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Joum, of Mental Science^ 1S76, p

164 PRÉCIS D'AUTHROPOLOGIB.

]a couche à grandes cellules (cellules pyramidales de Betz) dans les circonvolutions frontales. Nombreuses chezrhorame et à prolongements plus multipliés, ces cellules sont rares chez le singe. Major suppose avec assez de vraisemblance qu'il existe une relation entre le volume et le nombre de ces éléments, dans les lobes frontaux de Thomme^et la localisa* tion du langage articulé* dans cette région du cerveau'. Mathias Duval enOn a montré que, chez le singe comme chez l'homme, la racine supérieure du trijumeau passe en dehors du pathétique, tandis que, chez les autres mammifères, elle passe soit au travers (rongeurs), soit en dedans (carnassiers). Ayant vainement cherché dans le mode d'arrangement des plis, dans la structure comme dans la forme du cerveau, un seul caractère de quelque importance capable de distinguer, abstraction faite du volume, le cerveau de l'homme de celui des singes, Gratiolet avait cru trouver ce caractère dans Tordre d'apparition des plis. Il avait avancé, d'après un trop petit nombre de faits, que chez l'homme les circonvolutions antérieures apparaissent les premières, tandis que chez le singe les circonvolutions temporo-sphénoîdales se montrent et s'achèvent avant celles du lobe frontal. Il y avait là pour lui une opposition absolue dans le mode évolutif, opposition qu'il résumait par la formule suivante : le cerveau de l'homme se développe d'alpha en oméga, celui du singe d'oméga en alpha. Il en concluait que le cerveau humain diffère d'autant plus du cerveau simien qu'on le considère à une date plus éloignée du terme de son développement; si le développement est arrêté, la différence ne fait

1. Une- autre particularité structurale, en relation possible avec le langage, est présentée par le trajet intra-bulbaire de Thypoglosse et par ses connexions avec l'olive : chex rhomme» ce nerf passe, pour émerger du bulbe, entre Tolive et la pyramide antérieure ; chez le cercopithèque et chez Torang, ses fibres s'engagent dans l'intérieur même de la bourse okivaire (G. Hervé).

que s'exagérer. Cela n'est pas conforme aux observations sur le cerveau des microcéphales; mais, pour ne parler que du développement normal» Broca a montré^ que la loi du développement invei^e n'est rien moins qu'exacte en ce qui concerne l'homme. La succession suivant laquelle se dessinent les circonvolutions n'est assujettie à aucune règle ; l'ordre d'apparition des sillons qui les délimitent est très variable, et la loi de Gratiolet n'exprime qu'un des modes, et non le plus fréquent, de ce développement. Le nombre des cerveaux de singes observés à l'état fœtal n*est pas assez considérable, pour qu'on puisse affirmer que l'ordre y soit plus fixe. D'ailleurs, personne n'a étudié à cet égard le cerveau des grands anthropoides, et c'est là, comme l'a dit Broca, qu'est le nœud de la question.

En comparant, d'autre part, le développement relatif des divers lobes du cerveau à différents âges, on reconnaît que leurs rapports d'étendue se modifient suivant une courbe semblable chez les anthropoïdes et chez l'homme : sur le cerveau du gorille jeune rapproché de celui de l'adulte, on constate la même réduction du lobe frontal et la même prédominance relative du lobe temporal que chez l'enfant par rapport à l'homme fait (Broca). Cette étude, poursuivie par les procédés de la topographie crânio-cérébrale, a donné lieu à une autre constatation intéressante : il s'agit des analogies qui existent entre le fœtus ou le jeune enfant et le singe, quant au développement relatif des différents lobes '.

Pour expliquer la supériorité intellectuelle de l'homme, il ne reste donc, en laissant de côté les caractères secon-

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