Broca, Rev. d'Anthropologie, 1878, p
presque le seul qui lui eût paru établir une différence — différence bien minime, à la supposer vraie, — entre la morphologie cérébrale des anthropoïdes et celle de l'homme : il s'agit des deux plis de passage pariélo-occipitaux. Chez les singes, disait Gratiolet, ces plis, réduits à un dans beaucoup d'espèces, sont profonds, cachés au fond de la scissure occipitale externe qui se continue, par suite, avec l'inlerne, et détache nettement le lobe occipital du pariétal, déterminant ainsi la formation delà calotte. D'après Gratiolet, le premier pli de passage manquerait totalement et le deuxième serait caché chez le chimpanzé; chez l'orang, on trouve les deux plis, mais le premier seul est superficiel. Seul, en définitive, de tous les Primates, l'homme aurait les deux plis de passage superficiels, masquant presque entièrement la scissure occipitale externe, de sorte qu'il faut une certaine attention pour découvrir sur la convexité de l'hémisphère la ligne de démarcation du lobe pariétal et du lobe occipital. Plusieurs Anthropoïdes (gorille, orang, gibbon), plusieurs Pithéciens (semnopilhèque, par exemple) peuvent bien avoir comme l'homme le premier pli de passage superficiel, mais le second n'est superficiel que chez l'homme.
Une étude plus complète de la question est venue depuis considérablement réduire la valeur du caractère différentiel invoqué par Gratiolet. Si la situation superficielle des plis de passage, par suite de leur grand développement sur le cerveau de l'homme, établit, en effet, une différence entre ce cerveau et celui de la plupart des singes inférieurs, ce perfectionnement se retrouVe sur le cerveau de l'atèle. Il existe, d'autre part, une remarquable homologie dans les connexions des lobes pariétal et occipital chez les Primates supérieurs. Non seulement le premier pli de passage est ordinairement superficiel sur le cerveau du gorille et de l'orang ^ où la
1. Cf. Broca, Bull, de la Soc. d'Anthropologie, 1879, p. 607.
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ealoile a dis}faru» mais ce pli, contrairement à Topinion de Gratiolet^ existe aussi sur celui du chimpanzé^ et on l'y a vu parfois superficiel ^ Voici qui diminue encore la distance que, de par ce caractère , Gratiolet avait admise entre rhomme et les anthropoïdes. Chez l'homme, les plis de passage sont, pour l'ordinaire, volumineux et superficiels ; mais on peut voir, dans certains cas, Tun ou l'autre, et quelquefois les deux, petits et cachés au fond de la scissure occipitale externe, d'où une apparence qui rappelle plus ou moins la calotte simienne. Broca a rencontré cette disposition environ deux fois sur cent sur le cerveau du blanc, et, dans la majorité des cas, elle existait à la fois sur les deux hémisphères ^ Presque toujours, il s'agissait de cerveaux petits et assez pauvres, provenant d'individus très peu intelligents ou même imbéciles ^, parfois de suicidés ou de criminels, mais le fait a également été observé sur des cerveaux d'hommes remarquables par leur intelligence \ La morphologie s'est, en définitive,- montrée impuissante à déceler aucune distinction caractéristique et radicale entre l'homme et les grands singes. Sans doute, la prédominance frontale s'accentue encore chez l'homme. Le grand développement des circonvolutions de la région frontale, même dans les races les plus inférieures, fait que cette région est à la fois très large et très épaisse et que le cerveau se termine en avant par un contour arrondi, tandis que, chez les Pithéciens, l'extrémité frontale de l'organe, moins largo, moins épaisse et plus allongée relativement, tend à se terminer en pointe {bec de V encéphale). Mais il ne s'agit là que d'une différence