Quicherat, Mélanges, moyen âge, p. 1G
GLOSSAIRE ARCHEOLOGIQUE.
tournant', etc. R. île I.asteyrie5 a tenté de remettre en honneur un vieux mot, carole , depuis longtemps abandonné, qui me paraît s'ètre confondu, dans l’esprit de quelques écrivains du Moyen Age, avec corona , chori aula, etc.
Déliaisonné, adj. — Lorsque deux constructions juxtaposées sont faites de telle sorte que les assises de l’une s’engrènent dans les assises de l’autre, et que les joints montants se chevauchent, on dit qu'il y a liaison. Dans le pont du GaKl, les arches sont faites de tranches indépendantes ; Choisy J mentionne leur « appareil déliaisonné »
Dépouille (Tailler en). — C’est donner à une pierre la forme d’un tronc de pyramide; la partie démaigrie est posée en queue; dans l’intérieur, les joints sont plus épais et le mortier saisit mieux la pierre.
Déraser, v. a. — Déraser et araser n’ont pas la même signification :
araser signifie maintenir ou rétablir le niveau de; déraser , c’est raccourcir du haut, diminuer la hauteur de. On arase une assise; on dérase une tour.
Diaphragme, s. m. — Choisy1, parlant des murs en pignon montés sur des arcs transversaux dans des églises normandes, dit que ces murs « jouent, en cas d'incendie, le rôle de diaphragmes ». Cette fonction est accidentelle et très secondaire, le principal rôle de ces murs étant de porter les pannes.
Il faut ajouter que le mot peut, au plus, être employé lorsque le mur monte jusqu'au toit. L’expression dont il s’agit, d'aspect savant, a eu un succès vraiment exa-
i. Viollel le Duc, Dictionnaire d'arcliitec-
ture, t. I, p. 32l|.
y. Bulletin Monumental, 1912, pp. i ■>. .7
et S9. ; Architecture religieuse romane, p. 29/1. ■I, Histoire de l'architecture , t I, p. G38.
Histoire de l’architecture, t. II, p. nj3.
géré. On dit même arc-diaphragme, ce qui se comprend moins, car ce n’est pas l’arc qui sert de diaphragme, c’est le mur monté audessus de cet arc.
Dômical, adj. — On donne le nom de voûte dàndcale à la voûte d’ogives fortement bombée. — Ce mot, de structure étrange, n’est pas à recommander. Il faut surtout éviter de s'en servir, comme l’a fait Choisy1, à propos de voûtes d’arêtes bombées.
Dosseret, s. m. — Tout bout de mur saillant sur un autre mur et servant de jambage à une baie, de pied-droit à un arc. — Quicheratilonne à tort ce nom à des colonnes engagées.
Doubleau, s. m. — Arc saillant sous le creux d’une voûte et qui double cette voûte. L’arc doubleau, dit Frézier1, « est une arcade en saillie sur la doèle d’une voûte..., de sorte qu’elle lui fait en cet endroit une espèce de doublure, soit pour la renforcer, soit pour cacher quelqu'arête de rencontre ». — On a donc tort d’étendre cette appellation aux arcs transversaux qui portent des murs, comme dans quelques églises normandes; aux arcs qui portent des berceaux transversaux ou des coupoles; aux ogives transversales des voûtes sexparlites-, etc. Bien peu de mots sont aussi souvent employés à tort.
Douelle, s. f. — Le sens de ce mot a subi une évolution qu’il est intéressant de suivre. D’abord, on a appelé ainsi les deux surfaces courbes de la voûte, intrados et extrados : « Tant par la doile de dessous que celle de dessus » h Plus tard, ce terme désigna spécia-