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Broca, Mém. d' Anthropologie, \. III, p

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muqueuse linguale (Sappey), et W. Gruber* a même vu une fois la membrane Ihyro-hyoïdienne traversée par le diverticule en question, qui faisait saillie à Textérieur du larynx : c'est alors un sac larynger.

Nous pourrions rappeler encore les cas si nombreux de persistance de l'appendice caudal', la microcéphalie qui marque de caractères ataviques l'organisme presque tout entier et surtout le cerveau, si bien que G. Vogt^ a pu considérer ces êtres dégradés comme constituant entre les homme et les singes une série d'états de transition. G'en est assez pour avoir montré tout Tappui que prêtent au transformisme les faits de réversion.

4* L'observation des espèces éteintes, dont l'influence sur le succès de la doctrine généalogique a été si grande, en mettant sous les yeux mêmes des paléontologistes les transformations des organismes à travers les âges, en restituant une foule de types de transition soit entre les espèces fossiles, soit eatre celles-ci et les espèces actuelles, n'a pas abouti, en ce qui concerne l'homme, à des résultats aussi probants. A la vérité, la démonstration de la haute antiquité du genre humain a marqué dans cette voie une étape importante. L'examen des débris enfouis dans les couches du diluvium ou dans le sol des cavernes a permis, en effet, de relever sur le squelette des races quaternaires une accumulation de traits d'infériorité*, qui se retrouve à peine au même degré aujourd'hui chez les représentants les plus infimes de l'humanité. L'homme de ces temps reculés était certainement plus près

1. Arch. f. Anai. und Phytiol, 1874, p. 606. i. Rev, d'Anthropologie, 1885, p. 413.

3. Mém. de VInstitut penevois^ 1867. — Montaoé, Élude anal, du crâne cke% les microcéph., 1874. — DucaUe, La Microcéphalie au point de vue de VatMiême, 1880.

4. Broca, Complis rendus du Congrès d* anthropologie et darchéoL pré^ hisl. de Paris, 1867, p. 367, 396.

de l'animal que Thomme acluel. Déjà, pourtant, il était homme. Or, tandis qu'il ne manque pas de formes fossiles de transition entre les singes et les ordres inférieurs de mammifères, non plus qu'entre les singes eux-mêmes % aucun fait encore n'est venu montrer le passage de la forme simienne à la forme humaine, réalisé par un être offrant un ensemble de caractères intermédiaires entre Tune et l'autre . L'existence de cette forme intermédiaire peut toutefois légitimement et doit logiquement être inférée des observations qui tendent, avec une probabilité toujours croissante, à reculer jusqu'à la période tertiaire l'apparition, non pas de l'homme lui-même, mais de son précurseur immédiat', du premier être assez intelligent pour avoir découvert l'art de faire le feu et la taille d'instruments de pierre. G. de Mortillet a parfaitement mis en lumière les raisons, fondées sur les lois paléontologiques, qui s'opposent à ce que cet être ait été l'homme ^ Les animaux varient d'une assise à l'autre, et la faune se renouvelle avec les terrains. Les variations sont ^'autant plus rapides que les animaux ont une organisation plus complexe; en d'autres termes, l'existence d'une espèce est d'autant plus courte que cette espèce occupe un rang plus élevé dans l'éclielle des êtres. Depuis le miocènewinférieur, tous les mammifères se sont si profondément modifiés qu'on a pu assigner à ces modifications la valeur de différences, non pas seulement spécifiques, mais génériques. A plus forte raison doit-on admettre que l'homme n'a pas échappé à cette loi. Le tailleur de silex des époques tortonienne et aquitanienne ne saurait pas plus avoir été l'homme que les

1. A. Gaudry, Leê enchaînementi du monde animal {Mammif, ieriiaires), p. 223.

2. G. do Mortillet, Le Préhistorique, p. 102; L'Homme^ 1884, p. 545; 1885, p. 65, 289.

Z.Àssoc, franc, pour l'avanc. des Sciences, 1873, p. 607.

autres mammifères de ces époques n'étaient ceux d*aujourd'hui. C'était un intermédiaire entre le singe et l'homme, issu, probablement dès le commencement du miocène, de quelque espèce anthropoïde.

Nous abordons à présent le côté le plus délicat de la question, à savoir l'examen des arguments qui tendent à établir, non plus sur des inductions, mais par voie de démonstration directe, que, sous l'action des milieux, des changements importants peuvent s'opérer et se sont opérés dans l'organisme de l'homme; que, partant, des changements semblables^' répétés durant des siècles, ont été capables d'amener le passage de la forme animale à la forme humaine. Si, en effet, les types ethniques ne sont pas invariables; si les caractères qui servent à distinguer les races offrent assez peu de stabi* lité pour s'être modifiés depuis que celles-ci nous sont connues; si de nouvelles transformations, enfin, s'accomplissent ou se préparent sous nos yeux, non seulement il sera difficile de croire irréductibles les unes aux autres les variétés naturelles de l'homme, mais il deviendra vraisemblable que les représentants primitifs de ce genre descendaient euxmêmes d'un genre différent et plus ancien. Il y a là deux points à envisager successivement : d'une part, les analogies qui conduiraient simplement à regarder comme possible la formation des races humaines par le mécanisme de la sélection naturelle; d'autre part, les faits qui permettent déjuger directement de l'influence des milieux sur l'homme et des limites dans lesquelles est contenue cette influence. Sur le premier point, il est incontestable que la théorie darwinienne de l'adaptation indirecte aux milieux n'est pas infirmée par l'observation de l'homme : elle en serait plutôt fortifiée. Mais, s'il n'est pas juste de dire, avec James Hunt, que le darwinisme, vrai peut-être appliquée la zoologie ou à la botanique, n'a pas pour lui un seul fait en anthropologie, il serait excessif

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de prétendre qu'il y trouve sa complète démonstration. Dans Tencbainement des faits et des raisonnements sur lesquels repose cette théorie, l'anthropologie contribue^ pour ainsi dire, à souder certains chaînons^ elle n'ajoute à l'ensemble aucun chaînon nouveau.

11 est à peine besoin de rappeler que la loi de la variabilité des caractères s'applique pleinement à l'homme. Laissant les variations qui ont pour point de départ Tinfluence modificatrice des circonstances extérieures et sur lesquelles nous reviendronSi il y en a de très nombreuses qui se produisent au sein du milieu générateur, par suite de conditions dont le mode d'action, la plupart du temps, nous échappe, mais dont les effets sont parfaitement connus. De ces conditions, les unes sont représentées par les caractères individuels ou héréditaires des parents, caractères qui, transmis aux descendants, différencient les familles et, dans une même famille, les individus; les autres, par € tous les états particuliers, tels que maladies, altérations et modifications de tout ordre qui peuvent survenir dans l'organisme générateur, dans les organes reproducteurs et dans les cellules qui doi ven t prend re part à la formation de l'individu nouveau... Agissant directement sur un individu encore réduit à sa plus simple expression, ces conditions pourront exercer une action très prompte et assez puissante pour faire apparaître d'emblée des caractères nouveaux; mais ces derniers pourront aussi bien être défavorables que favorables à l'individu, c'est-à-dire le rendre ou moins apte, ou plus apte à vivre dans le milieu cosmique où il va naître » (de Lanessan). Dans le premier cas, on a affaire à des anomalies ou à des monstruosités ; dans le second cas, et si le caractère se transmet à la suite des générations, ce peut être une variété nouvelle qui prend naissance dans la race.

L'hérédité des variations congénitales {hérédité conserva-

trice de Haeckel) ressort presque de l'observation vulgaire, et les exemples ne s'en comptent plus. Tous les auteurs ont cité, dans ce genre, le cas d'Edward Lambert qui transmit à quatre générations successives la singulière disposition de son tégument, recouvert d'excroissances cornées saillantes. Dans la famille velue de Birmanie dont Darwin rapporte l'histoire, les longs poils qui recouvraient le visage furent obsenés pendant trois générations, sur un seul individu à chaque génération. Struthers a noté sur un individu et sur quatre de ses enfants le passage de l'artère humérale par un canal sus-épi irochléen*. La division prématurée de cette même artère a été constatée par Tiedemann sur la plupart des habitants d'un petit village allemand, et c'est de même à l'hérédité, probablement favorisée par la consanguinité, qu'il faut attribuer, d'après Broca *, la fréquence de l'aplatissement sus-mastoïdien et de la perforation de la fosse olccrânienne sur les crânes et les humérus de la sépulture d'Orrouy, qui était celle d'une toute petite tribu, peut-être même d'une seule famille. Giacomini a pu disséquer une négresse et sa fille, sur lesquelles il a relevé une même anomalie des troncs qui naissent de la crosse aortique, sans compter plusieurs dispositions anormales communes du système musculaire. Les observations de Mcckel, des deux Geoffroy Saint-IIilaire, de Darwin, etc., ne laissent aucun doute sur la fréquence de l'hérédité pour beaucoup d'autres anomalies. La polydactylie, par exemple, a été suivie maintes fois jusqu'à la quatrième et à la cinquième génération. A tous ces faits, il y a toutefois une objection grave. Ces caractères qu'un individu apporte en naissant et qu'il transmet héréditairement à plusieurs générations, peuvent bien se

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