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RUE DE TOURNON

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DIT DESSIN EN GÉNÉRAL

DES DIFFÉRENTS GENRES DE DESSINS. — CROQUIS. — DESSINS DIVERS. REHAUTS. AQUARELLE DU DESSINATEUR.

Le guide le plus sûr, le véritable maiti 9 du dessinateur, c’est le fil à plomb.

Le dessin étant l’expression de la forme des choses, il en résulte qu'aucun art ne peut être utilement cultivé s’il ne s’appuie sur une connaissance raisonnée du dessin, si modeste que soit le degré de perfection auquel nos facultés personnelles nous permettent d’arriver.

Quelques exercices préalables sont donc indispensables à l’amateur. La copie de modèles élémentaires d’abord, puis d’estampes plus complètes, enfin des modèles en plâtre et des objets naturels, ce qu’on appelle la bosse , et la nature morte s’ils sont inanimés, de la nature , s’ils vivent ou se transforment, comme la figure, les fleurs et le paysage.

Fit à plomb. je ne crains pas d’affirmer, avec certains maîtres, que toutes les méthodes sont bonnes pourvu

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qu’elles soient suivies, du simple au composé, du modèle facile au modèle plus complexe.

A celui qui commence, nous conseillerons la copie raisonnée des éléments de la méthode Cassagne, pour tout ce qui concerne les objets usuels, et les croquis à la minute d’Eugène Ciceri pour le paysage. Copier fidèlement le modèle en s'appuyant constamment sur le rapport du trait à po-

^ ser, soit avec la ver- Croquis à la minute «TE. Ciceri. ^ âyec

zontale, est le seul principe qu’on puisse donner : tout le reste, en dessin, dépend uniquement de l’observation intelligente du modèle. On répétera chaque sujet de souvenir. Ces premiers exercices seront exécutés au crayon de mine de plomb n08 0 et 2 ; l’emploi du n° 1 dans presque toutes les marques est plus délicat : dépouillant beaucoup, il élargit le trait, se répand en macules sur le papier au moindre frottement ; on ne doit y avoir recours que pour les très grandes vigueurs, alors que le dessin va être terminé. Lorsqu’on s’est servi du n° 1, il est nécessaire de fixer le dessin par une légère vaporisation de fixatif.

On reprendra ces exercices au crayon noir mat de Conté ou de Hardmuth n° 2 en vue des avantages qu’oi peut en tirer ultérieurement et que nous allons expliquer

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On y effacera les erreurs et les faux traits à la gomme pour la mine de plomb, à la mie de pain rassis, pétrie en boulettes, pour le crayon noir.

On peut, au début, s’aider de tous les moyens possibles pour arriver à parfait résultat. Fil à plomb, compas, règle équerre, mesures prises avec une bande de papier, tout cela est bon sinon pour exécuter, au moins pour contrôler ce que l’on vient de dessiner et surtout, immédiatement après l’ébauche, la mise en place, afin de ne pas une erreur au cours du travail de l’exécution.

Les premiers exercices de la copie une fois terminés, on crayonnera, d’après nature, quelques objets usuels et des natures mortes, jusqu’à ce que

k. •. rr» E. Lcssieux. — Une rue de Gorbio.

main soit suffisamment exercée pour aborder les fleurs, la figure ou 1© paysage.

Contrairement à ce que pensent en général les commerçants, la partie métier tient fort peu de place dans l’exécution d’un dessin, aussi bien en paysage que pour la figure. Quelques exercices préalables à la maison,

prolonger

PRÉCIS d’aQUAUEL'.E

avant d’aborder la nature, d’après de bons modèles, et l’élève apprendra vite la forme, la direction, l’importance du coup de crayon, du trait qu'il doit tracer pour exprimer la forme d’un objet à quelque plan que ce soit. 11 verra qu’en général le trait et les hachures seront d’autant plus fins et plus rapprochés que le plan est plus éloigné et que pour rendre les premiers plans, au contraire, il doit user d’un trait ferme et plein avec un écartement au moins égal à la force de ce trait. Il en est ainsi pour les croquis rapides, qu’ils soient traités au crayon de mine de plomb ou à la plume, ou en véritables dessins, au crayon noir.

Pour nous, après vingt années d’expérience, nous nous sommes arrêtés définitivement à l’emploi des crayons noirs de Ilardmulh et de Conté pour l’exécution de nos dessins d’après nature, ne recourant au cra}ron de mine de plomb que pour des dessins destinés à être rehaussés de teintes plates à l’aquarelle dite aquarelle du dessinateur. Les dessins à la mine de plomb sont, en effet, d’une exécution longue et minutieuse, si l’on veut arriver à rendre la nuance des valeurs, avec ses variétés infinies, dans la gamme claire ou grise, comme dans la gamme vigoureuse : tandis que le crayon noir affirme au premier coup les vigueurs, et, par sa qualité mate, permet dans les gris les plus grandes finesses. Enfin, et c’est le plus important pour nous, il facilite ce léger frottis gris qu’on passe entre deux valeurs, et qui fait circuler l’air et donne au dessin ce que les artistes appellent la vibration.

Aussi ce genre de dessin au crayon de Hardmuth exécuté sur papier lisse, bristol léger ou sur papier mécanique à grain très fin, est-il le meilleur qu’on puisse adopter d’après nature en vue de l’exécution des fusains,

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lorsque, après deux ou trois saisons de fusain d’après nature, on ne veut plus s’embarrasser d’un matérielencombrant et qui n’est réellement pratique que lorsqu’on habile une campagne où les motifs sont tout rapprochés du village, car, s’il faut partir en excursion, la seule fatigue qui résulte du poids même des objets est la principale cause de la non réussite des études, tandis que, pour le crayon noir, un pliant léger, un album et un parasol suffisent à l'exécution des dessins les plus soignés qu’il suffit de

Dessin des objets usuels.

grandir à l’atelier pour avoir de très importants fusains.

Les dessins à la plume, surtout lorsqu'ils sont rehaussés d’un lavis d’encre de Chine, peuvent encore être de précieux documents pour le fusain, mais ils exigent, en plus du matériel précédent, une petite table du dessinateur. Ce n’est pas qu’on ne puisse travailler sur un album comme avec le crayon, mais l’encre de Chine séchant très vite, il est nécessaire que la plume soit tenue presque verticalement si l’on ne veut, à chaque trait, être obligé de la charger d’encre à nouveau. En plus, il faut une petite palette pliante pour délayer et essayer les teintes d’encre de Chine, qu’on extrait en petite quantité du tube d’étain et qui est toute préparée pour ce genre de

leure expression delà pensée pour consigner sur le papier une idée, un projet. Aussi l’emploie-t-on le plus souvent lorsqu’on dessine le soir à la lampe, car il a la propriété

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dessin ; enfin un pot de gouache pour les rehauts de lumière. Pour tous ces motifs, le dessin à la plume n’est pas, selon nous, le moyen préférable d’après nature. Par contre, sa netteté, la précision du rendu en font la meil-

•Croquis exécuté au crayon Hardmuth.

DU DESSIN EN GÉNÉRAL

de ne pas changer d’aspect et c’est le seul procédé qui ne varie pas de la lumière artificielle à la lumière du jour. Enfin l’impossibilité pour le dessinateur de modifier, corriger un dessin à la plume autrement que par le grattage, ce

Croquis à la plume de L. Libonis, d’après Van de Velde

qu’on ne saurait répéter plusieurs fois, l’oblige à une attention plus soutenue, surtout lorsqu’il interprète à la plume un modèle fait dans un autre genre. Les meilleures plumes à adopter sont : pour la plume libre, la 135 de Blanzy, pour la plume fine la Brandawer n° 5 18.

Avant de passer aux dessins rehaussés d’aquarelle, l’amateur doit s’exercer quelque peu à faire des dessins aux deux crayons sur papier teinté et des dessins à la sanguine. Ces exercices développent l’intelligence des valeurs, et don nentun rendu plus coloré ; on est donc plus

apte par la suite à rehausser de teintes légères

. Brandawer

un dessin monochrome, modelé seulement par 5 8.

l’indication des trois pl^jis principaux, ombre,

demi-teinte et lumière. Dans l’emploi des deux crayo s,

le Conté n° 2 ét le crayon blanc ou craie ronde, le ton du

papier sert de demi-teinte. Avec la sanguine , bien que la

gamme soit monochrome, le dessinateur s’exerce à

rendre principalement les sujets où le charme doit primer sur le caractère. On exécute ainsi plus particulièrement des têtes d’enfant ou de jeune fille, des fleurs, de petits dessins d’album. La sanguine, étant une pierre un peu grasse, par suite de la présence de l’argile, n’a pas besoin d’être fixée ; par contre, les faux traits ou repentirs sont

difficiles à effacer. Il faut donc redoubler d’attention lors de la mise en place L’aquarelle du dessinateur 1 commence par le lavis. et nous avons dit à propos des dessins à la plume que la teinte graduée d’encre de Chine ou de sépia, accompagnée de rehauts de gouache pour les lumières, donne au dessin un relief, une puissance d’effet qu’on ne saurait obtenir avec le seul moyen de la plume ou crayon, car le lavis, sépia ou encre de Chine, sert aussi bien à rehausser l’un que l’autre. Il y a plus, s’habituant à manier de concert la teinte et le crayon, on arrive, en atténuant peu à peu le tracé, à voir par les valeurs seulement, on fait ainsi ce qu’on appelle une sépia , une encre de Chine où l’habileté du coup de pinceau se développe et prépare la main à la véritable aquarelle.

1. Extrait de notre volume : Le Dessin et ses applications pratique» aux travaux d'art et d'agrément.

Plume libre Blunzy n° 135.

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Pour exécuter ce genre, ce qu’il faut, avant tout, c’est une décision, une fermeté qui donne au rendu de la franchise d’aspect : raisonner d’abord et bien juger la valeur de la teinte à poser, l’essayer sur un papier palette et la poser franchement là où elle doit être. Et maintenant le papier légèrement humide on ne doit avoir ni cernes ni bavochures. Si le dessin préalable est à la plume, il y moins de crainte encore, le trait arrête la

Palette du dessinateur.

teinte, on peut donc passer celle-ci complètement à sec pourvu que chaque teinte soit exécutée d’un seul jet.

Le même procédé est employé pour l’aquarelle du dessinateur, mais la couleur diffère en même temps que les valeurs. Toutefois cette couleur ne doit ê'.re employée qu’en gammes simples et générales, donnant seulement le ton général et local des ombres et des lumières, sans préoccupation des finesses et des variétés de détail, n’ayant pour tout modelé que l’affirmation du dessin qu’elle recouvre. Avec ces seuls moyens, l’aquarelle du

PRÉCIS d’aQÜARELLU

dessinateur, par sa simplicité même, par la franchise d’exécution, enfin et surtout par la composition harmonieuse de quelques teintes employées, peut parfaitement atteindre au charme et à la puissance.

Le matériel pour l’aquarelle du dessinateur doit être fort simple : huit couleurs suffisent, parce qu’à de très rares exceptions près tous les tons 'doivent être obtenus seulement avec des combinaisons binaires, c’est-à-dire par le mélange de deux couleurs : deux pinceaux, un gros et un moyen, une boîte à eau en tôle et son godet, et c’est tout. La palette se composera de :

Blanc d’argent, Bleu minéral.

Vermillon, Cobalt,

Jaune indien. Laque carminée,

Terre de Sienne brûlée, Noir d'ivoire.

Le blanc est indispensable, car, dans ce genre d’aquarelle, le dessinateur ne doit pas avoir à se préoccuper des réserves de lumière qui se traitent en rehauts dont le blanc est toujours la base.

A l'aide de ces huit couleurs, le dessinateur d’après nature, clignant les yeux pour ne voir que les masses d’ombre et de lumière, les grands plans, tels que ceux du ciel, du terrain et des. fonds, composera des teintes selon les bases du coloris.

Travaille- t-il au printemps, il aura pour le ton de lumière des verts frais, du bleu minéral et du jaune indien ; pour le ciel, du cobalt pur ; pour les fonds, du bleu minéral, du noir d’ivoire ; pour le ton d’ombre, des verts, le ton de lumière additionné de terre de Sienne brûlée.

En été, la teinte du ciel sera' de bleu minéral et cobalt mêlés ; le vert sera plus soutenu, c’est-à-dire qu’au lieu

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d’avoir plus de jaune que de bleu, ces deux bases seront en quantités à peu près égales, et leur nombre comportera plus de bleu minéral et une pointe de noir ou de laque.

Les verts bleus des terrains seront de cobalt et de jaune indien, les fonds seront additionnés de laque.

En automne il composera ses teintes d’une base de jaune et de sienne brûlée, et le noir d’ivoire lui donnera le ton d’ombre. C’est aussi la sienne brûlée qui donne la base

précis d’aquarelle

des terrains. Une pointe de vermillon rend le ton plis agréable et plus chaud.

L’hiver, l'emploi des gris bleu ; et rou : faits de bleu minéral, noir d’ivoire et laque est le plus fréquent. On y ajoute une pointe de jaune et de la terre de Sienne brui e pour les ombres chaudes et transparentes.

Telles sont les teintes les plus généralement employées il faut, je le répète, cligner les yeux et simplifier les tons

Dessin à la plume (Bran ’awer 518), par L. Libonis

de la nature ; chercher ainsi la couleur dominante de chaque plan, la composer sur la palette, l’essayer sur le papier palette, l’appliquer franchement sur le dessin et ne plus y revenir. La gouache diversement colorée sert aux rehauts de lumière sur les maisons et les détails de premier et second plan, tels que barrière, pierres, charrettes, etc.

A ce travail est limitée l’aquarelle du dessinateur, mais il est encore très suffisant pour donner au dessin un

DU DESSIN EN GÉNÉRAL

aspect des plus intéressants, et surtout pour conduire l’amateur à la véritable aquarelle dont nous allons parler.

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