‹ Précis d'archéologie du moyen âgeChapitre 100 sur 135 · Viollet-le-Duc, Dictionnaire d'architecture, t 1, p · texte numérisé non relu

Viollet-le-Duc, Dictionnaire d'architecture, t 1, p

GLOSSAIRE ARCHEOLOGIQUE.

destiné à l'administration du baptême. — Ne pas appeler de ce nom la chapelle faisant partie d’une église et qui renferme les fonts baptismaux.

Barbacane, s. f. — Les auteurs donnent à ce mot doux significations ; d'une part, ouvrage de défense bas, avancé, couvrant une porte, une tête de pont, etc. (voy. p. 269); d’autre part, ouverture étroite, destinée au tir, à l’écoulement des eaux, etc. Le premier sens est le vrai : c’est le plus ancien et le plus conforme à l’étymologie.

Bas-côté, s. m — On donne ce nom aux collatéraux des églises, lorsqu'ils sont plus lias que la nef centrale. Ne pas appeler bas-côtés les nefs latérales d’une église à trois nefs de hauteur sensiblement égale.

Bas-relief, s. m. — On distingue :

le bas-relief, qui a une saillie médiocre; le demi-relief, qui atteint la moitié de l’épaisseur du modèle; le haut-relief ou plein-relief, aussi saillant que le modèle est épais; la ronde bosse, qui se dégage du fond.

Bâtons brisés, s. m. — Ornement qui dessine une série de chevrons tangents. — Ne pas confondre avec les grecques ou avec les frettes.

Berceau, s. m. — Tout le monde tombe d'accord que le berceau est une voûte en forme d’arc prolongé; mais des auteurs, ajoutant une précision, veulent que berceau exprime en même temps l’idée de plein-cintre. Le plus sur est de prêter à ce vocable un sens générique et de préciser quand on veut indiquer le tracé : berceau pleincintre, surhaussé , etc.

Besace, s. f. — Supposons un mur saillant sur un autre, par exemple un contrefort sur un mur de côté.

Le Moyen Age liait le contrefort au mur en formant les assises du premier de pierres dont les unes sont posées en longueur, en carreau, et les autres en profondeur,

en boutisse, de sorte que ces boutisses, plongeant dans le mur, accrochent à celui-ci le contrefort.

C’est ce qu’on appelle l'appareil en besace.

Béton, s. m. — Le béton est proprement un aggloméré de pierres et de mortier coulés dans des encaissements provisoires où ils prennent forme, de façon à constituer des blocs factices. Quant au blocage, son nom vient de bloquer, qui signifie, dit Daviler, « remplir les vuides de moilon et de mortier sans ordre ». Le blocage est donc le massif de pierraille et de mortierqui remplit les vides entre les parements.

Biseau, s. m. — Arête abattue. Le chanfrein est, d’après certains auteurs, un biseau à /|5”; cette acception n’est pas universellement admise et si l'on veut être compris on fera bien d’ajouter au mot chanfrein une précision. — Ne pas parler de biseau ou de chanfrein lorsqu'il s’agit d'un plan large, comme l'appui en talus d'une fenêtre. Ne pas confondre biseau avec bandeau biseauté, qui désigne une combinaison d'un bandeau et d'un biseau.

Blocage, s. m. — Voy. Béton.

Bombé, adj. Cintré. D’anciens devis appellent plates-bandes bombées des arcs très plats. L'expression arc bombé n’est pas heureuse, attendu qu’un arc est, par définition, bombé. Je préfère de beaucoup le terme segment de cercle, dont se servent les ingénieurs.

Bossage, s. m. — Saillie laissée sur le parement d'une pierre, soit accidentellement, soit tic propos délibéré, provisoirement — par exemple, pour faciliter le montage — ou à demeure. Dans ce dernier cas, le bossage est encadré de ciselures profondes ou refends, si bien que, dans l’esprit des, constructeurs, les deux se confondent ; tel

G LOSSAIIU! ARCHÉOLOGIQUE.

plan de 1750 marque la « ligne des refends en bossage »*.

Boulin, s. m. — Boulin , de boule, a désigné d’abord un pot de terre qui sert à faire nicher les pigeons; puis, les trous disposés dans les colombiers pour abriter les pigeons; puis, les trous ménagés dans les murs pour recevoir la tète des poutrelles horizontales qui supportent les plateaux des échafaudages; enfin, ces poutrelles ellesmêmes. Telle est, du moins, l'évolution vraisemblable du sens de ce terme.

Boutisse, s. f. — Les pierres d’appareil ont généralement des faces inégalement longues. Si les pierres s’enfoncent de leur plus petite dimension, elles forment carreau; si elles s’enfoncent de leur plus grande dimension, ce sont des boutisses. Le parpaing est soit la pierre dont les deux bouts apparaissent sur les parements du mur, soit un mur construit de pierres qui le traversent.

Bretêche. s. f. — - Logette plaquée contre le parement d’un ouvrage fortifié, percée, en bas, do mâchicoulis et, sur trois faces, d’archères, de façon à défendre un point placé au-dessous et à concourir au flanquement.

Buter, v. n. et v. act. — Buter ou bouter est un vieux mol qui veut dire pousser. Les meilleurs auteurs, tel Choisv, peuvent donc parler d’une voûte qui bute sur un mur.

En général, on emploie buter avec le sens de résister h une voûte; la butée est cette résistance même ou l’organe qui l’assure. Dans un devis, Perronel3 prescrit de « butter convenablement les arches ». De buter, pris dans ce sens, on a fait pilier butant , qui était le nom des contreforts, et arc-boutant. Le verbe

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