‹ Précis d'anthropologieChapitre 73 sur 319 · Cf. Bnll, de la Soc, d Anthropologie, 1877, p. 6i · texte numérisé non relu

Cf. Bnll, de la Soc, d Anthropologie, 1877, p. 6i

158 PfttGlS D'ANTUftOPOLOGlB.

el se perfectionner, se compliquer graduellement en passant d'un genre à l'autre, d'une famille à l'autre, sans que jamais toutefois les variations fassent perdre de vue le thème principal; elles peuvent le masquer plus ou moins sous des additions secondaires, elles en laissent toujours subsister et reconnaître les grandes lignes. Depuis le cerveau absolument lisse des Hapaliens, qui, pour tout accident, ne montre à sa surface que la scissure de Sylvius (genre jacchus) et la scissure parallèle (genre midas), Jusqu'au cerveau de l'homme, si richement surchargé de circonvolutions et de plis que, jusqu'à Leuret, les anatomistes avaient renoncé à décrire ces parties, ne jugeant pas qu'une masse d'apparence aussi tourmentée p&t recouvrir aucun dessin fixe, c'est le même plan morphologique dont on voit se dérouler les aspects successifs. Chez les Cébiens gyrencéphales, ce sont tous les lobes qui apparaissent, délimités par les scissures interlobaires, quelques-uns même déjà décomposés en plis par des sillons secondaires. Avec les Pithéciens, la décomposition en plis se complète : sauf l'absence des plis de l'insula, qui est lisse, de la cinquième temporale et de la troisième circonvolution frontale, le cerveau des cynocéphales nous offre l'esquisse schématique parfaite des circonvolutions primaires du cerveau de l'homme. La netteté avec laquelle s'y présentent les connexions des plis, réduits ici à leurs éléments essentiels, est ce qui avait déterminé Leuret à choisir le cerveau du papion comme type de description du cerveau des Primates ^ Il y a toutefois entre le type cérébral des Pithéciens et celui de l'homme quelques différences, légères pour la plupart,

1 . P.our la description parlicalière des circonvolotions ches les Primates, consulter : Gratiolet, ITém. sur leê plU céréltraux de Vkomme et rfet primates, 1854. — Gromier, Élude sur les circonvoL cérébr. che* V homme et che% les singes, 1874. -^ Chudzinski, Anat, porôwnawc*a wfojôw mô^owych, 188i. — Pozsi» art. CiRCONVOLUTioiis du Dict» encyelop. des Sciences wUdicales,

mais réelles, La plus importante est [certainement Fabsence de la circonvolution de Bi*oca (troisième frontale) : avec Chudzinski et Bischoff, et contrairement à Fopinion de Graliolet, de Gromier et de Pansch, nous pensons, en effet, qu'on ne doit admettre que deux plis à la surface du lobe frontal des singes. Les autres différences sont : le mode de constitution des plis, simples et peu Qexueux, n'atteignant pas encore le degré de complication des circonvolutions véritables; — la configuration du lobe occipital qui, absolument lisse sur sa face externe où il ne présente qu'un seul sillon (sillon occipital latéral de Broca), déborde quelque peu en avant, en manière d'opercule, la scissure occipitale ex erne {opercule occipital de Gratiolet), d'où l'apparence d'une sorte de calotte coiffant la partie postérieure de rhémisphère ; — l'absence des branches antérieures de la scissure de Sylvius.

Avec lesanthropoides, nous voyons ces différences s'effacer. Le caractère le plus frappant de leur cerveau, caractère qui les rapproche de l'homme autant qu'il les sépare des singes, c'est la complication : les plis s'allongeant, s'enroulent sur eux-mêmes ; ils décrivent des sinuosités et des méandres qui les constituent à l'état de circonvolutions. Celles-ci, souvent dédoublées en plis de subdivision par des incisures interrompues ou continues, communiquent les unes avec les autres au moyen de plis de passage et d'anastomose, plus volumineux ici que dans les formes précédentes. Enfin, le plissement du manteau se montre fréquemment asymétrique d'un hémisphère à l'autre : cette asymétrie, qui atteindra son maximum chez l'homme dont les plis secondaires sont très variables d'un côté à l'autre, et qui constitue, par suite, un caractère de supériorité, le cède à peine, chez l'orang et le chimpanzé, à celle des cerveaux humains. Sous ce rapport, les Anthropoides ressemblent beaucoup plus à l'homme

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qu'aux Pithéciens, dont les circonvolutions simples sont toujours très semblables sur les deux hémisphères. De ce caractère essentiel, la complication, découlent plusieurs autres dispositions qui établissent une communauté étroite entre la morphologie cérébrale des Anthropoïdes et celle de l'homme.

i^ Une troisième circonvolution prend place sur le lobe frontal S par suite du développement de ce lobe en largeur. Le bord externe du lobe se développant en même temps en longueur, l'excès de longueur de sa circonvolution la plus externe (ici la troisième) donne lieu à un plissement qui s'effectue au-devant de Tinsula, et qui forme la branche horizontale antérieure de la scissure de Sylvius. Un second plissement, situé au-dessus du premier, donne naissance à la branche ascendante de la même scissure ; cette branche, à peu près constante chez l'homme, existe fréquemment déjà chez l'orang et le chimpanzé *.

S"" L'insula, devenue plus grande, se recouvre de quatre à cinq plis radiés, disposés en éventail.

S"" Le lobe temporal, qui ne comptait jusqu'alors que quatre circonvolutions, en a maintenant cinq.

4"* Le lobe occipital, dont la morphologie s'était extrêmement simplifiée en passant des mammifères inférieurs aux singes ordinaires, reprend chez les Anthropoïdes et chez l'homme quelque chose de sa complication première, par le fait de sa participation au développement du cerveau tout entier. La calotte qui existe encore, quoique atténuée, chez le chimpanzé, s'efface chez le gorille et surtout chez l'orang.

Ici se place l'indication d'un caractère auquel Gratiolet 4vait accordé une importance excessive, parce que c'était

1 . Rudinger, Ein Beitrag *ur Anat, des Sprachcentrums, 1882.

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