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LES CHARPENTES ET LES COUVERTURES

mieux la voûte ( fig . 4i). Par contre, l’entrait retrousse retenait moins efficacement le bas des arbalétriers et ceux-ci exerçaient sur les murs une pesée oblique qui tendait à les renverser.

Fig. 4.1. ’ — Ferme à entrait retroussé.

Un toit à un seul versant, monté sur une moitié de ferme, prend le nom de toit en appentis.

Les assemblages de bois se font d’ordinaire à tenon et mortaise ou par embrèvement. Le tenon (fig. 42, A) est le bout d’une pièce qui s’emboîte dans la mortaise de dimensions cor-

Fig. 4a. — Assemblages de charpentes.

respondantes creusée dans la face d’une autre pièce; l’assemblage est consolidé par des chevilles. L 'embrèvement ( fig . 42, B) est employé lorsque les bois se rencontrent sous un angle aigu : la tête de l’une des pièces, taillée en sifflet, s’engage dans une encoche pratiquée sur la face de l’autre pièce. L’embrévement se combine souvent avec un tenon et une mortaise.

L ARCHITECTURE RELIGIEUSE ROMANE

Les couvertures restèrent à l’époque romane ce qu’elles étaient précédemment : couvertures en métal, couvertures en tuiles à rebords ou en tuiles plates, dalles en pierre. Ces dallages étaient simples, semble-t-il; ils ne comportaient pas les couvre-joints que Viollet-le-Duc a mis à la mode et qui sont l’une des fantaisies adoptées pour la restauration des vieilles églises.

Les changements survenus dans les supports. — Les changements subis par les supports sont d’une importance capitale. Ici, nous touchons à ces modifications du plan auxquelles il a été déjà fait allusion et qui résultent de l’adoption de la voûte. Toute l’économie de la construction fut bouleversée par la nécessité d’équilibrer les voûtes sur des supports en état de résister aux poussées : on diminua les vides, on augmenta les pleins; l’édifice fut plus étroit et plus vigoureux; les piles et généralement les murs acquirent une épaisseur inusitée {fig- 43).

Or, d’une part, il était impossible de pratiquer à travers ces masses encombrantes de simples percements à angle droit et, d’autre part, il était logique d’assigner aux doubleaux des piedsdroits spéciaux. Les piliers et les jambages des baies furent découpés de ressauts, d’angles rentrants et saillants. Les arcs, grandes arcades, doubleaux et autres, reçurent, comme nous le savons, des complications (fig. 37) analogues à celles des voûtes; toutes ces découpures pratiquées dans les arcs avaient leur répercussion sur les supports.

Ce n’était pas tout de recevoir les doubleaux des voûtes sur des pieds-droits intérieurs : il fallait aussi les maintenir à l’extérieur par des contreforts, qui consolident le mur sur les points où la poussée agit le plus vivement.

En un mot, au lieu des murs droits et minces, des colonnes ou des piles grêles et espacées de l’architecture latine, l’architecture romane fit des murs le plus souvent massifs, des piliers puissants et resserrés, et tout cela fut renforcé de membrures nombreuses ( fig . 43).

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