'y a pas de raison, les antérieures servant à la locomotion, pour ne pas les dire également quadrupèdes. La conclusion serait aussi légitime que celle qui, subordonnant la fonction principale à la fonction accessoire, fait de leur pied une main. Mais la main ne sert pas seulement à la préhension ; elle sert encore et surtout au toucher : c'est un organe sensoriel qui nous fait connaître certaines qualités des corps. Jamais le pied, même chez les prétendus quadrumanes, ne supplée la main dans ce rôle. Le pied des singes n'a pris de la main que la faculté de saisir, et, bien que sa force de préhension soit très supérieure à celle que peuvent développer les extrémités antérieures, il n'en reste pas moins essentiellement un pied. La préhension ne fait ici que concourir à la station, au mode particulier de locomotion de l'animal. A la main, au contraire, et c'est ce qui la distingue du pied chez tous les Primates, la préhension est subordonnée au toucher. Que si, avec Cuvier, on considère que la faculté d'opposer le pouce aux autres doigts suffit à caractériser la main, et si l'on admet, ^d'après cela, que les singes ont quatre mains, on demandera ce que deviennent alors les Hapaliens dont le pouce, aux extrémités antérieures, n'est pas opposable, ou le colobe et l'atèle qui n'ont pas de pouce. Ces animaux seront peut-être bimanes de par leurs extrémités postérieures, mais, assurément, ils ne seront pas quadrumanes.
En somme, l'analyse physiologique ne permet de relever entre le pied et la main du singe qu'une analogie apparente et grossière. La comparaison anatomique de ces deux extrémités en fait encore mieux saisir les contrastes fondamentaux.
Broca *■ a montré comme quoi les conditions anatomiques