Bull, delà Soc, d^Ânthropologie, 1864, p
188 PRÉCIS D'ANTilROPOLOGlK.
maintenir longtemps, survivre même à des croissements multiples, mais, tôt ou lard, ils finissent par disparaître (Périer, Broca). Il anive un moment où ces perversions du type s'effacent, pour faire retour à la conformation normale. On peut répondre, il est vrai, que, faute d'être appuyée par une ségrégation rigoureuse et par la consanguinité, en présence de croisements infinis et dans tous les sens, la sélection n'a pu les fixer; que, d'ailleurs, le plus souvent, ces variations sont indifférentes, quand elles ne sont pas nuisibles, et ne constituent aucun avantage aux individus qui les présentent. Elles ont donc toutes raisons pour disparaître.
L'objection se pose avec plus de force, lorsqu'il s'agit des caractères accidentellement acquis par l'individu, après la naissance ; car, ici, elle ne va à rien moins qu'à en nier absolument la reproduction héréditaire. Tandis que la transmission des anomalies congénitales du générateur aux descendants, qu'elle soit ou non illimitée, est un fait incontestable, on discute depuis Hippocrate sur la réalité de l'hérédité des variations accidentelles. Hippocrate, qui a parlé de la reproduction spontanée de la déformation du crâne chez les Macrocéphales, a toutefois ajouté que < cette pratique étant tombée en désuétude, les têtes ont repris insensiblement leur forme naturelle^ >. Blumenbach pensait que les déformations factices du crâne pouvaient devenir héréditaires avec le temps*. Il y a de fortes raisons d'en douter, aussi bien que de l'affirmation de Gosse, d'après laquelle ces déformations se transmettraient aux descendants, quand les deux parents y auraient été soumis. Les Aymaras, chez les ancêtres desquels la déformation du crâne a été pratiquée systématiquement pendant des siècles, ont aujourd'hui le crâne con-