LES PERIODES DU STYLE GOTHIQUE
1211 et les travaux ont duré jusqu’au quatorzième siècle. La façade principale est célèbre. L’élévation latérale, en dépit d’une arcature de couronnement qui n’est pas à l’échelle, est
Fie. 129. — Fenêtre de style gothique rayonnant.
{ Dessin tic MM Paul Lafollye et Clément Mi roux.*.)
d’une émouvante beauté. Heims, avant sa destruction par les barbares, valait surtout par sa sculpture; on y trouvait le plus bel ensemble de statuaire du Moyen \ge.
Vmiens fut construit de 1220 a 1288; les chapelles latérales de la nef furent ajoutées plus tard. La nef d’Amiens est le chefd œuvre du genre : on a pu dire de ce merveilleux édifice qu'il est le Parthénon de l’art gothique.
l’architecture religieuse gothique.
Le gothique rayonnant (i25o-i4oo) (fig. 128 ) sortit pour une part des chantiers de la Sainte-Chapelle et d’Amiens. En plan, les chapelles latérales prennent place entre les contreforts des
Fig. i3o. — Grande église de style gothique flamboyant (cathédrale de Moulins).
(Dessin de M. Postel-Vinay.)
bas-côtés. En élévation, les proportions sont moins élancées, les nefs et les baies sont plus larges. Les piliers se découpent en fines colonnettes et en gorges nombreuses. La galerie, vestige de la tribune de premier étage, est de plus en plus sacrifiée : cette galerie et le fenestrage supérieur, par la place et le
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dessin de leurs meneaux, tendent à se confondre; le fenestrage absorbe la galerie, dont le mur de fond est fréquemment ajouré en claire-voie. Dans les fenêtres, le tracé des meneaux
(Dessin de MM. Paul Lafollye et Clément Miroux.)
se complique de lobes et de redents plus développés (Jlg . 129). Les crochets des chapiteaux font place à des bouquets de feuillage, et les bases prennent un aspect prismatique. Les arcs extérieurs s’encadrent d’un gable.
Le gothique rayonnant a produit Limoges, Metz, Strasbourg, le chevet de Saint-Ouon de Rouen, commencé en i3i8, achevé
l' XRCHITECTURE RELIGIEUSE GOTHIQUE.
en 1339, celui de la cathédrale de Bordeaux, etc. Les architectes de cette époque sont très habiles; l’art de bâtir a trouvé sa formule. Mais les œuvres n’ont plus le charme de l'effort individuel. Les églises sont déjà un peu banales, un peu sèches aussi, et la gracilité des supports fait regretter la virile énergie du gothique primitif.
Le gothique flamboyant, ( flg . 130 ) accentue les caractères et renchérit sur les défauts du gothique rayonnant : s'il simplifie le parti général, il donne aux membrures et aux meneaux, un profil et un dessin tourmentés exagérément. 11 réduit la hauteur proportionnelle des vides et dans ce but supprime souvent la galerie de triforium; il trace des arcs à quatre centres et des arcs en accolade ou surmontés d’accolades décoratives, multiplie dans les voûtes les nervures secondaires, liernes et Bercerons, et les clefs pendantes, fait des nervures qui se coupent ou qui pénètrent à leur naissance dans les piles ou dans les murs, diminue l’importance des chapiteaux ou même les supprime complètement, garnit les baies de meneaux contournés qui dessinent des flammes et des mouchetles ( flg . 131), fouille la pierre à l’excès, abusant des ajours et des « den telles de pierre ». Telle est l’habileté manuelle de l’appareilleur qu’il en vient à oublier les règles imprescriptibles du bon sens et du goût. Les ensembles n’ont pas cet aspect calme et reposant qui nous séduit dans d’autres oeuvres; mais les détails sonl souvent traités avec une virtuosité surprenante.
On est, d’ailleurs, un peu injuste pour les œuvres du gothique à son déclin ; on saisit mal les raisons, trop subtiles, des formes et on attribue aisément à un caprice pur ce qui est l’effet d’un raisonnement raffiné. « La décadence naît de l’abus de la logique. »
La guerre de Cent ans avait épuisé le pays; le gothique flamboyant a pu conduire jusqu’à l’achèvement un petit nombre d’édifices importants; il a surtout élevé quantité de chapelles, de constructions fragmentaires.