‹ Précis d'archéologie du moyen âgeChapitre 73 sur 135 · LES ÉCOLES DU SUD-OUEST · texte numérisé non relu

LES ÉCOLES DU SUD-OUEST

Le spécimen le plus connu de ce type est la nef de la cathédrale Saint-Maurice d’Angers (Jiy. llk), qui résulte de la transformalion, entreprise en ii5o-u53, d’une église à bas-côtés et

f iG . 1 36. - Kgliso languedocienne (cathédrale de Perpignan).

(Dessin de M. A. Mayeux.)

lambrissée. Plus lard (Jiy. l-'l'i ), h's liernes se multiplient; les ogives et les doubleaux se confondent avec les quartiers de voûtes, à l’exception d’un étroit boudin, d’aspect fort léger.

2o4 l'architecture religieuse gothique.

Ces voûtes sont plutôt des voûtes d’arêtes, sur les arêtes desquelles un boudin est profilé. L’architecture Plantagenet, c’est le nom qui lui est parfois donné, a surtout prospéré en Anjou.

D’autres églises sont à trois nefs, de hauteur et de largeur à peu près égales, voûtes bombées et sur plan carré : telle cette extraordinaire cathédrale de Poitiers {Jig. 135), qui allie presque à la légèreté du gothique l’ampleur, la simplicité et la fermeté de lignes de l’antique.

L’école languedocienne. — L’école du Languedoc s’est formée assez tard. Elle a élevé (Jig. 136), souvent en briques, de vastes églises à une nef très large, éjaaulée par des contreforts très saillants, entre lesquels on a installé, à droite et à gauche, deux séries de chapelles latérales. On obtenait ainsi, à peu de frais, de grands vaisseaux à peu près inébranlables. Dans les églises gothiques du Nord, la stabilité résulte de l’équilibre entre les forces contraires développées par les voûtes et les arcs-boutants; or, cet équilibre tend à se rompre, parce que les voûtes sont abritées, pendant que les arcs-boutants fragiles sont exposés aux intempéries ; dans l’église languedocienne, l’arc-boutant actif et délicat est remplacé par des contreforts inertes et puissants, englobés, sur une grande partie de leur hauteur, dans l’intérieur de l’édifice. Ces conditions ont permis de construire des voûtes de dimensions extraordinaires : la largeur entre piliers, qui est de 12 à i3 mètres à Amiens et à Beauvais, atteint i7“70 à Sainte-Cécile d’Albi, i8“3o à Saint-Jean de Perpignan et 23 mètres à la cathédrale de Girone.

La géographie de la France gothique. — Notons, d’abord, que cette géographie varie sensiblement suivant les dates. A la différence des écoles romanes dont l’originalité, peu marquée au onzième siècle, s’accuse au douzième, les écoles gothiques tendent, en avançant dans le temps, à se fondre en une formule uniforme. Le roman correspond à l’activité artistique des provinces; le gothique est plutôt centralisateur.

Considérons (Jig. 137) la France monumentale vers le milieu

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