LES CHARPENTES ET LES COUVERTURES
du douzième siècle, le pilier présente sur la diagonale un angle saillant, la tête des arcs d’encadrement gauchit et participe de la courbure du pendentif; en Orient, la tête de chacun des arcs d’encadrement reste dans un plan vertical, et les têtes de deux arcs voisins se rencontrent suivant un angle rentrant, auquel correspond un angle rentrant du pilier.
Les flèches. — Dans cette analyse des procédés de voùtement, je rapprocherai volontiers des' coupoles les flèches. Sur quatre murs disposés en carré, on élève une pyramide à quatre pans : c’est la flèche sous sa forme la plus simple. Pour avoir une flèche plus svelte, une flèche octogonale ( fig . 49), on jette des trompes sur les angles du carré; puis, sur l’octogone ainsi obtenu, on bâtit une flèche à huit pans, en maçonnant au-dessus de chaque trompe un clocheton, qui répond à un double but : masquer la transition du carré à l’octogone et lester les trompes, pour les assurer contre le glissement provoqué par les pesées obliques de la flèche.
Afin de ramener ces pesées vers la verticale, on construit généralement les flèches en tas de charge.
Les flèches ont été employées couramment au faîte des clochers et tout à fait exceptionnellement sur les nefs : le carré du transept de Saint-Orens (Hautes-Pyrénées) était couvert d’une pyramide carrée, et on cite un certain nombre de pseudocoupoles qui sont des flèches coniques.
Les charpentes et les couvertures. — Nous savons que les Romains posaient les toitures à cru sur les reins des voûtes. Le système était simple, mais il surchargeait la voûte, en augmentait les poussées et, de plus, empêchait de la surveiller : on constatait les infiltrations quand elles avaient traversé la voûte et par les dégâts qu’elles causaient à l’intrados. Or, la gravité de cet inconvénient s’accroissait de ce que la voûte romane était plus légère et moins étanche que la voûte romaine. Malgré tout, les provinces du Midi et l’Auvergne imitèrent sur ce point les édifices romains et ne firent pas de charpente. En général, l’architecte roman abritait les voûtes sous une charpente.
l'architecture religieuse romane.
La charpente romane est constituée par une succession de fermes (fig. hO) et chaque ferme comprend essentiellement :
Fig . 4o. — Ferme.
(V arbalétriers. — B entrait, — C poinçon. — D poutre faîtière.
E pannes, — F chevrons.)
deux pièces obliques, arbalétriers, réunies au pied par une pièce horizontale, entrait ou tirant ; le poinçon est une petite pièce verticale qui va du sommet de la ferme au milieu du tirant. La poutre faîtière et des pannes, également horizontales, relient deux ou plusieurs fermes ; elles portent, par l’entremise des chevrons et des lattes, les tuiles ou les ardoises.
Quand la toiture est posée, son poids tend à aplatir la ferme; mais, pour que la ferme s’aplatit, il faudrait que les pieds des arbalétriers s’écartassent, et ils sont arrêtés par le tirant, qui est soumis à un effort de traction. Le poinçon maintient le tirant et l’empêche de fléchir en son milieu.
Pour poser la charpente, on surélevait les murs goutterots, c’est-à-dire celle partie supérieure des murs de liane qui recevait les gouttières ou égouts du toit et qui portait les fermes; grâce à cette surélévation, le tirant passait par-dessus la clef de la voûte.
Plus rarement, on remplaça le tirant ordinaire par un entrait retroussé, c’est-à-dire placé non pas au pied des arbalétriers, mais plus ou moins près du faîte. La ferme ainsi comprise emboîtait