ANTHROPOLOGIE ZOOLOGIQUE
Nous comprenons sous le tilre d'Anthropologie zoologique Tensemble des faits, des théories et des doctrines dont Tétude ressortit à Thistoire naturelle générale de l'homme. Dû à Broca'y ce nom nous a paru devoir être conservé. Il a l'avantage de préciser immédiatement le point de vue duquel nous envisageons ici l'être humain. Associant dans la même expression cet être, objet de nos recherches, à ceux qui, offrant avec lui le plus de ressemblances, devront lui être comparés, il en affirme, dès l'abord, la communauté de nature. La similitude non contestable de l'organisation de rhomme et de celle des animaux, constitue pour l'anthro-
i. Art AwnMWLOGiz dn Dict. encyclop. des Sciences médicales, et Leprogramme de VAnthrapoiogie, 1876.
HOVSLACQUB et 6. HERTÉ. — Anthropologie. .1
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pologie une de ces données fondamentales sur lesquelles repose tout Tédifice d'une science. L'anthropologiste, comme le zoologue ou le botaniste, part de Torganisme : il ramène à cette cause, toujours saisissable, les manifestations diverses d'une activité qui n'a de spécial que la complexité des phénomènes, mais dont tous les rudiments se montrent déjà, plus ou moins développés, dans les termes inférieurs de la série. L'analyse anatomique, avec les procédés réguliers et précis dont elle dispose, lui fournit les éléments premiers de son jugement sur la question qui, tout d'abord, se pose à lui : celle de la place que, légitimement, sans hypothèse, il est permis d'assigner à l'homme dans une coordination scientifique des êtres vivants.
Tout système cosmologique qui, s'étendant à l'homme, ne reconnaît pas ce point de départ, procède d'un principe faux, et ne peut aboutir qu'à un écroulement. Ce n'est pas une fois, c'est mille fois que l'esprit humain, depuis que l'histoire en enregistre les vicissitudes, a tenté de s'affranchir de l'observation positive, pour s'élever par la pure abstraction à la connaissance de sa 'propre nature et de ses rapports avec l'univers. Presque jusqu'à nous, jusqu'à Buffon et jusqu'à Diderot, on a traité de l'homme comme s'il se fût agi d'un être idéal, entité dont les spéculations du philosophe pouvaient négliger l'enveloppe matérielle. Le cerveau, le sang, la race, le milieu 1 insignifiants détails, facteurs ignorés ou dédaignés! De tout ce puissant et vain effort de la métaphysique, pour éloigner de l'homme la vue de ses affinités et le soustraire à l'empire des lois biologiques, on demande ce qui reste aujourd'hui. A peine le souvenir de doctrines qui se poussent et disparaissent. La science seule survit aux systèmes, la science qui, suivant les paroles de Gratiolet, c ne grandit point par les imaginations des philosophes et des poètes, mais emprunte toute la substance de